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Le coût des inondations va dépasser la barre du milliard d'euros

KBC, Belfius et AG Insurance avancent déjà une première estimation totale de 562 millions d'euros de leurs coûts liés aux inondations. ©Photo News

Toutes les compagnies d'assurance n'ont pas encore terminé l'estimation des coûts de ces inondations. La facture s'élève déjà à 562 millions pour seulement trois compagnies.

Alors que les discussions sur la répartition de la charge des inondations se poursuivent entre la Région wallonne et le secteur des assurances, la facture totale de cette catastrophe se précise de jour en jour.

La semaine dernière, KBC et Belfius faisaient grimper le compteur à 162 millions. Désormais, AG Insurance fait état d'une estimation à 400 millions d'euros des coûts de ces inondations auprès de ses clients. L'impact net (après impôts et réassurance) s'élève pour l'assureur à 55 millions d'euros, contre 41 millions pour KBC et 35 millions pour Belfius.

562
millions d'euros
KBC, Belfius et AG Insurance avancent déjà une première estimation totale du coût de ces inondations à 562 millions d'euros.

Ethias n'a pas encore fourni de chiffres, alors que le groupe Axa s'est limité à indiquer que pour l'ensemble de l'Europe, la facture de ces intempéries s'élevait à 400 millions d'euros.

"Il reste encore une marge d'incertitudes, mais sur la base des informations actuelles, on devrait arriver à des centaines de millions d'euros et, à terme, dépasser la barre du milliard d'euros", affirme Wauthier Robyns, d'Assuralia.

Une solution au plus vite

"Les discussions se poursuivent sans blocage, mais il est nécessaire d'avoir toutes les précisions sur les engagements des deux parties. Nous espérons au plus vite une solution pour plus de clarté pour les sinistrés."
Wauthier Robyns
Assuralia

L'enjeu des discussions entre le monde politique et le secteur revêt donc un caractère de plus en plus important.

En acceptant d'introduire une couverture catastrophe naturelle dans ses polices d'incendie risques simples, le secteur de l'assurance attendait des autorités leur intervention en cas de sinistre dépassant les 375 millions d'euros. A elle seule, AG Insurance dépasse déjà ce plafond

Alors que ces inondations entraînent pour la première fois l'application de ce mécanisme, le ministre-président wallon Elio Di Rupo avait lancé un appel aux compagnies d'assurance pour qu'elles interviennent au-delà de ce plafond.

"Les discussions se poursuivent sans blocage, mais il est nécessaire d'avoir toutes les précisions sur les engagements des deux parties. Nous espérons au plus vite une solution pour plus de clarté pour les sinistrés."

Hans De Cuyper, le CEO d'Ageas, parle lui d'une volonté d'arriver à "un accord ambitieux pour tout le secteur au bénéfice des assurés".

Selon nos informations, le gouvernement wallon étudierait actuellement une proposition du secteur.

Dans une lettre parvenue ce jour aux assureurs, le ministre-président Elio Di Rupo indique tout au plus que le gouvernement reviendra vers eux une fois la décision prise, sans autre précision sur un éventuel timing.
Auprès du cabinet d'Elio Di Rupo, on se refuse à tout commentaire.

"Il ne s'agit pas d'un accord simple", entend-on, avec en toile de fond une question sous-jacente sur ce qui sera réellement pris en charge par le fonds des calamités.

"Ce type d'événement va devenir de plus en plus cher et de plus en plus fréquent. Nous devons nouer un partenariat fort avec les autorités à ce sujet."
Hans De Cuyper
CEO d'Ageas

Le contenu d'un immeuble sinistré, mais pas assuré par le locataire sera-t-il indemnisé? Et si tel est le cas, quelle sera la règle? Trancher sur cette question d'éligibilité est essentiel, mais compliqué.

Rappelons que ces discussions sur la répartition des charges ne portent que sur les montants estimés pour les seules polices incendies risques simples. Les sinistres automobiles et ceux observés par les entreprises (autres que le risque simple) seront à charge uniquement des compagnies d'assurance.

Besoin de s'adapter

Après les inondations dramatiques du mois dernier et au surlendemain de la publication d'un nouveau rapport alarmiste du GIEC, Hans De Cuyper part de toute façon du principe que la loi devra être modifiée pour s'adapter au nouveau contexte induit par la crise climatique.

"Ce type d'événement va devenir de plus en plus cher et de plus en plus fréquent. Nous devons nouer un partenariat fort avec les autorités à ce sujet." Il réaffirme l'engagement de son entreprise à être à l'avant-garde de ce combat.

Résultats décevants pour Ageas

Les chiffres semestriels d'Ageas, qui ne tiennent donc pas compte des inondations de juillet, indiquent que le groupe assurantiel a réalisé un résultat net de 407 millions d'euros sur cette période. C'est moins que les prévisions des analystes, qui tablaient en moyenne sur un résultat s'élevant à 447 millions d’euros. 

Au cours du deuxième trimestre, les encaissements du groupe ont progressé de 19%, passant de 8,1 milliards d'euros à 9,6 milliards d’euros.

Malgré ces chiffres, l'impact à venir des intempéries et un environnement de taux moins favorable qu'escompté, l'entreprise reste confiante dans sa capacité à atteindre un objectif de bénéfice net sur l'ensemble de l'exercice fixé entre 850 et 950 millions d'euros. Après la publication des résultats du premier trimestre, Ageas misait sur 900 à 950 millions d'euros.

Ageas annonce par ailleurs un nouveau programme de rachat d'actions ordinaires, pour un montant de 150 millions d'euros. Le programme sera lancé le 1er septembre pour se clôturer le 29 juillet 2022.

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