Le courtier Wilink passe sous pavillon français

Alors que les actionnaires du courtier possédaient 35% de Century 21 depuis l’été 2017, ils s'en sont désengagés l'an dernier après avoir mis le doigt sur ce qu’ils ont qualifié d’irrégularité dans la gestion de l'enseigne. ©Photo News

Un fonds d'investissement lié à la banque Lazard est devenu actionnaire majoritaire de l'un des plus importants courtiers en assurances du pays, basé à Ottignies.

Nouvelle étape dans la vie du wallon Wilink Insurance, l'un des plus importants courtiers en assurances pour particuliers, indépendants et PME du pays. Le fonds d'investissement français LFPI, déjà actif en Belgique, en est en effet devenu l'actionnaire majoritaire, fort d'une prise de participation de 51%, a-t-on appris en ce début de semaine.

Basé à Ottignies-Louvain-la-Neuve, Wilink opère aujourd'hui une quinzaine de bureaux, pour un réseau d'environ 130 agents actifs dans toute la Belgique.

L'année dernière, la société réalisait un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros pour un excédent brut d'exploitation (ebitda) de 4,7 millions d'euros. Un chiffre qui devrait, malgré le contrecoup du Covid-19, passer à 35 millions d'ici la fin de l'année suite au récent rachat de deux bureaux supplémentaires.

Les branches planification immobilière et financière ne sont, elles, pas concernées par l'opération. Elles avaient été développées en parallèle du cœur de métier dans une volonté de voir le groupe se muer "en guichet unique" pour ses clients.

Les 49% du capital restant de la filiale reviennent principalement aux actionnaires existants (issus du regroupement de différents bureaux), quand une partie (5%) est octroyée au management.

Consolidation du marché

L'objectif de ce nouveau développement? Aider Wilink à croître plus rapidement, notamment par une stratégie externe ciblée. Après tout, la consolidation s'est révélée être un driver important sur le marché belge du courtage d'assurance ces dernières années. En effet, en raison des coûts d'investissement croissants associés à la numérisation et à la réglementation, de plus en plus de petits et moyens acteurs remettent aujourd'hui leur entreprise.

Pour autant, rentrer dans cette danse est aujourd'hui risqué pour toute entreprise ne disposant pas d'une connaissance locale du marché. C'est là que Wilink peut donc tirer son épingle du jeu par rapport à un Marsh ou un Aon.

Prise de galon en 2014

Son poids actuel sur le marché, le groupe néo-louvaniste le doit à la fusion en 2014 de trois courtiers: Elitis, FINB et le family office gantois BFO.

"Nous voulons maintenant acquérir des courtiers en Flandre, où nous sommes peu présents."
Dominique Dejean
CEO de Wilink

Depuis lors, la société mise à la fois sur une croissance organique, mais également sur un développement par acquisitions. "Nous voulons maintenant acquérir des courtiers en Flandre, où nous sommes peu présents", explique Dominique Dejean, CEO de Wilink.

Son entreprise se targue de collaborer avec toutes les grosses compagnies d’assurance du royaume, mais plus étroitement encore avec AXA. "Cet assureur est surpondéré dans notre portefeuille à la suite de plusieurs acquisitions, et la coopération se passe main dans la main", explique Dominique Dejean. "AXA nous voit comme un partenaire de croissance."

L’année passée, Wilink a fait parler d'elle en raison de son fracassant retrait du capital de l’agence immobilière Century 21. Les actionnaires majoritaires de celle-ci avaient utilisé une clause leur permettant une levée d'options sur les actions de Wilink, les ejectant de facto du groupe. Le courtier possédait 35% de l'enseigne depuis l’été 2017 et avait réclamé la suspension de ce rachat d’actions, estimant que les conditions n’étaient pas réunies pour mener l'opération, ce que Century 21 contestait. Après un passage devant le tribunal de l'entreprise de Nivelles, un accord à l’amiable avait finalement été conclu entre les parties de par lequel Wilink a cédé ses parts.

Deuxième deal pour LFPI

De son côté, LFPI est un poids lourd de la gestion d’actifs en Europe, avec près de 5 milliards d'euros sous gestion.

Surtout réputée pour ses activités en private equity, la société française est associée à la banque d'investissement française Lazard. Elle a déjà réalisé une opération chez nous, en devenant l'actionnaire majoritaire de la société de location et de distribution de grues Arcomet (Hasselt) - dont Sofina est actionnaire (14,9%) -, devenue Uperio après fusion l'an dernier avec son homologue français Matebat, numéro un du marché hexagonal.

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