Ebury confirme Bruxelles pour son QG européen

Kris Mercelis, Managing Director chez Ebury

La fintech spécialisée dans le financement des PME exportatrices a arrêté le choix de Bruxelles pour son siège européen. Quatre cinquièmes de ses clients se trouvent sur le continent européen.

La nouvelle était dans l'air depuis quelques mois, mais elle est maintenant confirmée: Ebury a choisi Bruxelles pour transférer son quartier général européen. Londres demeurera le siège mondial de la fintech, mais la capitale de l'Union sera son centre névralgique pour le Vieux continent, qui abrite quelque 80% des 46.000 clients de la scale-up.

Une confirmation qui tombe bien pour Bruxelles. La région capitale espérait profiter du Brexit, enfin matérialisé depuis la fin du mois de janvier, pour attirer des entreprises à gros potentiel en Belgique. Or, hormis le déménagement de Bankable et l'installation d'une succursale de TransferWise, les annonces dans ce sens n'ont pas été légion.

Avec la confirmation de l'arrivée d'Ebury, Bruxelles est cependant parvenue à attirer un gros poisson. L'entreprise fondée en 2009 est la propriété de Banco Santander depuis le mois de novembre. Le géant espagnol a injecté quelque 400 millions d'euros dans la fintech pour en acquérir la majorité des parts. 

Croissance fulgurante

60%
de croissance
Depuis sa création en 2009, Ebury enregistre une croissance moyenne annuelle de 60%.

Un investissement qui se justifie par les performances de la scale-up. Spécialisée dans les solutions de financements pour les PME exportatrices et dans la gestion des risques liés au change de devises étrangères, Ebury a enregistré une croissance annuelle moyenne de 60% depuis sa fondation il y a dix ans.

"Nous sommes convaincus qu'une bonne partie de la croissance mondiale est générée par les PME internationales", martèle Kris Mercelis, managing director de la fintech à Bruxelles. "Celles-ci n'ont cependant pas encore un fournisseur de services qui peut les suivre partout dans le monde", car les mastodontes financiers ne s'intéressent que peu aux petites entreprises alors que celles-ci ont les mêmes besoins que les multinationales.

Ebury est aujourd'hui présente dans une vingtaine de pays dans le monde (notamment en Australie, à Hong Kong, Singapour et Dubaï, en dehors de l'Europe) et se targue de traiter 2,5 milliards d'euros de transactions par mois. Le géant Santander la poussant dans le dos, elle lorgne maintenant l'Amérique latine et les Etats-Unis. 

Le moment du transfert effectif du centre européen d'Ebury vers Bruxelles dépendra notamment des négociations en cours entre les 27 et Londres. "Ce devrait être fait lors du dernier trimestre", estime Kris Mercelis.

Doubler l'emploi en trois ans

"Les régulateurs belges ont été proactifs et très professionnels."
Kris Mercelis
Managing director d'Ebury en Belgique

Ebury a déménagé à l'avenue des Arts depuis le mois de novembre. Des petits travaux de parachèvement sont encore en cours dans les locaux. Vingt-deux personnes y travaillent actuellement. "Nous avons déjà engagé un compliance officer et allons encore renforcer notre département Conformité. Nous recherchons également un comptable financier, ainsi que plusieurs autres fonctions de support", explique Kris Mercelis. Au total, une dizaine de personnes seront recrutées d'ici la fin de l'année. "Et nous ambitionnons d'être une cinquantaine d'ici deux à trois ans", poursuit-il.

Alors que plusieurs capitales européennes se concurrencent afin de devenir le centre financier européen 2.0 post-Brexit, Ebury a opté pour Bruxelles en raison d'une législation adaptée et de la qualité de la communication avec les autorités belges. "Les régulateurs ont été proactifs et très professionnels", indique Kris Mercelis. "Nous restons en contact avec eux pour voir quel genre de licence supplémentaire il nous faut, en plus de celle d'electronic payment institution, afin que toutes nos activités en Europe puissent être réglementées ici."

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