Dexia a-t-il trouvé l'astuce capitale?

Le groupe éviterait le débat sur la nécessité de sa recapitalisation en tentant une... réduction de capital de plus de 4 milliards d'euros. Une pirouette comptable pour esquiver le Code des sociétés.

Les besoins urgents en capitaux frais de Dexia sont de notoriété publique. Une simple question de bon sens, assurait dernièrement le gouverneur de la Banque nationale, Luc Coene.

Mais dans le dossier Dexia, bon sens et normes comptables ont rarement fait bon ménage.

Pour preuve, le quotidien néerlandophone De Standaard rapporte dans son édition du samedi que le groupe a trouvé un "trucje" pour contourner l'augmentation automatique de capital.

Dexia envisagerait de soumettre à ses actionnaires une réduction de capital de 4,1 milliards d’euros lors de l’assemblée générale de mercredi prochain.

Une pirouette comptable pour esquiver le Code des sociétés. L'article 633 dudit code prévoit que les actionnaires doivent délibérer sur l'avenir de l'entreprise si la valeur des capitaux propres est inférieure à la moitié du capital social (synonyme comptable du capital initial).

Dans le cas de Dexia, conformément aux normes internationales de comptabilité IFRS, les capitaux propres sont après les pertes cumulées inférieures à zéro. Pas selon les normes comptables belges.

Le rapport annuel 2011 de Dexia SA indique que les capitaux propres s'élèvent désormais à 2,78 milliards d'euros. Ce qui dépasse de peu la moitié du capital (4,62 milliards).

La marge de manoeuvre, l'ensemble des possibilités offertes à Dexia afin de s'adapter aux évolutions de son environnement, est évidemment ténue.

Voilà pourquoi Dexia réemploie le même "trucje" que l'année passée, avec l'amortissement de plus de 4 milliards d'euros de pertes cumulées, comme l'on peut le lire à l'ordre du jour de la convoction à l'AG.

Une procédure comptable qui ne modifiera pas grand chose aux capitaux propres. Si ce n'est qu'en glissant les pertes d'un poste de la comptabilité à un autre, le capital social passe de 4,62 milliards d'euros à 500 millions, neutralisant artificiellement la sonnette d'alarme du Code des sociéts.


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