Le propriétaire de Nagelmackers et Fidea repris en mains par Pékin

©REUTERS

Le troisième assureur chinois, Anbang, est accusé de pratiques commerciales illégales qui mettent en danger sa solvabilité. Les autorités chinoises ont de ce fait pris le contrôle du groupe, sans pour autant nationaliser le capital.

Quel avenir pour l'assureur Fidea et la banque Nagelmackers? Le groupe chinois d'assurances, Anbang, propriétaire des deux enseignes belges, vient de passer sous le contrôle des autorités chinoises. Une mesure radicale destinée à enrayer les risques financiers dans la deuxième économie mondiale; et ce alors que le groupe est accusé de pratiques commerciales illégales.

"Des pratiques commerciales illégales chez Anbang Insurance Group ont gravement mis en danger la solvabilité de l'entreprise", a expliqué la Commission chinoise de régulation des assurances en annonçant la mise sous tutelle du groupe. Ce dernier est emblématique de la frénésie chinoise d'achats à l'étranger. Outre la reprise des deux sociétés belges, il avait aussi beaucoup fait parler de lui en 2014 en s'emparant du Waldorf Astoria, mythique palace new-yorkais.

Son fondateur, Wu Xiaohui, qui avait démissionné en juin dernier officiellement pour "raisons personnelles", est poursuivi pour "crimes économiques".

Pour le patron d'Anbang Belgique, "Nagelmackers et Fidea sont en sécurité"

"La Banque Nagelmackers et Fidea sont bien capitalisées et complètement opérationnelles", nous explique Tim Rooney, le patron d'Anbang Belgique, le holding où sont regroupées les activités belges d'Angbang. "Il n'y a pas d'impact pour les travailleurs, ni pour les clients", rassure encore Tim Rooney. "C'est 'business as usual'. La presse internationale aime se concentrer sur l'impact de la politique chinoise sur les entreprises, mais rien ne change vraiment. Il est vrai que Anbang a été placé sous le contrôle des autorités chinoises, mais celles-ci veulent que toutes les activités se poursuivent comme avant.

Tim Rooney indique encore que la holding belge "opère indépendamment de la Chine". Toutefois, on peut se demander si la maison-mère Anbang peut, en tant que propriétaire titulaire, ne pas se soustraire au capital de l'exploitation? "Techniquement, cela serait possible", admet Rooney, "mais je ne m'attends pas à de telles choses. La Banque nationale ne le permettrait pas non plus.  

Une première

Anbang est le premier groupe chinois à faire l'objet d'une mesure aussi radicale. Pékin avait ordonné fin 2016 à plusieurs grandes entreprises du pays de réduire leurs investissements "irrationnels" à l'étranger et leurs dettes.

Dans le collimateur du régime communiste, quatre "rhinocéros gris", comme les a surnommés la presse chinoise, des entreprises connues pour leur endettement inquiétant:

  • Anbang
  • Wanda (immobilier, divertissement)
  • HNA (aéronautique, logistique) 
  • Fosun (finance, pharmacie), propriétaire du Club Med et tout récemment de Lanvin.

"Les autorités veulent résoudre les problèmes d'Anbang sans mettre en danger l'ensemble du système", a commenté Zhou Hao, économiste à la Commerzbank à Singapour. "Tout bien pesé, c'est la meilleure chose à faire."

La prise de contrôle d'Anbang, d'une durée initiale d'un an éventuellement reconduite une fois, ne s'accompagne pas d'une nationalisation du capital, l'assureur devant continuer à fonctionner comme un groupe privé, selon le communiqué. Pour l'heure, les autorités ne semblent pas exiger la vente d'actifs étrangers.

Qui est Anbang?

Fondé en 2004, Anbang est passé en quelques années du statut de simple assureur spécialisé dans l'immobilier et l'automobile à celui de géant financier international.
Ces dernières années, il s'est lancé dans une série de rachats:

  • L'hôtel Waldorf, racheté pour la somme record de 1,95 milliard de dollars
  • L'assureur sud-coréen Tong Yang Life
  • L'assureur néerlandais Vivat 
  • L'assureur belge Fidea (ex-KBC)
  • La banque belge, Nagelmackers, acquise en 2015 à Delta Lloyd.

La situation économique d'Anbang est "globalement stable", assure la Commission de régulation des assurances.

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