Look & Fin élargit sa communauté de prêteurs à un fonds institutionnel

Frédéric Lévy Morelle, ceo de Look and Fin ©Dieter Telemans

La plateforme de crowdlending Look & Fin noue un partenariat avec le fonds d’investissement français Eiffel Investment Group. C’est le premier accord de long terme entre une plateforme belge et un institutionnel. Eiffel Investment s’engage à investir, via la plateforme, jusqu’à 7,5 millions d’euros dans quelque 200 PME, dont une majorité de Belges.

La formule est originale. C’est d’ailleurs une première sur le marché belge. Look & Fin, la plateforme belge de crowdlending ou financement participatif par le prêt, a conclu un accord de collaboration avec un institutionnel étranger qui investira systématiquement dans les projets qu’elle proposera à la souscription. Le partenaire s’appelle Eiffel Investment Group. C’est un gérant d’actifs spécialisé dans le financement des entreprises. Il est basé à Paris et est adossé au Groupe Impala, fondé par l’entrepreneur français Jacques Veyrat, ainsi qu’au fonds Prêtons Ensemble, géré par des banquiers et des assureurs de l’Hexagone. Il gère pour 1,2 milliard d’euros de fonds, aussi bien pour le compte d’institutionnels que pour celui de clients particuliers.

Une des activités d’Eiffel Investment Group est d’investir dans des plateformes de prêts en ligne. À ce jour, il a sélectionné, pour leurs qualités, une vingtaine de ces plateformes, dans lesquelles il place des fonds, ce qui lui permet d’atteindre rapidement un grand nombre de petites entreprises dans des secteurs de pointe ou innovants. Look & Fin viendra donc s’ajouter à cette liste de plateformes. Ce sera la première Belge dans un portefeuille comprenant diverses nationalités: française, anglaise, américaine, espagnole, irlandaise…

7,5 millions d’euros

"L’accord n’est pas exclusif, mais si on ouvre à un autre institutionnel, ce ne sera pas pour tout de suite…"
Frédéric Lévy Morelle
Fondateur et CEO, Look & Fin

L’accord conclu entre la plateforme belge et Eiffel Investment porte sur un montant total de 7,5 millions d’euros. Cette enveloppe ouverte par le fonds servira à financer jusqu’à 200 PME, qui seront proposées par Look & Fin en crowdlending. Attention, cette dernière n’entend pas "vendre son âme" en élargissant son offre aux institutionnels: "contrairement aux plateformes anglo-saxonnes où la part des institutionnels représente plus de 50% des montants collectés, nous souhaitons continuer à donner la priorité aux prêteurs particuliers en leur réservant au minimum 80% des montants à investir", souligne Frédéric Lévy Morelle, le fondateur et CEO de Look & Fin. Autrement dit, dans chaque projet, chaque levée de fonds, la part dédiée à Eiffel Investment Group sera plafonnée à 20%.

L’intérêt du partenariat pour Look & Fin? "Accueillir un investisseur institutionnel aux côtés des particuliers va (nous) permettre d’octroyer aux PME des financements supérieurs à un million d’euros, explique Frédéric Lévy Morelle. On pourra monter progressivement jusqu’à 1,5 million."

L’accord porte sur les 18 prochains mois. Dans le chef d’Eiffel Investment, il s’agit d’un droit d’investir et non d’une obligation. Le fonds investira dans tout nouveau dossier retenu par Look & Fin, mais pourra, s’il le souhaite, interrompre le flux à un moment donné, quitte à le reprendre ultérieurement.

Déjà 3 PME co-investies

Depuis qu’ils ont signé le deal il y a un peu plus d’une semaine, Look & Fin et son nouveau partenaire ont déjà inauguré la formule. Eiffel Investment Group est en effet intervenu dans trois PME mises en vitrine par la plateforme: deux Françaises, Cargo Lines (transport maritime) et Val Laquage (laquage sur verre), et une Belge, Ice Factory, qui se présente comme le leader de la vente de glaçons au Benelux. Cargo Lines a emprunté 160.000 euros, Val Laquage 500.000 et Ice Factory 375.000. Eiffel Investment a souscrit 20% des 500.000 euros de Val Laquage, 10% des 375.000 euros d’Ice Factory et 3% des 160.000 de Cargo Lines. "Le principe est qu’il injecte une plus grande proportion de la levée dans les grandes opérations et une plus petite dans les petites." Logique, puisque le but du jeu est de faciliter les plus ambitieuses récoltes tout en sauvegardant les intérêts des particuliers qui participent.

Look & Fin prévoit de présenter une centaine de projets cette année, soit le double de l’an dernier. Il compte bien arriver à 200 dossiers sur 18 mois, compte tenu de son rythme de croissance. L’accord de collaboration est-il exclusif? "Non, répond le CEO de la plateforme, mais si on ouvre la porte à un autre institutionnel, ce ne sera pas pour tout de suite. Cela nécessiterait qu’on augmente sensiblement le nombre de dossiers pour absorber les fonds supplémentaires qu’il apporterait." Une question à reposer dans un an et demi...

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