L'écosystème belge de la finance à impact se dote de sa plateforme, Solifin

Sevan Holemans, coordinateur de Solifin ©Frank Toussaint

Le secteur du financement socialement responsable commence à peser sur la place belge. Sept organisations actives dans différentes facettes de ce "marché" ont créé une plateforme commune, pour fédérer et aider les entrepreneurs et les investisseurs qui se reconnaissent dans la définition de l’investissement à impact.

L’investissement à impact gagne chaque jour du terrain. Ce mouvement cherche, pour rappel, à appliquer les principes du développement durable aux placements financiers: le résultat financier n’est plus seul à entrer en ligne de compte, il est complété par le souci d’atteindre un résultat social et/ou environnemental également.

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fondateurs
Les fondateurs de cette plateforme sont 7, parmi lesquels Credal, Scale-Up ou Triodos. Et les nouveaux membres se bousculent au portillon.

La nouvelle plateforme internet Solifin s’inscrit dans ce contexte. Lancée cette semaine par sept partenaires actifs dans la finance à impact en Belgique, elle entend réunir les entrepreneurs et les investisseurs en quête de financement ou de placement "pas uniquement financier".

L’objectif? Mieux informer les entrepreneurs sur les possibilités de financement alternatif existantes, d’une part, renforcer la collaboration entre les investisseurs à impact actifs sur la place et encourager les autres investisseurs à intégrer leurs pratiques, d’autre part. Il s’agit, en résumé, de créer tout un écosystème autour du financement éthique.

Déjà 9 partenaires

Les sept fondateurs de cette nouvelle plateforme sont la coopérative de crédit et placements éthiques Credal, le fonds à impact spécialisé dans l’alimentaire Scale-Up, le fonds à impact social de Piet Colruyt Si2 Fund, le fonds de financement citoyen et participatif Citizenfund, la banque durable Triodos, la plateforme de crowdfunding LITA. co et le fonds de développement local Village Finance.

Deux autres organisations les ont rejoints peu après la création de Solifin: les fonds à impact Change Fund et Oya Seed. Beaucoup de monde, en somme, qui représente différents métiers dans le financement: banque et crédit, fonds d’investissement, crowdfunding, fondations…

Charte éthique

Les membres ont signé une charte éthique, pour bétonner leurs engagements. Les nouveaux adhérents seront tenus d’en respecter les préceptes "dans un délai raisonnable".

Une fois par mois, nous organiserons des rencontres entre porteurs de projets et investisseurs. On cherchera, parallèlement, à favoriser le co-investissement entre nos membres.
Sevan Holemans
Coordinateur de Solifin

Le document prévoit, entre autres, qu’ils devront arriver à un taux d’au moins 50% de leurs fonds investis dans des projets à impact ou socialement responsables. "Il faut aussi que chaque entreprise membre ait dans son objet social un objectif sociétal ou environnemental", précise Sevan Holemans, le coordinateur de Solifin. "Certains membres se montrent plus radicaux que d’autres en termes d’impact", ajoute-t-il. Ce qui est logique et ne peut qu’enrichir les débats.

La plateforme ne servira pas uniquement à mieux informer sur l’existence de cet écosystème, elle aura aussi pour fonction d’attirer les projets. Car, si ses initiateurs veulent "accompagner l’entrepreneur dans sa compréhension des différents outils de financement existants", ils se proposent aussi de le coacher et de contribuer à accélérer son éventuelle levée de fonds. "Une fois par mois, nous organiserons des rencontres entre porteurs de projets et investisseurs. On cherchera, parallèlement, à favoriser le co-investissement entre nos membres", précise Sevan Holemans.

Nouveaux membres: on se bouscule

La porte de Solifin est maintenue grande ouverte: son comité éthique, constitué de professeurs et de conseillers externes, examinera les candidatures. Quant au conseil d’administration de l’ASBL Solifin créée en juillet dernier, il compte aujourd’hui huit personnes, parmi lesquelles Piet Colruyt (SI2, Impact Capital), Étienne de Callataÿ, le président d’Orcadia Asset management, ou encore Thomas Van Craen, le directeur général de la banque Triodos.

Précisons, pour être complet, que le comité d’éthique s’est déjà réuni et a agréé quatre nouveaux membres: le fonds des générations futures SE’nSE Fund, les sociétés de gestion de portefeuille à impact PhiTrust et Kois Invest, ainsi que le fonds flamand pour entreprises socialement engagées Trividend. Et on se bouscule manifestement au portillon, puisque sept autres organisations frappent déjà à la porte

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