En redressement judiciaire, le holding franco-belge Altifort s'estime prêt à rebondir

©Kristof Vadino

Depuis qu’il a failli reprendre l’aciérie Ascoval dans le nord de la France, le holding Altifort collectionne les ennuis. Heureusement pour ses 1.500 travailleurs, ses dirigeants restent confiants dans son avenir.

Altifort, ce holding créé en France par le Belge Bart Gruyaert et le Français Sébastien Vigier pour relancer des entreprises de la "vieille industrie", est en redressement judiciaire. C’est Le Figaro qui l’a annoncé. Altifort était en cessation de paiement depuis le 26 juin, et a été mis en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Paris le 9 juillet. Au début de l’année, Altifort avait retenu l’attention des médias parce qu’il s’apprêtait à reprendre Ascoval, une aciérie dotée d’un bel outil mais en difficulté depuis la liquidation d’Asco Industries, la société qui l’avait rachetée un an plus tôt au groupe Vallourec. Alors que tout indiquait qu’Altifort allait relancer Ascoval, le projet de reprise avait capoté au dernier moment, le holding franco-belge ne parvenant pas à verser les 35 millions d’euros qu’il s’était engagé à apporter pour cofinancer l’opération.

Altifort a continué de travailler avec la quinzaine d’entreprises qu’il a rachetées et relancées ces cinq dernières années et qui représentent un chiffre d’affaires global de quelque 200 millions d’euros pour 1.500 salariés.

Depuis, Altifort a continué de travailler avec la quinzaine d’entreprises qu’il a rachetées et relancées ces cinq dernières années, et qui représentent un chiffre d’affaires global de quelque 200 millions d’euros pour 1.500 salariés. Altifort était en train de négocier un prêt obligataire quand, à la fin du mois de juin dernier, il a accusé un peu de retard dans le paiement de ses charges sociales, nous explique-t-on à bonne source.

C’est ce problème qui a poussé le groupe vers le tribunal de commerce.

Six mois sous protection

Comparable par certains aspects à la procédure de réorganisation judiciaire (PRJ) en Belgique, le redressement judiciaire de niveau 1 se traduit, pour la société visée, par l’ouverture d’une période de six mois durant laquelle, avec le concours d’un administrateur nommé par le tribunal, ses actionnaires et mandataires pourront soit régler les paiements en retard, soit proposer un plan de remboursement avec, dans ce dernier cas, l’effacement d’une partie des dettes.

"La direction d’Altifort a informé en temps et en heure l’ensemble de son personnel et ses principaux clients."
Bart Gruyaert
Cofondateur d'Altifort

"La direction d’Altifort a informé en temps et en heure l’ensemble de son personnel ainsi que ses principaux clients, souligne son cofondateur Bart Gruyaert. Cela n’a pas fait de vagues, ni dans le groupe, ni dans ses diverses sociétés."

Elle est confiante que la société se redressera, d’autant que le montant concerné par les versements en souffrance est relativement restreint. On parle de quelque 3 millions d’euros.

L’héritage d’Ascoval

Depuis l’épisode malheureux de la reprise manquée d’Ascoval, les dirigeants d’Altifort ont rencontré pas mal d’embûches sur leur parcours qui, jusque là, s’apparentait à un sans-faute.

Le dossier Ascoval semble d’ailleurs maudit, puisque la société qui a succédé à Altifort pour racheter l’aciérie a fait faillite entre-temps: il s’agit de British Steel, l’entreprise britannique pilotée par le fonds indien Greybull Capital. British Steel a déposé le bilan au Royaume-Uni, sans que la procédure n’affecte directement Ascoval, dont le sort reste toutefois incertain.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect