Le personnel d'Allianz se dit épuisé, la direction répond par 75 pertes d'emplois

Wilfried Neven, CEO d'Allianz Benelux, affirme que si ces pertes d'emplois ne sont pas un "non-event", il ne s'agit pas d'une grosse restructuration non plus. ©Photo News

Le personnel d'Allianz Benelux pointait la semaine dernière un manque d'effectif. Aujourd'hui la direction leur répond par une annonce de suppression de 75 emplois en 3 ans.

Il y a une semaine le personnel d'Allianz Belgique dénonçait auprès de la direction le manque d'effectif et l'état d'épuisement dans lequel il était. Jusqu'à présent, ils affirmaient que la seule réponse de la direction était de voir des salariés toujours plus flexibles.

Il semble aujourd'hui que la direction entend encore accroître cette flexibilité. Elle a annoncé lors d'un conseil d'entreprise sa volonté de se défaire en trois ans de 75 emplois.

Je ne veux pas dire qu'il s'agit d'un non-event. Mais il ne s'agit pas non plus d'une grosse restructuration.
Wilfried Neven
directeur d'Allianz Benelux

"Je ne veux pas dire qu'il s'agit d'un non-event", souligne Wilfried Neven, directeur d'Allianz Benelux. "Mais il ne s'agit pas non plus d'une grosse restructuration. Nous avons lancé un plan similaire il y a trois ans où 75 emplois avaient aussi été supprimés en trois ans. Nous annonçons donc aujourd'hui que 25 emplois disparaîtront chaque année via des départs naturels et des licenciements."

Question de timing

Les raisons évoquées pour expliquer cette réduction d'effectif? Elles sont les mêmes que celles avancées par les autres acteurs financiers: contexte de taux faibles, réglementation de plus en plus coûteuse, la digitalisation.

Le timing de cette annonce reste toutefois surprenant après l'appel lancé la semaine dernière par le personnel.  La nouvelle passe donc mal auprès des syndicats. "C'est une décision irresponsable", lance Ben Bellens, syndicaliste chrétien. "Le management nie la réalité et croit aveuglément que l'automatisation facilitera le flux du travail. Il y a bien des projets en cours, mais à court et moyen termes, il n'y a pas de solutions. Les plateformes IT actuelles nous ralentissent. Beaucoup de services sont confrontés à des retards."  

Wilfried Neven reconnaît le problème, mais ajoute qu'Allianz a déjà fait beaucoup d'efforts pour résorber ce retard. "Trois départements ont récemment travaillé pendant trois samedis pour résoudre ce problème et ramener nos services à un niveau normal."

Il ajoute avoir indiqué au conseil d'entreprise que des embauches seraient prévues à court terme dans certains départements. "C'est donc une histoire de plus et de moins." 

Pour les syndicats ces promesses sont vaines et arrivent trop tard. "Allianz n'est plus un employeur, c'est une machine à cash qui ne fonctionne que pour les actionnaires sans se soucier du personnel." De nouvelles actions ne sont pas exclues.

Mardi, le personnel d'ING organisait des actions afin de dénoncer les mêmes conditions dans lequel il doit travailler.

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