CMA CGM: Albert Frère et le FSI seuls en piste

L'homme d'affaires carolorégien, associé au Fonds stratégique d'investissement, s'apprête à acquérir 30% du capital du groupe CMA CGM. De quoi renflouer les caisses du numéro 3 mondial du transport de conteneurs, lourdement endetté.

Le groupe CMA CGM, numéro 3 mondial du transport de conteneurs, lourdement endetté, est désormais en négociations exclusives avec l'homme d'affaires carolo Albert Frère qui, associé au Fonds stratégique d'investissement (FSI), prendrait 30% de son capital.

Cette annonce est intervenue vendredi alors que le tribunal de commerce de Marseille a mis un terme, dans un jugement rendu cette semaine, à la procédure de conciliation ouverte fin janvier pour recapitaliser l'armateur qui accuse une dette de plus de cinq milliards de dollars, selon des sources proches du dossier.

"Il y a une négociation exclusive de CMA CGM avec Albert Frère" à laquelle le FSI participe, a indiqué une source syndicale à l'AFP après une réunion du comité central d'entreprise à Marseille, où le groupe a son siège social.

"On est, grosso modo, sur une prise de participation de 30% avec un investissement de 500 millions de dollars", a ajouté cette source.

"Nous travaillons depuis une semaine avec les équipes d'Albert Frère pour étudier les conditions d'un investissement conjoint dans CMA CGM", a confirmé un porte-parole du FSI. Du côté de CMA CGM, on s'abstient de tout commentaire.

La négociation du groupe avec Albert Frère se fait via la holding du milliardaire belge, la Compagnie nationale de portefeuille (CNP). Une source proche du dossier a précisé qu'un accord de négociation était signé entre CMA CGM et la CNP, mais que le FSI prenait part aux négociations sans engagement écrit. Son investissement serait de l'ordre de 200 millions de dollars, contre 300 millions à la CNP.

La restructuration financière du groupe avait été annoncée fin 2009 aux termes d'un accord passé avec ses 63 banques créancières, qui avaient accepté de le renflouer à hauteur de 500 millions de dollars en échange d'un remaniement de sa direction et avant l'arrivée de nouveaux investisseurs.

Rodolphe Saadé, directeur général délégué de CMA CGM dont la famille est à la tête de l'entreprise, s'était dit confiant, en mai, pour boucler les négociations d'ici l'été. Mais elles ont tardé et le tribunal de commerce de Marseille a accordé, le 5 juillet, un délai supplémentaire de trois semaines, qui arrivait à échéance lundi.

L'armateur a rompu, mi-juillet, des discussions avec le fonds d'investissement Qatari Holdings, au motif que celui-ci avait posé des conditions "trop dures". Les fonds Butler Capital, ancien actionnaire de la compagnie maritime marseillaise SNCM, et Colony Capital, ainsi que le groupe Louis Dreyfus Armateurs, ont aussi été sur les rangs pour recapitaliser le groupe.

CMA CGM, qui exploite près de 400 navires et emploie plus de 16.000 personnes dans le monde, a été touché de plein fouet par la crise économique. Mais la reprise du commerce mondial lui a permis de renouer avec les bénéfices au premier trimestre. Le groupe s'attend pour 2010 à un résultat brut d'exploitation de 1,8 milliard de dollars, contre une perte de 667 millions en 2009.

"Vu la remontée de l'activité en exploitation, cet investissement de 500 millions de dollars devrait suffire. En janvier, on était plutôt sur une recapitalisation de 750 millions de dollars", a estimé la source syndicale contactée par l'AFP.

CMA CGM a parallèlement annoncé, vendredi, l'entrée en fonctions d'un nouveau directeur financier, Olivier Dubois, en remplacement de Jean-Yves Schapiro, dont le départ à la fin août avait été confirmé par le groupe il y a dix jours, en pleines négociations.

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