Gérard Lamarche: de la Générale de Belgique à GBL, via GDFSuez

Gerard Lamarche ©Dieter Telemans

C’est à la Générale de Belgique que la carrière de Gérard Lamarche a décollé.

Comme annoncé en décembre, à partir de la prochaine assemblée générale de GBL, Ian Gallienne assurera seul la direction opérationnelle du holding des familles Frère et Desmarais. Un passage de témoin qui se préparait depuis des années. Quand, en 2011, Gérard Lamarche et Ian Gallienne avaient été nommés co-administrateurs délégués, dans l’entourage d’Albert Frère, on justifiait le choix de ce tandem par le fait qu’il était un peu tôt pour désigner son gendre comme principal successeur. Parmi les missions assignées à Gérard Lamarche, ancien CFO de GDF Suez, il y avait clairement celle de jouer les mentors pour le mari de Ségolène Frère.

Chez GBL, avec Ian Gallienne, il a remanié l’équipe, revu la stratégie et procédé à une importante rotation du portefeuille.

Depuis, pas loin de huit ans se sont écoulés. Et le tandem n’a pas fait de la figuration: il a remanié l’équipe, revu la stratégie et procédé à une importante rotation du portefeuille, en troquant des participations historiques comme Total ou Engie pour des investissements stratégiques dans Umicore, Ontex ou Adidas.

Gérard Lamarche est toutefois loin de quitter GBL: il en devient senior advisor, et continuera à siéger comme administrateur et comme membre du comité permanent. Mais en parallèle, il va désormais s’occuper d’investissements et de philanthropie pour la famille d’Arnoud de Pret. Une nouvelle page pour ce vieux routier du monde des affaires, rompu aux opérations financières complexes et aux ‘roadshows’ à destination des investisseurs.

Né d’une mère flamande et d’un père wallon, une fois son diplôme d’économiste de l’UCLouvain en poche, ce Hutois a commencé sa carrière chez Deloitte Haskins & Sells. En 1988, il rejoint la Société générale de Belgique. Après la tentative d’OPA de Carlo De Benedetti, il est remarqué par Gérard Mestrallet, que Suez, le nouvel actionnaire, a envoyé à Bruxelles pour mettre de l’ordre.

Alors que ses collègues utilisent toujours sur des calculettes, il élabore de brillantes simulations sur le Mac qu’il loue au mois.

Alors que ses collègues utilisent toujours sur des calculettes, il élabore de brillantes simulations sur le Mac qu’il loue au mois. Les deux Gérard deviennent compagnons de route, et le resteront quasiment 20 ans. En 1995, quand Gérard Mestrallet repart à Paris comme président, il l’emmène avec lui comme chargé de mission et secrétaire du comité de direction.

En 2000, Gérard Lamarche est envoyé aux Etats-Unis pour diriger et redresser Ondeo Nalco, une filiale en difficultés, une expérience professionnelle et familiale inouïe, jugera-t-il plus tard. Mais début 2003, il est rappelé dans l’urgence à Paris: Suez, qui a réalisé des pertes abyssales dans la gestion de l’eau en Argentine et souffre d’un endettement colossal, est en pleine tempête.

Devenu CFO du groupe, il aide Mestrallet à redresser la barre. L’entreprise se retire d’une série de pays émergents et cède des actifs non stratégiques pour se désendetter. Longtemps vu comme son possible successeur de Gérard Mestrallet, il participera aussi activement à la fusion avec GDF et au rachat d’International Power, avant de rejoindre GBL.

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