Et si les entreprises pouvaient s'armer contre une pandémie?

Qu'est-ce que le monde belge de l'assurance attend pour développer une couverture pour perte d'exploitation liée à une pandémie? Telle est la question posée par Pedro Matthynssen, CEO du courtier Vanbreda.

Les entreprises peuvent assurer leurs activités contre divers risques. Pourtant, la crise du Covid montre qu'à ce jour, rien ne les protège des risques liés à une pandémie.

Des entreprises à l'arrêt; une reprise en dents de scie, voire nulle. Et puis des faillites, des pertes d'emplois. La pandémie et les mesures pour contrer sa propagation coûtent cher aux entreprises.

D'où l'idée du courtier Vanbreda Risk & Benefits: et si le secteur de l'assurance et les autorités belges réfléchissaient à développer "rapidement" une couverture pour les pertes d'exploitation résultant d'une pandémie?

La pandémie comme le terrorisme

1,3 milliard
d'euros
En Belgique, les actes de terrorisme sont aujourd’hui assurés jusqu’à 1,3 milliard d’euros par an grâce à un partenariat entre les autorités et l’industrie belge des assurances.

Après les attentats de Bruxelles, un mécanisme d’assurance avait été activé. "En Belgique, les actes de terrorisme sont aujourd’hui assurés jusqu’à 1,3 milliard d’euros par an grâce à un partenariat entre les autorités (390 millions) et l’industrie belge des assurances (910 millions)", rappelle Pedro Matthynssen, CEO de Vanbreda Risk & Benefits.

Si le risque "pandémie" est déjà pris en compte dans des assurances liées à la personne (assurances-vie, hospitalisation ou voyages en cas de diagnostic positif), une entreprise qui fait face à une perte d'exploitation ne sera couverte que si la perte résulte d'un dégât (incendie, inondation...), pas d'une pandémie.

"Pourtant, ce risque est plus grand que pour le terrorisme. On parle de 15 à 20 milliards d'euros d'impact en Belgique", indique Pedro Matthynssen.

Solution à la belge

D'autres que Vanbreda planchent sur le sujet. "Munich Re, qui dispose d'un 'Monsieur Pandémie', a déjà travaillé sur le risque de pandémie, mais il n'a pas été suivi par les clients, frileux de souscrire une couverture trop ciblée", explique Wautier Robyns, d'Assuralia. Pedro Matthynssen ne croit toutefois pas à une solution internationale. Il propose donc de réfléchir à une nouvelle alliance public-privé belge pour créer une assurance obligatoire et financièrement accessible, avec des primes identiques chez chaque assureur. Les indemnisations s'effectueraient sur la base de paramètres (ex: coûts salariaux). Toutes les pandémies et épidémies seraient couvertes. Enfin, les assureurs et les autorités devraient reconnaître le risque de manière solidaire.

Pas sans conséquences

"Le risque est plus grand que pour le terrorisme. On parle de 15 à 20 milliards d'euros d'impact en Belgique."
Pedro Matthynssen
CEO de Vanbreda Risk & Benefits

Une telle couverture n'est pas non plus sans conséquences. Certaines compagnies de croisières s'en sont vu proposer une, mais, ne sachant pas comment réagirait la concurrence, ont refusé.

Pour l'assureur, une telle couverture nécessiterait la constitution d'une grosse réserve par l'intermédiaire d'une nette augmentation des primes, car qui dit pandémie, dit une sinistralité non limitée géographiquement ou à un secteur. "D'où le partenariat avec le public", conclut Matthynssen.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés