L'assurance auto télématique reste discrète en Belgique

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Alors que les technologies d’aide à la conduite se développent et se multiplient, l’assurance connectée demeure en phase de rodage en Belgique. Les premières initiatives en la matière datent pourtant de plusieurs années.

Elon Musk, le patron de Tesla, rêve depuis longtemps d’un monde où toutes les voitures seront autonomes. Une vision ambitieuse, mais qui devrait encore mettre plusieurs années à se matérialiser.

Les automobilistes ne peuvent pas encore laisser leur voiture les ramener sans intervention, mais les aides à la conduite se multiplient. Parmi ces technologies, les télématiques sont en plein essor. Dans le domaine automobile, la télématique désigne la transmission à distance d’informations relatives à l’emplacement, à la trajectoire ou à la vitesse du véhicule. Des données qui peuvent s’avérer particulièrement intéressantes pour les compagnies d’assurance.

Pourtant, les produits ayant recours à cette technologie ne sont pas très répandus en Belgique. P&V figure parmi les pionniers. La compagnie a lancé ses premières solutions en la matière il y a plus d’une dizaine d’années. Depuis deux ans, elle propose "weCover", une assurance automobile plus particulièrement destinée aux jeunes conducteurs de moins de 26 ans.

Améliorer la prévention

Les accidents de la route restent la première cause de mortalité des 20-24 ans en Belgique.

"Les clients qui le souhaitent voient leur véhicule équipé d’un boîtier qui va nous transmettre une masse de données : trajets, comportement, vitesse, etc.", explique Patrick Schoofs, Manager Business Development Mobility de P&V. "Ces données vont permettre une variabilité sur la prime, en fonction du moment pendant lequel le conducteur roule et du nombre de kilomètres parcourus", ajoute David Destappes, Directeur Business Development de la compagnie.

Actuellement, quelque 8.000 conducteurs ont choisi d’installer ce boîtier dans leur voiture, dont 90% ont moins de 26 ans, indique la compagnie.

AXA, premier assureur non-vie du pays, a lancé sa solution driveXperience en 2016 en partenariat avec l’IBSR. Ici aussi, le public cible est constitué par les jeunes conducteurs, qui se voient attribuer un score de conduite leur permettant de réduire leur prime.

Ce mois-ci, AG Insurance a lancé un projet test baptisé "Safety and More" en collaboration avec la compagnie d'assistance Touring et l'opérateur mobile Proximus. Pendant trois ans, le comportement au volant d'un groupe pilote composé de 1.000 jeunes conducteurs va être analysé via la solution ConnectMy.car.

Les assureurs belges n’ont donc pas encore beaucoup recours aux technologies télématiques, et lorsque c’est le cas, il se concentrent principalement sur la prévention auprès des jeunes conducteurs. Une démarche logique alors que les accidents de la route restent la première cause de mortalité des 20-24 ans en Belgique.

Gestion de flotte

"Les flottes que l’on suit enregistrent en moyenne une économie de 6% sur la consommation de carburant, ainsi qu’une baisse de 15% de la sinistralité."
Steven Mertens
Spécialiste assurance Fleet3Sixty

D’autres applications sont pourtant déjà opérationnelles. Fleet3Sixty emploie la télématique pour offrir des solutions de gestion de flotte. Ici, pas de boîtier à installer, tout se passe via une application pour smartphone. "L'’investissement à consentir est dès lors beaucoup moins important", souligne Steven Mertens, le spécialiste assurance de l’entreprise.

Les entreprises qui font appel à ses services se voient proposer une offre sur mesure. Avec comme résultat, des améliorations significatives, selon Steven Mertens. "Les flottes que l’on suit enregistrent à terme en moyenne une économie de 6% sur la consommation de carburant, ainsi qu’une baisse de 15% de la sinistralité."

La télématique doit ainsi également rendre des économies possibles pour les entreprises et affiner l’évaluation du risque par les compagnies d’assurance. "Les assureurs italiens et français utilisent beaucoup ces technologies pour détecter les fraudes", explique Bart Bollaert, patron de la société Eye On Risk, qui conseille l’industrie assurentielle en matière de risque.

"Prenons l’exemple d’une entreprise qui dispose d’une importante flotte de véhicules. Si elle dispose d’outils télématiques lui permettant de mieux définir la sinistralité, elle pourrait se passer de contrats omnium et faire des économie", conclut-il.

L'Italie pionnière

De plus en plus de produits d’assurances incluent le recours aux technologies télématiques en Europe. Selon une étude du consultant suédois Berg Insight, le nombre de polices  comportant un aspect télématique atteignait 10,3 millions à la fin 2018. Selon ses estimations, ce nombre sera de 49,8 millions en 2023.

Actuellement, l’Italie est de loin le pays européen où cette technologie est le plus utilisée par les compagnies d’assurance. Celles-ci y ont principalement recours pour détecter les fraudes. Cette technologie peut ainsi permettre de déterminer si les dégâts sur une voiture correspondent à la manière avec laquelle elle roulait au moment du sinistre.

L’arrivée des InsurTech devrait accélérer le mouvement. Selon Deloitte, quelque 2,2 milliards d’euros ont été investis dans ces start-up rien qu’au premier semestre 2019.

Parmi celles-ci figure l’entreprise slovène Vigo, fondée en avril dernier. Elle commercialise une police d’assurance télématique spécialement conçue pour les motos.

Parmi les fonctionnalités du produit figure un capteur qui prévient la compagnie en cas de collision. Si le pilote ne répond pas, l’assurance avertit les services de secours.

 

 

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