Les nouveaux administrateurs d'Ethias doivent passer au screening de la BNB

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Myriam van Vaerenbergh, Marc Descheemaecker, Philippe Donnay et Bruno van Lierde subiront une évaluation approfondie en septembre, avec la collaboration d’un consultant externe.

Les quatre nouveaux administrateurs non exécutifs désignés récemment au conseil d’administration (CA) d’Ethias vont devoir subir une évaluation approfondie en septembre prochain avant d’être confirmés pour de bon dans leur mandat.

Selon nos informations, la Banque nationale (BNB) a expressément demandé cette évaluation des nouveaux administrateurs dans un courrier du 26 avril 2017. "Toute nouvelle nomination ou tout renouvellement de mandat d’administrateur doit faire l’objet d’un screening de la BNB. La Banque nationale peut demander un entretien individuel avec un candidat administrateur, mais ce n’est pas systématique", nous a confirmé Benoît Rigo, porte-parole d’Ethias.

"Toute nouvelle nomination d’administrateur doit faire l’objet d’un screening de la BNB."
benoît Rigo
porte-parole d’Ethias

Ce screening est le fameux dossier "fit and proper" qui doit garantir que les candidats à un poste d’administrateur disposent des compétences adéquates (fit) et de l’honorabilité requise (proper) pour exercer convenablement le mandat. Pour ce faire, ils doivent fournir une version la plus détaillée possible de leur CV et un extrait de leur casier judiciaire. Ils doivent aussi indiquer s’ils ont été licenciés dans un emploi pour faute grave. Dans le cas des quatre nouveaux administrateurs qui viennent d’être désignés, la question ne se pose pas. Les deux administrateurs néerlandophones, Myriam van Vaerenbergh (étiquetée CD & V) et Marc Descheemaecker (N-VA) sont déjà membres du conseil d’administration de Vitrufin, la holding qui chapeaute jusqu’à présent l’assureur Ethias SA et dont la suppression est programmée dans le cadre d’une réforme des structures du groupe.

Casier judiciaire vierge

La première devrait d’ailleurs occuper le fauteuil présidentiel du CA d’Ethias. Elle est notamment administrateur du régulateur flamand des médias depuis 2008 (Vlaamse regulator voor media) et trésorière de la "European women lawyers association" depuis 2009. Le second, ancien CEO de la SNCB (et aujourd’hui administrateur du transporteur ferroviaire), est aussi président du CA de De Lijn, administrateur de la BEI et président de Brussels Airport Company (le gestionnaire de l’aéroport national).

Les deux nouveaux administrateurs francophones affichent également un bon CV et un casier judiciaire sans tache. Philippe Donnay, présenté comme administrateur indépendant, a été directeur de cabinet de l’ex-vice-Première ministre Joëlle Milquet (cdH, Intérieur et Égalité des chances) de 2008 à 2013. Il est aujourd’hui commissaire au Plan. Le second francophone, Bruno van Lierde, est juriste et économiste. Il a été directeur général du Boston Consulting Group de 1980 à 2016. Présenté en qualité d’administrateur indépendant, il est pressenti pour présider le comité d’audit et de risques d’Ethias.

Manque de femmes au CA

Le comité de nomination et de rémunération a approuvé la candidature des 4 nouveaux administrateurs à l’unanimité. Quant à leur évaluation approfondie, elle devrait être réalisée avec la collaboration d’un consultant externe. Il est aussi proposé que les administrateurs non exécutifs soient soumis à une évaluation classique une fois par an, avant le conseil d’administration qui doit convoquer l’assemblée générale ordinaire.

Une évaluation approfondie sera réalisée tous les 3 ans ou lors du renouvellement d’un mandat. Les membres du comité de nomination et de rémunération feront également l’objet d’évaluations approfondies.

Dans le cadre des nouvelles règles de gouvernance chez Ethias, les organes viennent de fixer les rémunérations du nouveau CEO Philippe Lallemand et des autres membres du comité de direction (lire ci-dessous). L’assureur a aujourd’hui du mal à trouver des femmes pour occuper des mandats d’administrateurs non exécutifs. "On attend que nos actionnaires nous en proposent", dit-on chez Ethias.

409.715 euros pour Philippe Lallemand

Selon nos informations, les instances d’Ethias viennent aussi de fixer les nouvelles rémunérations des membres du comité de direction liégeoise. Désigné à la mi-mars, Philippe Lallemand touchera,à bonnes sources, 409.715 euros brut par an.C’est nettement moins que son prédécesseur Bernard Thiry dont le salaire annuel brut affichait 499.580 euros au compteur. Des observateurs proches du dossier relèvent que la rémunération du nouveau CEO d’Ethias correspond à 94% de la médiane du marché selon un benchmark réalisé par PwC en 2016.

Philippe Lallemand dispose aussi d’une voiture de société, d’un pécule de vacances et d’un 13e mois. Les nouvelles règles de gouvernance introduisent un système de rémunération variable progressive. Elle est fixée à 3% de la rémunération annuelle de 2016 payable en 2017, à 6% du salaire annuel de 2017 payable en 2018, 12% de la rémunération de 2018 payable en 2019 et 20% de la rémunération de 2019 payable en 2020. Les autres membres du comité de direction d’Ethias SA percevront une rémunération brute annuelle de 273.143 euros, ce qui correspond à la base 100. Le vice-CEO, Benoît Verwilghen, percevra un salaire de 341.428,75 euros, correspondant à 125% de la base. La rémunération de Philippe Lallemand correspond à 150%.

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