Bénéfice divisé par deux pour P&V

©rv

L’assureur P&V a bouclé 2018 sur un bénéfice net de 79 millions d’euros, en net retrait (-54%) par rapport à 2017. "Ce fut une année de transformation", dit la CEO Hilde Vernaillen, qui pour la suite n'exclut pas de la croissance externe.

L’assureur P&V a bouclé 2018 sur un bénéfice net de 79 millions d’euros, en net retrait (-54%) par rapport à 2017, annonce-t-il ce jeudi. Trois éléments expliquent pour l’essentiel cette moindre performance. Un, les intempéries en début d’année dernière ont pesé sur le résultat technique (-25,5 millions d’euros l’an dernier contre -2 en 2017). Deux, la méforme des marchés boursiers en fin d’année (impact de 66 millions) et, trois, des coûts de restructuration de la dette (35 millions) ont réduit le résultat financier de 101 millions d’une année sur l’autre. 

L’assureur coopératif a pour rappel revu sa base financière l’an dernier, au travers d’une augmentation de capital de 48 millions d’euros, souscrite par les coopérateurs historiques de la maison (syndicats et mutuelles socialistes) et deux assureurs mutuellistes français (Macif et Maif) et d’un emprunt subordonné de 390 millions d’euros, dont 160 millions d’argent frais (le reste vient de la conversion de la dette historique). La solvabilité de la maison coopérative se situe à présent à 202%, contre 175% un an plus tôt.

"Stable"

Commercialement, l’assureur a connu une année "stable", résume la CEO Hilde Vernaillen. Les primes encaissées augmentent d’1%, à 1,6 milliard d’euros. P&V est le 6e assureur en Belgique avec 6% de part de marché, mais va perdre une place avec le rachat de Fidea par Baloise.

110 millions €
Le coût de la transformation de P&V
L'assureur P&V aura consacré en tout 110 millions d’euros à sa transformation, entre investissements IT et pensions anticipées notamment.

"Ce fut une année de transformation", situe Hilde Vernaillen. "Financièrement, nous avons amélioré nos fondamentaux. Opérationnellement, nous sommes en train de déployer la digitalisation de la gestion des sinistres et de la production des nouvelles affaires." Et du côté des ressources humaines, l’assureur approche de la fin de son programme de réduction des effectifs. "En 2022, la réduction nette des effectifs de 300 équivalents temps plein sera totalement effective." P&V emploie 950 personnes à Bruxelles et 600 à Anvers.

Depuis 2016 au total, l’assureur aura consacré 110 millions d’euros à cette transformation, entre investissements IT et pensions anticipées notamment. "Nous commençons à voir les premiers gains de cette transformation, en qualité et en frais généraux. Cela ne se voit pas encore dans les chiffres 2018, mais ce sera le cas à partir de cette année", assure la patronne, qui vise une croissance des encaissements de 2 à 3% cette année.

"Un rapprochement avec Ethias? Cela pourrait avoir du sens, mais le dossier est complexe."
Hilde Vernaillen
CEO - Groupe P&V

Comme tout le secteur, la maison doit composer avec des taux d’intérêt de référence qui n’en finissent pas de rester au plancher. Dans de telles conditions, une P&V même renforcée a-t-elle les moyens de rester autonome? "Oui", répond sans hésiter Hilde Vernaillen. "On a amélioré nos fondamentaux, on a fait ce qu’il fallait pour la suite. On tient la route." Et d’indiquer, entre autres signes d’amélioration, que les marges en assurance vie de 2e pilier (une spécialité de la maison) "se rétablissent progressivement. On a passé le creux depuis fin 2017".

Croissance externe?

La CEO estime que P&V est à présent "en ordre de marche pour se développer" et n’exclut d’ailleurs pas une croissance externe, "peut-être dans des marchés de niche".

Et un rapprochement avec Ethias, une bonne idée? "Cela pourrait avoir du sens, mais le dossier est complexe. Il faut d’abord voir quelle attitude prendront les futurs prochains gouvernements." Ce sont en effet l’Etat fédéral, les Régions wallonne et flamande qui contrôlent le capital d’Ethias (31,7% chacun).

Hilde Vernaillen, CEO du Groupe P&V. ©Photo News

Un mot encore de l’ouverture du capital de la coopérative aux clients, au personnel et aux agents. L’achat de parts de 1.000 euros est possible depuis octobre dernier, mais, jusqu’ici, P&V ne pousse pas du tout la chose. Seuls 150 particuliers ont souscrit à ce stade. "C’est léger, mais il s’agit de capital à risque, nous ne voulons rien forcer. L’idée est de développer l’interaction avec notre communauté, mais nous le ferons en prenant le temps." Aux premiers coopérateurs, le conseil d’administration propose de verser un dividende de 6% net, sous réserve d’approbation par l’assemblée générale en juin prochain.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect