Les fintechs belges ont déjà levé plus de 350 millions d'euros en 2020

Jean-Louis Van Houwe, le président de FinTech Belgium, veut une Belgique plus ambitieuse. ©Photo News

Ce montant record s'explique surtout par l'IPO d'UnifiedPost. Le président de la fédération sectorielle estime qu'avec davantage de soutien politique, la Belgique pourrait faire beaucoup mieux.

"La fintech reste un secteur sous-évalué en Belgique, alors que nous avons un excellent historique en termes de banque numérique. Pourtant, notre potentiel est énorme!" La sentence peut surprendre dans la bouche de Jean-Louis Van Houwe, le président de l'association FinTech Belgium, alors que le secteur a déjà levé plus de 368 millions d'euros cette année, soit une augmentation de plus de 600% par rapport à 2019.

368
millions d'euros
Les fintechs belges ont déjà levé 368 millions d'euros de capitaux cette année.

Ce montant impressionnant doit cependant être relativisé. L'introduction à la Bourse de Bruxelles de UnifiedPost en septembre dernier constitue la plus grosse partie de cette somme. La start-up spécialisée dans la numérisation des factures avait alors levé à elle seule plus de 250 millions d'euros.

La croissance de la fintech, qui inclut également ici les insurtech et les regtech, ne se dément cependant pas. En 2018, les levées de capitaux avaient quasiment atteint 57 millions d'euros, tandis que la barre avait encore grimpé à plus de 62 millions d'euros l'année passée. Depuis 2000, près de 890 millions d'euros ont ainsi été investis dans les fintechs belges.

Secteur en plein boom

Au niveau mondial, les investissements dans le secteur vont chatouiller les 150 milliards de dollars cette année, essentiellement drainés par les États-Unis et la Chine. L'Europe capte quant à elle quelque 33 milliards d'euros de ce montant.

Cela fait de la fintech la première destination des capitaux sur le vieux continent dans le domaine technologique. Pourtant, en Belgique, elle ne constitue que le quatrième secteur en termes de fonds canalisés, loin derrière la healthtech.

"Le politique ne montre pas assez d'intérêt pour la fintech", juge Jean-Louis Van Houwe. "Pourtant, c'est un secteur terriblement attrayant où la Belgique dispose de nombreux atouts!" Il rappelle notamment que les applications mobiles de KBC et Belfius figurent parmi les meilleurs du continent selon plusieurs études de marché.

"Il y a vingt ans, la Belgique était en pointe dans le domaine de la fintech. Depuis lors, nous sommes en train de perdre notre leadership. Nous nous sommes reposés sur nos lauriers."
Jean-Louis Van Houwe
Président FinTech Belgium

Le Brexit constitue à ses yeux une occasion manquée. Bruxelles n'a ainsi pas été en mesure de se mettre en avant pour attirer les nombreux acteurs qui doivent se repositionner s'ils veulent continuer à opérer au sein de l'Union européenne. Alors que des acteurs historiques d'importance mondiale comme Swift ou Euroclear sont basés en Belgique, les nouveaux entrants regardent ailleurs.

"Il y a vingt ans, la Belgique était en pointe dans le domaine de la fintech. Depuis lors, nous sommes en train de perdre notre leadership. Nous nous sommes reposés sur nos lauriers", déplore-t-il. La complexité institutionnelle du royaume, ainsi que l'instabilité législative figurent parmi les raisons de ce désamour.

Perspectives d'avenir

Actuellement, ce sont surtout les insurtechs qui ont le vent en poupe en Belgique. "C'est assez normal, le secteur de l'assurance a une dizaine d'années de retard sur le secteur bancaire en termes de numérisation", commente-t-il.

La regtech est elle aussi en fort développement depuis maintenant quelques années, notamment avec l'avènement de la nouvelle directive européenne sur les services de paiement. "Le sens de l'histoire va vers plus de régulation, en particulier dans le monde de la finance, où il s'agit de protéger le consommateur et les entreprises."

Le contexte très particulier de la pandémie a accéléré l'adoption des nouvelles technologies par les consommateurs, et le mouvement ne va sûrement pas s'inverser. De quoi aiguiser l'appétit des fintechs belges. "La Belgique devrait être en mesure de capter 3% des investissements européens dans le secteur", estime Jean-Louis Van Houwe. Si c'était le cas, cela représenterait un milliard d'euros cette année.

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