Ethias ne sera pas à vendre avant 2019

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Un préaccord entre actionnaires prévoit un statu quo jusqu’aux élections pour l’assureur. Qui poursuivrait donc en solo.

Ce ne fut pas simple mais un préaccord a été convenu ce lundi entre les quatre propriétaires d’Ethias, a appris L’Echo à bonnes sources. Depuis qu’ils ont sauvé ensemble l’assureur du naufrage lors de la crise de 2008, l’État fédéral ainsi que les Régions wallonne et flamande détiennent chacun 25% plus une action de Vitrufin, la structure qui détient Ethias SA depuis lors. Le 4e actionnaire de Vitrufin, minoritaire, est Ethias Droit commun où sont regroupées les collectivités qui ont créé l’assureur mutualiste.

"Standstill"

Ce préaccord, qui appelle encore certaines vérifications et précisions avant d’être définitivement entériné, comprend toute une série de mesures visant à améliorer la gouvernance et à simplifier la structure de l’assureur.

Mais il prévoit aussi un "standstill" de deux ans, période de statu quo au cours de laquelle les actionnaires s’accordent à ne pas remettre leur participation en question. En d’autres mots, l’assureur devrait connaître une stabilité actionnariale, ardemment souhaitée par le management, jusqu’aux élections législatives de 2019.

Jusqu’ici, les parties n’étaient pas alignées sur ce point. Si la Région wallonne et Ethias DC étaient demandeurs d’une poursuite des activités en solo pour la compagnie dont le premier siège est à Liège (et le second à Hasselt), l’État fédéral et la Région flamande n’avaient pas encore arrêté leur position, laissant la porte ouverte à d’autres scénarios comme l’adossement d’Ethias à d’autres acteurs tels Belfius ou Ageas, lesquels avaient fait connaître leur intérêt.

Le préaccord contient aussi l’instauration d’une limite d’âge à 70 ans pour les membres du conseil d’administration. Ceci implique le départ du président du conseil, le Flamand Erik De Lembre (75 ans), contesté depuis un moment en interne. Trois autres administrateurs dépassent cette limite: Jean-Pierre Grafé, Willy Duron et Claude Desseille.

S’il est mis en œuvre, ce préaccord devrait relâcher au moins temporairement la pression sur Ethias.

Quant à la simplification des structures, le préaccord prévoit aussi l’écrasement dans Ethias SA de Vitrufin, structure mise en place à la demande de la Commission européenne lors du sauvetage de 2008.

S’il est mis en œuvre, ce préaccord devrait relâcher au moins temporairement la pression sur Ethias, qui n’a pas connu de répit depuis la crise de 2008.

L’assureur a terminé l’année dernière sur un bénéfice net de 80 millions d’euros. En 2016, il a encore réduit le poids des First A, ces comptes d’assurance-vie qui le plombent depuis des années parce qu’ils garantissent des rendements élevés et à vie. L’an dernier, le mal a été ramené à 600 millions d’euros, contre 4,3 milliards au plus fort.

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