"La consolidation en Belgique ne se fait pas au rythme qu'on pourrait en attendre"

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Dans le cadre de la publication de résultats trimestriels solides, Bart de Smet, le patron d'Ageas a répondu à nos questions et s'exprime sur la participation de 25% détenue par BNP Paribas dans AG Insurance.

Si les encaissements de prime d'Ageas au premier trimestre s'affichent en recul de 6% au premier trimestre, le résultats de l'assurance grimpe, lui de 35% à 299 millions et dépasse largement les attentes des analystes (lire ci-dessous)

L’année démarre fort. Que peut-on en déduire pour la suite?

C’est un excellent trimestre. Mais chaque trimestre a ses éléments exceptionnels. Dans le cas présent, il y a eu les intempéries au Royaume-Uni et en Belgique, qui ont un impact négatif de 40 millions d’euros. D’autre part, nous avons enregistré 103 millions d’euros de plus-values sur les actions et l’immobilier, sur un total 150 à 200 millions d’euros planifiés cette année. Donc, il ne faut extrapoler sur douze mois le bénéfice net trimestriel de l’assurance, soit 299 millions d’euros. On ne peut pas faire " x4 ".

Il reste toujours cette grosse inconnue : BNP Paribas va-t-il vendre ou pas les 25% qu’il détient dans AG Insurance, le pôle belge d’Ageas?

On a été patients sur ce point depuis que cette option ‘put’ a été convenue, en 2009. On patientera bien encore pendant le mois et demi qu’il reste avant d’être fixé (ndlr, l’option devient caduque le 30 juin). Cela relève de la cuisine interne de BNP Paribas, je n’y suis pas. Mais selon nous, la probabilité la plus élevée est le statu quo : BNP ne vend pas ses 25% dans AG et ne résilie pas l’accord de distribution de nos produits dans son réseau bancaire belge. Car la collaboration est bonne. On y verra bientôt clair. Nous estimons ces 25% à 1,45 milliard d’euros. Si BNP Paribas devait vendre, nous utiliserons pour partie notre cash disponible (environ 900 millions d’euros, après avoir isolé les montants prévus pour l’accord à l’amiable sur Fortis) et pour partie de la dette en faisant appel au marché.

La vente récente de Generali Belgium est-elle le début d’une consolidation sur le marché belge?

Quand on voit la hausse des contraintes réglementaires et des besoins en capitaux, j’imagine que cela devient difficile à supporter pour des compagnies de taille petite à moyenne. Donc, la consolidation est l’évolution la plus logique pour le marché belge. Mais il faut bien constater que les opportunités ne sont pas nombreuses. Il y a eu Generali oui mais, pour le moment, il n’y a pas d’autres dossiers d’une certaine importance sur la table. La consolidation en Belgique ne se fait pas au rythme qu’on pourrait en attendre. Vu notre position de leader sur le marché belge, nous regardons par principe tout ce qui est à vendre en Belgique. Mais regarder ne veut pas dire acheter. De manière générale, les prix sont d’ailleurs très élevés actuellement en matière de fusions / acquisitions. En ce moment, il vaut mieux être vendeur qu’acheteur, semble-t-il.

La Chine dope Ageas

A l’issue des trois premiers mois de l’année, le groupe d’assurances Ageas a enregistré un encaissement de prime en repli de 6% à 11,9 milliards d’euros. L’encaissement du groupe (part d’Ageas) atteint 4,5 milliards d’euros (-5%).

Le résultat net de l’assurance a grimpé de 35% à 299 millions d’euros, soit très nettement au-dessus des attentes des analystes (201 millions). Cela s’explique par un résultat en vie exceptionnellement élevé en Asie et des résultats opérationnels solides sur tous les segments malgré des conditions météo défavorables en Belgique et au Royaume-Uni, précise Ageas.

Au niveau des activités vie, si l’encaissement accuse un repli de 7% à 10,15 milliards, le bénéfice, lui, bondit de 50% à 252 millions d’euros. Le ratio combiné (décaissements pour les activités d’assurances par rapport aux encaissements) atteint 98,8% contre 98,3%. De son côté, le résultat net du compte général (héritage Fortis, principalement) divise sa perte par deux à 52 millions d’euros contre 112 millions un an plus tôt. Le total des actifs liquides de ce poste atteint 1,7 milliard d’euros contre 1,8 milliard fin 2017.

Au niveau géographique, l’assureur a vu l’encaissement progresser de 5% en Belgique à 1,54 milliard d’euros. Mais le résultat net a été impacté par la météo. Il se contracte de 4% à 136 millions d’euros. En Asie, l’encaissement s’élève à 8,4 milliards d’euros (-9%). Le bénéfice s’envole de 140% à 52 millions porté par un résultat exceptionnellement élevé en Chine.

Ageas ne donne pas de prévisions pour l’ensemble de l’exercice. Rappelons, toutefois, que dans le contexte de la procédure du règlement de l’affaire Fortis, la Cour d’appel d’Amsterdam statuera le 13 juillet prochain sur le caractère contraignant de ce règlement.

 

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