Intégrale (Nethys) a versé près de 6 millions d'euros pour s'assurer de la fidélité de ses dirigeants

Diego Aquilina, le CEO d'Intégral, s'est vu proposer plus de 4 millions d'euros de "prime de fidélité" lors de l'introduction du décret gouvernance. ©Kristof Vadino

Intégrale, la filiale d'assurances de Nethys, semble s'être armée à l'annonce de l'introduction du décret gouvernance. Pour éviter de voir partir ses six dirigeants à cause de rémunérations désormais plafonnées, une prime de fidélité de 5,7 millions d'euros leur avait été proposée.

Les comptes semblent bien loin d'être clôturés au sein de Nethys et de ses filiales. Alors que la nouvelle direction de l'entreprise a gelé les comptes bancaires des anciens dirigeants, on apprend aujourd'hui qu'au sein d'Intégrale, la filiale d'assurance de Nethys, tout avait été mis en place pour garder les managers.

Selon "Le Soir", 5,7 millions d'euros auraient été promis aux dirigeants pour les inciter à rester à bord après l'introduction du décret gouvernance qui plafonnait les rémunérations dès le mois de mai 2018.

De 75.500 à 4,5 millions d'euros

Selon le quotidien, le CEO Diego Aquilina s'est ainsi vu promettre le montant de 4,5 millions d'euros. Une partie de la somme a déjà été liquidée, le solde doit l'être en mai 2020. Les cinq autres membres du comité de direction ont eu droit à des versements uniques sur leur assurance-groupe. Les montants s'élèvent entre 75.502 et 487.478 euros. Et "Le Soir" d(ajouter que deux des dirigeants ayant bénéficié de cette "prime de fidélité" percevaient un salaire inférieur plafond de 245.000 euros fixé par le décret, et ne risquaient donc pas de partir pour cause de salaire raboté suite à l'entrée en vigueur de cette nouvelle réglementation.

Juste avant l'introduction de ce décret, le package salarial annuel de Diego Aquilina s'élevait à 923.000 euros brut (420.000 euros de fixe; 319.000 euros de variable; 184.000 euros d'avantages divers). Les cinq autres membres se partageaient 1,7 million d'euros (340.000 d'euros de salaire moyen).

Comparable au marché

Ces primes ont été validées par le comité de nomination et de rémunération d'Intégrale, présidé par Pol Heyse, directeur financier de Nethys, et par le conseil d'administration, présidé, lui, par l'ex-ministre MR François-Xavier de Donnéa.

Nethys n'a rien à voir avec les montants des salaires actuels.
François-Xavier de Donnéa
Président du conseil d'administration d'Intégrale

Tant François-Xavier de Donnéa que Diego Aquilina sont, à cette heure, toujours aux commandes de la société d'assurance. Tous deux assurent que les salariés de l'entreprise gagnent un salaire comparable à celui du marché. "En 2016, quand Intégrale a été transformée en société anonyme et que Nethys est devenue actionnaire, tous ces salaires étaient déjà fixés. Ils ont été définis par des comités dans lesquels siégeaient des représentants des patrons et des syndicats. Nethys n'a donc rien à voir avec les montants des salaires actuels", explique François-Xavier de Donnéa.  

Ce dernier rappelle aussi les salaires perçus par les patrons de Belfius (940.000 euros) et d'Ethias (443.000 euros).

Le CA d'Enodia va étudier la situation

Le conseil d'administration de l'intercommunale Enodia (ex-Publifin) ajoutera à son prochain ordre du jour un point concernant la rémunération des dirigeants d'Integrale, filiale de Nethys, pour étudier la situation, a réagi la maison-mère de Nethys après les révélations du journal Le Soir. La prochaine réunion du conseil d'administration d'Enodia est fixée au mercredi 15 janvier.

"Dans un souci de transparence et de parfaite transmission d'information, il sera également demandé au CEO de Nethys d'informer les instances d'Enodia sur les différents contrats de consultance liants Nethys à la société McKinsey", ajoute Enodia.

Cour constitutionnelle: la région wallonne veut rouvrir les débats avec l’assureur
Le litige qui oppose Integrale et la Région wallonne devant la Cour constitutionnelle pourrait être bientôt relancé. Me Marc Uyttendaele, avocat du gouvernement, a confirmé ce lundi sa volonté de demander à la Cour de rouvrir les débats car Integrale n’a, selon lui, "plus intérêt à agir".
L’assureur avait en effet porté un recours devant la Cour constitutionnelle contre le décret gouvernance, ce symbole de la reprise en main de l’exécutif après le scandale Nethys. Le lendemain de l’audience devant la Cour, le 18 décembre, le gouvernement wallon réformait le décret gouvernance qui est aujourd’hui d’application. 
"Je demande la réouverture des débats car Integrale n’a plus d’intérêt à agir", commente Me Uyttendaele. L’enjeu est de taille pour la Région: si le décret gouvernance devait être annulé, toute sa stratégie concernant la galaxie Nethys serait à revoir.

 

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