"En Chine, la croissance de l'épargne ne va pas baisser" (CEO Ageas)

Bart De Smet, CEO d'Ageas. ©Wouter Van Vooren

Bart De Smet, le CEO d'Ageas fait le point sur le business. Les turbulences en Chine ne sont par pour lui un sujet de stress, pas plus que le Brexit.

Ageas va-t-elle faire offre sur Tranquilidade au Portugal ?

Vous le savez, on ne commente pas les rumeurs. Notre message a toujours été clair sur la croissance externe. Nous regardons les opportunités de consolidation dans les marchés où nous sommes présents. En Europe, on regarde certainement ce qui se présente en Belgique et au Portugal. Pas au Royaume-Uni à ce stade, car nous voulons d’abord que tout y rentre dans l’ordre. Cela va dans la bonne direction comme le montrent les résultats (ndlr, bénéfice net de 87 millions d’euros en 2018 au Royaume-Uni, trois fois plus qu’un an plus tôt) mais ce n’est pas encore le moment de penser acquisition.

En Asie aussi, nous regardons. Par exemple, on n’est présent en non-vie qu’en Malaisie, Thaïlande et maintenant en Inde (ndlr, Ageas a signé en novembre dernier pour prendre 40% de RSGI). Il y a toujours l’Indonésie qui nous intéresse et où on n’est pas encore présent.

"En Europe, on regarde certainement ce qui se présente en Belgique et au Portugal. Pas au Royaume-Uni."
Bart De Smet
CEO - Ageas

Ageas a 750 à 800 millions d’euros de cash disponible et a de nouveau accès aux marchés financiers grâce à notre rating qui a nettement été revu à la hausse. Mais ce n’est pas parce qu’on a l’argent qu’on achète. Il faut toujours veiller à ce qu’une acquisition apporte de la valeur. On a toujours été prudent. D’ailleurs, depuis 2009 on a vendu plus d’entreprises qu’on en a acheté.

Relire par ailleurs notre article: "Nouvelle récompense pour les actionnaires d'Ageas"

Et Ethias vous intéresse toujours ?

On a dit par le passé notre intérêt pour Ethias. Depuis lors, Ethias a renforcé sa solvabilité, augmenté son rating et vient de publier des résultats plus que bons. Mais ce dossier n’est pas sur la table aujourd’hui. Chez Ethias, plusieurs gouvernements actionnaires décident, donc ce qui va se passer après les élections… je ne suis pas Madame Soleil.

©BELGA

La perspective du Brexit pèse-t-elle sur les activités Ageas, qui est aussi un assureur au Royaume-Uni ?

Absolument pas. Tout ce que nous faisons au Royaume-Uni est en pounds et selon les normes locales. Pour nous, le seul impact du Brexit se situe au niveau du taux de change et encore, ce fut presque neutre l’an dernier. À court terme, le Brexit présente même plutôt un avantage pour nous: avec le ralentissement de l’économie, les gens roulent moins. Cela signifie moins d’accidents, moins de dommages à couvrir. Pour nous, le plus grand risque lié au Brexit serait que cela débouche sur un vrai chaos en Europe, que l’euro se retrouve à nouveau sous pression comme en 2011-2012. Cela aurait bien sûr un impact sur le secteur financier dans son ensemble.

Comment voyez-vous les turbulences en Chine, la baisse de régime ?

La volatilité des marchés d’actions impacte le résultat, OK. Mais on constate toujours une croissance de 10% par an de nos volumes en Chine et c’est aussi ce qu’on attend pour les prochaines années. Pourquoi ? Parce que la classe moyenne -on parle ici de centaines de millions de personnes- épargne pour conserver son niveau de vie après la vie active. La tendance est même d’épargner plus quand les incertitudes augmentent, ce qui est bon pour nous. Cette croissance de l’épargne ne va pas baisser en Chine, elle va se poursuivre indépendamment de la croissance économique. Cela dit, si la croissance de l’économie chinoise se réduit, on en est encore à 6%.

"En Belgique, on a l’art de fonctionner à court terme et de saucissonner. Il faudrait plus de concertation pour s’attaquer à des enjeux de long terme"
Bart De Smet
CEO - Ageas

A l’approche des élections, avez-vous un message aux politiques ?

En Belgique, on a l’art de fonctionner à court terme et de saucissonner: il y a le monde politique, le secteur privé, les syndicats et chacun reste sur ses intérêts. Au-delà des questions de court terme, il faudrait plus de concertation pour s’attaquer à des enjeux de long terme : le changement climatique, le vieillissement, l’enseignement, la mobilité, la santé. Il y a tellement de sujets qui demandent de la vision à long terme, de l’ouverture au point de vue des autres.

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