La pandémie redéfinit la gestion des risques en entreprises

Avec le recours massif au télétravail, les entreprises sont plus vulnérables aux rançongiciels (ransomewares). ©PHOTOPQR/LA MONTAGNE/MAXPPP

Début 2020, à peine 27% des entreprises avaient un plan d'attaque en cas de pandémie. Aujourd'hui, le risque cyber constitue l'une des priorités.

Au début de l'année passée, le risque pandémique ne figurait pas parmi les priorités des entreprises. En Europe, seulement 27% d'entre elles disposaient d'un plan d'attaque face à un tel cas de figure, ressort-il d'une enquête mondiale menée par le courtier et spécialiste de la gestion du risque Aon. Une proportion bien plus faible qu'en Asie, par exemple, où la moitié des sociétés étaient parées, fortes de l'expérience des épidémies antérieures de SRAS ou de grippe porcine.

89%
des entreprises
À ce jour, 89% des entreprises ont mis sur pied une task force chargée d'élaborer des plans pour pouvoir répondre à une pandémie.

Des secteurs se sont également montrés mieux préparés que d'autres. Il n'est ainsi pas étonnant de voir qu'un quart des sociétés actives dans le secteur pharmaceutique avaient inclus le risque pandémique comme un des dix plus importants. A contrario, elles n'étaient que 11% dans le secteur hospitality (hôtellerie, restaurant, événementiel, etc.). "Les sociétés mieux préparées n'ont pas pour autant toujours mieux réagi", nuance Bart Van Gysegem, Major Accounts Director chez Aon Belgium.

Risque structurel

Dorénavant, le risque pandémique est considéré comme structurel. Pas moins de 89% des entreprises ont ainsi mis sur pied une task force chargée d'élaborer des plans pour pouvoir y répondre. La priorité de ces groupes de travail est souvent axé sur l'opérationnel, mais le bien-être des employés fait également figure de priorité.

Une autre conséquence de la crise sanitaire est une redéfinition de l'approche des risques pour un tiers des sociétés du Vieux Continent. "Trois priorités ressortent: la protection des gens et des biens; le maintien des revenus; le contrôle des coûts", précise Bart Van Gysegem.

"Il y a dix ans, personne ne s'assurait contre le risque cyber, aujourd'hui, c'est le déluge!"
Bart Van Gysegem
AON

Importance croissante du risque cyber

Le risque cyber fait dorénavant l'objet d'une attention particulière. "Il y a dix ans, personne ne s'assurait contre cela, aujourd'hui, c'est le déluge!", constate Bart Van Gysegem. Le recours massif au télétravail constitue un risque supplémentaire pour les entreprises, qui deviennent notamment vulnérables aux rançongiciels (ransomewares).

"Les pertes d'exploitations qui y sont liées explosent. Dans la moitié des cas, l'entreprise paie la rançon, car cela revient moins cher que de devoir redémarrer tout son système", explique l'expert. "Cela a évidemment un effet pervers, car chaque euro versé à ces hackers encourage ce type de criminalité."

Et le risque, en l'occurrence, est énorme. Au niveau mondial, il représenterait quelque 6.000 milliards de dollars. "On constate déjà une augmentation des primes, qui pourraient même doubler", pointe Bart Van Gysegem.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés