Bart De Smet (Ageas): "L'impact direct des réclamations liées au coronavirus devrait être limité"

Ageas a réalisé un résultat net historique en 2019. Son CEO préfère regarder vers l'avant et se préparer aux défis et opportunités auxquels son entreprise sera confrontée.

Bart De Smet pourrait avoir le sourire. Une semaine après avoir été bombardé à la présidence de la Fédération des Entreprises de Belgique, Ageas , le groupe assurantiel dont il est CEO, affiche les meilleurs résultats de son histoire. La compagnie est passée à un fifrelin du milliard d'euros de bénéfice net. Une barre symbolique que le patron avait ambitionné de franchir lors de la publication des chiffres du troisième trimestre.

Si les résultats n'ont pas atteint les sommets espérés, c'est notamment parce qu'ils ont été plombés au dernier trimestre par l’inflation de sinistres en automobile, particulièrement au Royaume-Uni.

"Notre dividende n'a fait qu'augmenter au cours des dernières années."
Bart De Smet
CEO d'Ageas

Avec un résultat net de 979 millions d'euros, légèrement en deçà des attentes des analystes, et un dividende de 2,65 euros, inférieur aux espoirs des actionnaires, Ageas n'a pas eu l'heur de plaire aux marchés et a été sanctionnée en bourse (voir ci-contre).

"Notre dividende n'a fait qu'augmenter au cours des dernières années", avait pourtant souligné Bart De Smet avant la chute du cours de l'action ce mercredi. "Il est livré grâce aux dividendes que nous recevons de nos compagnies partout dans le monde. Ils permettent de payer le dividende en soi ainsi que de couvrir les coûts du corporate center. Le surplus finance partiellement le buyback que nous réalisons maintenant pour la neuvième fois."

Perspectives asiatiques

L'Asie a fortement contribué au résultat net d'Ageas, qui y est essentiellement active dans le segment vie. L'entreprise est notamment présente en Chine, en Malaisie, en Thaïlande, au Vietnam et aux Philippines. Alors que des analystes s'inquiètent de l'impact du coronavirus sur les activités de l'entreprise, Bart De Smet se veut rassurant. 

"Il est logique que des questions à ce sujet émergent", avance-t-il. "Il est trop tôt pour en quantifier les conséquences. L'impact direct est limité pour l'instant, les coûts médicaux sont maîtrisés. Au niveau des ventes, il est normal que l'appareil commercial tourne moins bien qu'en temps normal. Lorsque la situation sera sous contrôle, nous pourrions très bien rattraper le retard pris dans les ventes."

Selon le CEO, l'épidémie actuelle contribue à conscientiser une partie des Chinois au besoin d'une assurance maladie.

"Poulidor du secteur"

Étant donné son potentiel, le marché asiatique aiguise l'appétit d'Ageas. Bart De Smet concède que son entreprise demeure attentive aux opportunités d'acquisition. "Les pays où nous sommes à la recherche de cibles sont surtout ceux où le taux de pénétration des assurances ainsi que le PIB par habitant sont relativement faibles et où ces deux indicateurs sont amenés à évoluer." L'Indonésie figure parmi les ambitions du groupe, mais aucun partenaire correspondant aux exigences d'Ageas n'y a été déniché pour l'instant.

En décembre dernier, Ageas était en lice pour le rachat de l'assureur espagnol Caser Seguros. La compagnie belge s'est cependant fait griller la politesse par sa concurrente suisse Helvetia, qui a mis la main sur Caser pour la somme de 780 millions d'euros le mois passé. "Nous avons peut-être été prudents dans notre politique de fusion/acquisition, ce qui nous a parfois valu le chouette surnom de Poulidor du secteur", plaisante Bart De Smet. Il ajoute qu'Ageas reste aussi attentif aux possibilités de rachat d'assureurs dommages sur les marchés où elle est déjà présente dans le segment vie.

Risque climatique

1,3 milliard
d'euros
Ageas a provisionné 1,3 milliard d'euros pour régler définitivement l'affaire Fortis.

L'année 2019 aura été jalonnée par plusieurs catastrophes naturelles dans le monde, tandis que l'actualité belge du début 2020 a été marquée par les tempêtes Ciara et Dennis. Pour la première, AG Insurance estime que les dégâts vont générer quelque 40 millions d'euros de versements en dédommagements. "Le nombre d'incidents est en progression depuis plus de dix ans", constate Bart De Smet. "Dans nos budgets, nous partons toujours du principe qu'il y aura des tempêtes. De plus, il y a toujours l'opportunité de la réassurance pour plafonner les pertes totales que nous pouvons subir dans un événement ou au cours d'une année."

Ageas reste empêtrée dans le règlement de la tentaculaire affaire Fortis. Elle a déjà déboursé 702 millions d’euros au profit des actionnaires dupés. Sur les quelque 290.000 victimes qui ont introduit une demande, 209.000 ont déjà perçu une indemnité partielle. Bart De Smet a indiqué qu’il entendait clore ce chapitre dans le courant de l’année. Pas moins de 1,3 milliard d’euros ont été provisionnés dans ce but.

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