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Amélie Breitburd (Lloyd’s Europe): "Une couverture européenne du risque climatique aurait du sens"

©Tim Dirven

Le niveau régional ou national a montré ses limites pour l'indemnisation des victimes d'inondations ou d'incendie, estime Amélie Breitburd, CEO de Lloyd's Europe.

La multiplication des catastrophes naturelles, comme les incendies en Grèce et en Italie, remet en lumière la difficulté de couvrir le risque climatique. Selon la CEO de Lloyd's Europe, cette couverture devrait faire l'objet d'un accord au niveau européen.

"La couverture climatique par région ou par pays a montré ses limites, on l'a vu avec les inondations en Wallonie. L'Europe est presque l'échelle minimum pour répartir les risques."

Amélie Breitburd
CEO de Lloyd's Europe
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"Un régime européen aurait du sens. La couverture climatique par région ou par pays a montré ses limites, on l'a vu avec les inondations en Wallonie. L'Europe est presque l'échelle minimum pour répartir les risques", analyse la CEO de Lloyd's Europe. L'idée serait de mettre en place un "partenariat public-privé" entre les compagnies d'assurance et l'Union européenne pour répartir la couverture des risques climatiques. Un tel système existe déjà dans certains pays européens comme la France ou l'Espagne (pour le risque de sécheresse).

Déficit de protection

"Le but d'un régime européen serait de contrer le fait qu'il y a un déficit de protection sur le risque climatique", explique Amélie Breitburd. La CEO de Lloyd's prend l'exemple des inondations qui ont touché il y a deux ans la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne. "Ces inondations ont causé 12 milliards d'euros de dommages. Mais moins de 50% des actifs étaient couverts, que ce soit du côté des particuliers ou des entreprises", souligne Amélie Breitburd.

La difficulté d'un système européen sera de convaincre tous les pays de l'Union européenne de se mettre d'accord sur une certaine forme de solidarité. Cet été, les pays les plus touchés sont la Grèce et l'Italie. Il y a deux ans, c'étaient la Belgique et l'Allemagne. Mais d'autres pays sont pour l'instant peu ou pas affectés et pourraient être réticents à l'idée de mettre en place un régime commun d'indemnisation.

"Tout le monde doit penser en avoir pour son argent. C'est la difficulté", estime Amélie Breitburd. Mais les mentalités seraient en train de changer dans de grands pays comme l'Allemagne, qui ne pensait pas devoir faire face à des catastrophes de l'ampleur de celles de 2021. Par ailleurs, les événements climatiques se répercutent parfois de manière inattendue, et étendent les zones de risques. "On peut penser qu'un jour, les Pays-Bas seront inondés. À ce moment-là, où ira la population néerlandaise? En Allemagne. Cela démontre que les risques pèsent sur tous les pays", évoque Amélie Breitburd.

Selon la patronne de la filiale continentale de la Lloyd's (5 milliards d'euros de chiffre d'affaires), le volume des polices d'assurance climatique doit augmenter, afin d'agrandir l'assiette et d'améliorer la couverture en cas de sinistre: "Les pouvoirs publics devraient sensibiliser les particuliers et les entreprises à s'assurer contre ce type de risque. L'assurance fonctionne mieux si tout le monde est assuré. C'est la loi des grands nombres."

L'Europe à la traîne

200 milliards d'euros
Déficit de couverture en europe
L'Europe est moins bien couverte en assurance non-vie que les États-Unis. Le déficit est de 200 milliards d'euros, estime la CEO de Lloyd's Europe.

À la tête de Lloyd's Europe depuis deux ans, Amélie Breitburd constate une forte différence entre les États-Unis et l'Europe sur les marchés dans lesquels sa compagnie d'assurance est active, à savoir les assurances non-vie à destination des multinationales et des PME: "Ces risques sont moins assurés en Europe qu'aux États-Unis, explique-t-elle. Le marché américain représente 500 milliards d'euros; le marché européen, 200 milliards d'euros. Si on rapporte ces chiffres au PIB européen, ça devrait être 400 milliards. Il y a donc un déficit de 200 milliards."

Amélie Breitburd explique ce déficit de couverture européenne par le fait que les litiges sont plus nombreux aux États-Unis, mais aussi par le fait qu'en Europe, les citoyens pensent souvent que les pouvoirs publics interviendront en cas de problème.

Le résumé
  • La CEO de Lloyd's Europe plaide pour un régime européen de couverture du risque climatique.
  • Le niveau régional ou national a montré ses limites et ne permet pas l'indemnisation complète des victimes d'inondations, de tempêtes ou d'incendies, estime Amélie Breitburd.
  • Selon la CEO, les compagnies d'assurance et l'Union européenne devraient conclure un partenariat public-privé pour faire face aux événements climatiques qui se multiplient.
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