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Euronext cité en Justice à Paris

200 actionnaires de la société française Loyaltouch se sont portés en front commun contre Euronext et les commissaires aux comptes en justice. Une audience préliminaire est prévue le 25 mars à Paris.

Une société mise en liquidation, des petits actionnaires ruinés, une citation en justice. L'affaire a un air de dossier Fortis en version miniature. Mais à Paris, les petits porteurs tirent dans toutes les directions: Euronext, la société de conseil boursier Euroland Finance, le cabinet d'audit Mazars, le "listing sponsor", les commissaires aux comptes: personne n'est épargné.

À l'origine de l'affaire, la mise en liquidation, en octobre dernier, de la société française de marketing Loyaltouch, leader européen de la fidélisation de la clientèle (bons-cadeaux, organisations de voyages, cartes cobrandées liant une banque et un distributeur…). Cotée en Bourse depuis 2006, elle avait levé plus de 80 millions d'euros sur le marché NYSE-Alternext. Plus de 3.000 personnes, dont une poignée de Belges, ont investi dans le titre.

Le dépôt de bilan a pris les actionnaires de court. Les résultats 2009, présentés en mai, faisaient en effet état d'un bénéfice opérationnel de 13,9 millions d'euros, plus de deux fois supérieur à celui de 2008. "Les commissaires aux comptes ont été informés des difficultés de la société dès 2008, mais ils n'ont jamais donné la moindre explication. Les actionnaires n'en ont donc rien su avant 2010", affirme Aubry De Koster, le vice-président belge du Groupement autonome des actionnaires et des porteurs de parts (GAAPP). Celui-ci représente une dizaine d'actionnaires belges, néerlandais et luxembourgeois de Loyaltouch.

bilans truqués?

Créée il y a un an, cette association non lucrative soutient que ces comptes étaient faux et que les bilans ont été truqués. "Les fonds levés se sont évaporés au travers d'opérations aussi incompréhensibles que complexes", affirme le cabinet d'avocats qui la représente.

Une audience préliminaire est prévue le 25 mars devant le tribunal de Grande Instance de Paris.

Le GAAPP est parvenu jusqu'ici à rallier à sa cause 200 petits porteurs, représentant environ 11 % du capital et dont le préjudice est estimé à 10 millions d'euros environ (dont près d'un million pour les actionnaires belges qui ont confié leurs intérêts au groupement). Cinq fonds d'investissement lésés se sont eux aussi joints à l'action. Les plaignants exigent de récupérer leur mise, ou à tout le moins des "indemnisations substantielles". "Loyaltouch avait lancé des obligations convertibles à hauteur de 45 millions d'euros avant sa mise en liquidation. Autant dire que les petits actionnaires ne récupéreront pas un kopeck", lance Aubry De Koster.

En ciblant Alternext, les plaignants entendent aussi "attirer l'attention "sur la dangerosité d'Alternext". Selon les avocats, la législation française permet en effet à un épargnant connecté à internet "d'investir en Bourse sur des titres cotés, mais sans le savoir". Ces titres sont "souvent très hautement risqués et toxiques".

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