La fintech néerlandaise Adyen va intégrer l’Euro Stoxx 50

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La start-up rejoindra la première division boursière européenne le 21 septembre, forte d'une capitalisation dépassant les 42 milliards d'euros.

La reconfiguration du secteur financier se poursuit. Ce mardi, on apprenait que la fintech néerlandaise Adyen va faire son entrée au sein de l’indice Euro Stoxx 50, qui compile les cinquante plus grosses capitalisations boursières de la zone euro. Dans un mouvement inverse, Société Générale et BBVA, deux institutions dont l’histoire remonte au XIXe siècle, sont boutées hors de l’index de référence.

Fondée en 2006 à Amsterdam, Adyen est une entreprise technologique spécialisée dans les services liés aux paiements, plus particulièrement ceux effectués en ligne pour des géants du web tels Netflix, Facebook ou encore Uber.

42
milliards d'euros
Adyen pèse aujourd'hui plus de 42 milliards d'euros, soit davantage que ING et ABN Amro réunis.

En moins d’une quinzaine d’années, la start-up est devenue le leader du paiement en ligne en Europe. Après avoir dépassé le milliard de dollars de valorisation en 2015, la licorne a franchi le pas boursier en juin 2018. À l’époque, il s’agissait de la plus grosse IPO réalisée à Amsterdam depuis la réintroduction en bourse d’ABN Amro en 2015. Avec une action dont le prix avait été fixé à 240 euros, Adyen pesait alors pas moins de 7,1 milliards d’euros.

Actuellement, la fintech vaut pas moins de 42 milliards d’euros en capitalisation boursière, soit davantage que les deux mastodontes bancaires bataves ING et ABN Amro réunis. En deux ans, le cours du titre Adyen a été multiplié par six, pour une valeur de plus de 1.400 euros aujourd’hui. Une trajectoire fulgurante dans laquelle les investisseurs semblent garder confiance.

"Recommencer"

Derrière cette success-story se cachent Pieter Van der Does et Arnout Schuijff, qui demeurent aujourd’hui respectivement CEO et CIO de l’entreprise. Après avoir revendu sa société Bibit à la Royal Bank of Scotland en 2004 (qui a aujourd’hui été absorbée dans la galaxie WorldPay), Pieter Van der Does est en quête d’un nouveau projet mariant finances et nouvelles technologies.

Pieter Van der Does, CEO d'Adyen. ©Bloomberg

Constatant la vétusté des infrastructures de l’époque, ils développent une nouvelle plateforme permettant de se connecter directement à la fois aux réseaux des géants mondiaux de la carte ainsi qu’aux systèmes de paiement locaux. Adyen, qui signifie "recommencer" en sranan, une langue surinamienne, est née.

L’entreprise va progressivement prendre pied en Europe d’abord, aux États-Unis et sur tout le continent américain ensuite, avant le reste de la planète enfin. Basée sur la Silicon Island d’Amsterdam aux côtés de TakeAway, TomTom et Booking, Adyen est aujourd’hui la vedette de l’économie néerlandaise. Son CEO pèse quant à lui 2,2 milliards d’euros selon le classement des fortunes mondiales établi par le magazine Forbes.

Le mauvais exemple Wirecard

En tant qu’opérateur de paiements en ligne, Adyen a su tirer profit de la pandémie et du confinement conséquent. Au cours des six premiers mois de l’année, l’entreprise a enregistré une hausse de 23% du nombre de transactions traitées par rapport au premier semestre de l’année passée. Une performance qui ne devrait pas tempérer l’enthousiasme des investisseurs à son égard.

Ceux-ci ont pourtant en mémoire la très récente faillite de Wirecard, la fintech allemande qui avait fait tomber Commerzbank de son piédestal boursier en 2018. Concurrente d’Adyen sur le marché des paiements en ligne, l’entreprise a connu un développement similaire à celui de sa consœur néerlandaise à plusieurs égards, notamment dans la hausse exponentielle du cours de son action, avant de s’effondrer dans un scandale politique, financier et judiciaire dont l’onde de choc se fait encore ressentir aujourd’hui outre-Rhin.

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