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Des métallos de la FGTB portent plainte au pénal contre l'assureur Integrale

Un groupe d'obligataires, composé de différentes centrales de la FGTB, estime avoir été floué par Integrale. ©REUTERS

Des métallos de la FGTB ont porté plainte au pénal contre Integrale. Le syndicat a perdu deux millions d'euros. Le siège d'Integrale a été perquisitionné ce lundi.

Lundi matin, le siège de l'assureur Integrale a été perquisitionné par des enquêteurs de la police judiciaire fédérale (PJF) de Liège qui cherchaient des informations concernant un prêt accordé en 2018 par Integrale à Nethys, a-t-on appris mardi matin lors d'une audience qui opposait la Mutualité Générale de l'Éducation Nationale (MGEN, première mutuelle de santé en France) aux administrateurs provisoires.

2 millions
d'euros
C'est le montant investi – et perdu – par des centrales de la FGTB dans Integrale.

"Il y a un fait qui prouve que les créanciers subordonnés sont prêts à tout. Lundi matin, le siège d'Integrale a été perquisitionné suite à un dépôt de plainte avec constitution de partie civile", a plaidé Françoise Lefèvre, l'avocate du collège des administrateurs provisoires d'Integrale. Selon nos informations, l'instruction est suivie par le parquet général de Liège et fait l'objet d'investigations de la PJF de Liège. Contacté à ce sujet, ce le parquet général n'a souhaité faire aucun commentaire.

Une émission d'obligations de plus de 75 millions d'euros

A priori, à ce stade, et pour autant que l'on en sache, deux groupes d'obligataires sont en conflit avec Integrale concernant une émission d'obligations qui, dès la fin 2014, avait permis de lever plus de 75 millions d'euros. Les obligataires qui avaient accepté de monter dans le bateau afin, entre autres, de renforcer la solvabilité d'Integrale, ont tout perdu dans la débâcle de l'assureur.

La MGEN, d'un côté, et des obligataires réunis par Deminor, d'un autre côté, ont intenté des actions en justice pour tenter de suspendre la vente d'Integrale à Monument Re. Mais ces actions en justice se déroulent devant des juridictions civiles et tant la MGEN que les obligataires représentés par Deminor ont déclaré n'avoir rien à voir avec une éventuelle action pénale.

Les métallos de la FGTB en embuscade

De fil en aiguille, on s'est aperçu qu'un autre groupe d'obligataires était bien décidé à faire valoir ses droits et ce groupe est constitué de différentes centrales de la FGTB, essentiellement des métallos wallons et bruxellois. Même si dans cette affaire, les langues ont eu du mal à se délier, il apparaît que la MWB, une coupole qui rassemble les métallos FGTB de Wallonie et de Bruxelles, a bel et bien porté plainte au pénal avec constitution de partie civile contre Integrale, poussant la désignation d'un juge d'instruction.

Parmi les administrateurs d'Integrale de l'époque, on retrouve, entre autres, François-Xavier de Donnea, Pol Heyse, Pierre Meyers, Jacques Tison et Diego Aquilina, tous d'anciens hommes forts de Nethys et de l'assureur, le premier étant l'actionnaire majoritaire du deuxième.

Les centrales de la FGTB se demandent si leur argent n'a pas servi à alimenter un prêt d'Integrale à Nethys.

Au moment de l'émission d'obligations lancée par Integrale, il semble que différentes centrales de la FGTB (MWB, Setca Liège et les fédérations métallos Liège, Hainaut-Namur et Brabant) aient mis deux millions d'euros dans l'aventure. Le rendement promis était de 6,25% et Integrale apparaissait alors encore comme un colosse aux pieds de... métal.

La suite de l'histoire est connue: l'assureur liégeois a pris l'eau de toutes parts et la Banque nationale de Belgique, en charge du contrôle prudentiel, a dû désigner un collège d'administrateurs provisoires. Depuis, l'assureur a été vendu à Monument Re.

Un prêt de plusieurs millions d'euros à Nethys

Comme les autres obligataires, les métallos de la FGTB apprécient modérément d'avoir perdu leur investissement, mais surtout, ils se demandent si les montants investis dans Integrale n'ont pas servi à alimenter un prêt de plusieurs millions d'euros consenti en 2018 par Integrale à Nethys, de l'argent qui a servi à payer les indemnités de départ de Stéphane Moreau, Pol Heyse et Bénédicte Bayer.

Le fait que le prêt a été remboursé trois mois plus tard n'y change pas grand-chose, l'affaire a été mise à l'instruction et la justice fait son travail. Enfin, en interne, "entre camarades", on digère mal d'avoir été floué par Integrale, détenue par Nethys, piloté par les socialistes liégeois... Ambiance en outre-Meuse.

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