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Jusqu'à 590 millions d'euros des coûts des inondations seront à la charge des assureurs

Le seuil d'intervention des assureurs passe pour ces inondations du mois de juillet de 375 millions d'euros à plus de 590 millions d'euros. ©Photo News

Un accord a été conclu entre le secteur de l'assurance et la Région wallonne. Les assureurs assumeront 590 millions d'euros du coût total des inondations de juillet.

"Un peu plus de 590 millions d'euros", tel sera finalement le montant total du coût des inondations de juillet pris en charge par le secteur de l'assurance. La Région veillera à la différence pour arriver à une indemnisation des sinistrés à 100%. Cette clé de répartition faisait l'objet depuis plusieurs jours de discussions entre Assuralia et la Région wallonne.

1,7
milliard d'euros
L'estimation actuelle des coûts totaux s'élève jusqu'à 1,7 milliard d'euros dont 250 millions pour Ethias.

Le mot d'ordre est donc: tout bien assuré sera totalement indemnisé. On sait que si l'assurance incendie risques simples est souvent associée à un prêt hypothécaire, elle n'est pas obligatoire. De nombreux locataires rechignent à assurer le contenu de leur logement et donc pourraient ne pas être indemnisés.
"La Région wallonne est sensible à la situation de ces personnes et travaille à des solutions", explique Sylvain Jonckheere, porte-parole du ministre-Président wallon.

Répartir l'effort

Il y a une semaine, face à l'ampleur des sinistres, le gouvernement wallon tirait la sonnette d'alarme et appelait les assureurs à assumer une part plus importante des dégâts. La loi prévoyait qu'une fois le seuil de 375 millions (indexations comprises) d'euros dépassé, c'était aux autorités publiques d'indemniser les sinistrés.

Les estimations actuelles parlent d'un coût total entre 1,3 et 1,7 milliard d'euros (dont 400 millions pour AG Insurance, 100 millions pour Belfius, 62 millions pour KBC et 250 millions pour les quelque 10.000 déclarations d'Ethias).

"Cet accord sur le seuil de 590 millions d'euros ne vaut que pour les seules inondations de ce mois de juillet."
Hilde Vernaille
Présidente d'Assuralia

Les discussions auraient porté, nous dit-on, sur un montant d'intervention allant jusqu'au double des 375 millions. La poire semble avoir été coupée en deux.

Les assureurs couvriront près de 600 millions. "Les assureurs prennent leur responsabilité sociétale et doublent leurs efforts", indique Hilde Vernaillen, présidente d'Assuralia et CEO de P&V.

Elle précise toutefois que cet accord sur le seuil de 590 millions d'euros ne vaut que pour les seules inondations des 14 au 16 juillet. "Nous devrons nous atteler par la suite à une réflexion sur la législation. Mais on ne refait pas une loi en temps de crise."

Indemniser au plus vite

Quelles sont donc les conséquences pour les assurés sinistrés? La totalité des indemnisations viendra des assureurs eux-mêmes et par le biais de procédures "simplifiées". "Le secteur préfinance la partie de la Région wallonne afin que les sinistrés n'aient qu'un seul interlocuteur", poursuit Hilde Vernaillen.

"Ce fonds a été alimenté fin juillet à hauteur de 200 millions d'euros. Nous attendons désormais des estimations précises pour voir à quelle hauteur il doit encore être alimenté."
Sylvain Jonckheere
Porte-parole d'Elio Di Rupo

Ce prêt à taux zéro des assureurs doit permettre à la Région d'alimenter le Fonds des calamités.

"Ce fonds a été alimenté fin juillet à hauteur de 200 millions d'euros. Nous attendons désormais des estimations précises pour voir à quelle hauteur il doit encore être alimenté", explique Sylvain Jonckheere.

Un décret d'exception devra toutefois donner force de loi à cet accord. Des pourparlers sont aussi lancés avec les autres régions sur la base de propositions similaires.

Revoir l'avenir

Depuis l'entrée en vigueur de la loi "catnat", c'est la première fois que le mécanisme se met en marche. Et force est de constater que les dispositions jadis prises ne suffisent pas.

Le secteur réfléchit donc depuis quelques jours à une "législation plus durable dans le temps". Objectif: éviter que chaque grosse catastrophe, qu'elle soit naturelle, terroriste ou nucléaire, ne débouche sur des discussions sur la clé de répartition.

Dans cette idée, l'épineuse question de rendre obligatoire la police d'incendie risques simples devrait aussi revenir sur la table.

Rappelons que cet accord ne vise que les biens couverts par une assurance incendie risques simples. Les sinistres automobiles et ceux enregistrés par des entreprises (hors risques simples) ne sont pas visés.

250 millions à charge d'Ethias

Ethias note à ce jour quelque 10.000 déclarations de sinistre pour les inondations des 14 et 15 juillet. Pour l'heure, le coût total s'élève à 250 millions d'euros. L'assureur s'attend encore à de nouvelles déclarations des clients "entreprises" et "collectivités publiques".

Pour chaque dossier introduit, une première avance de 1.500 euros a été versée aux sinistrés.

"Face au caractère inédit de cette catastrophe, le constat est clair: les assureurs, les experts et les autorités devront repenser la législation en vigueur. Si nous voulons que les catastrophes naturelles – qui vont s'amplifier comme l'a confirmé le tout récent rapport du Giec – restent assurables, les assureurs,
les réassureurs ainsi que les autorités régionales et fédérales, voire internationales, devront se mettre autour de la table", conclut Philippe Lallemand, CEO.

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