Modrikamen se pose des questions sur l'OPA d'Ageas

L'avocat Mischaël Modrikamen compte envoyer un courrier à Ageas et à la FSMA. ©Valentin Bianchi

L'avocat, qui défend les intérêts des petits actionnaires de Fortis depuis 2008, s'interroge sur le respect de l'égalité des actionnaires et sur la transparence de la communication.

Vendredi dernier, l'assureur Ageas envoyait un communiqué de presse précisant avoir été contacté par des représentants de BE Group "avec une offre indicative et très conditionnelle sur Ageas. Le conseil d'administration a examiné cette offre indicative et l'a jugée irréaliste et a donc décidé de ne pas y donner suite", pouvait-on lire. Renseignements pris, l'offre émanait de Mark Pensaert et Alexandre Kartalis, deux banquiers d'affaires qui, a priori, sont les poissons-pilotes de fonds dont on ne connaît pas les noms.

Cette communication tardive d'Ageas, provoquée par un article de l'agence Bloomberg, a suscité son lot d'interrogations. L'avocat Mischaël Modrikamen, qui défend les intérêts des petits actionnaires de Fortis depuis 2008, en fait partie. "Je suis stupéfait de voir que l'on a un vague communiqué de quelques lignes via lequel on apprend qu'Ageas a été approché il y a quelques semaines pour une OPA. C'est le genre d'information qui doit être rendue publique sans délai", nous a expliqué l'avocat. Ce dernier se pose des questions sur le respect de l'égalité des actionnaires et sur la transparence de la communication. "Il est inimaginable qu'ils aient gardé cette information sous le boisseau", estime l'avocat.

"Il est inimaginable qu'ils aient gardé cette information sous le boisseau."
Mischaël Modrikamen
Avocat des petits actionnaires de Fortis

"Pas de nécessité de communiquer"

En tout état de cause, l'avocat compte écrire à la FSMA et à Ageas "pour qu'ils justifient leur comportement", nous a-t-il fait savoir, avant de se demander "si la FSMA est consciente de ce qu'il se passe". A priori, oui. Un porte-parole du gendarme des marchés nous a expliqué que la question de la communication au public d'une offre publique tombait dans le champ d'application du règlement relatif aux abus de marché. Pour faire simple, quand une société est informée du lancement possible d'une OPA, elle doit communiquer s'il s'agit d'une information précise, non connue du public et susceptible d'impacter le cours de bourse. Des exceptions permettent à la société de ne pas communiquer, mais en cas de fuite dans la presse, la société visée doit communiquer dans les meilleurs délais. Ce qui a été fait dans le cas qui nous occupe.

"Dans le cas présent, il n'y avait pas de nécessité de communiquer", explique-t-on du côté de la FSMA. Le gendarme des marchés dit attendre le courrier de Mischaël Modrikamen, qui sera analysé. "Les dispositions sont claires et elles ont été respectées", appuie-t-on encore du côté de la FSMA. Ageas ne dit pas autre chose. "Comme dans tous les dossiers, nous avons respecté de façon stricte les règles qui s'appliquent aux sociétés cotées", nous a précisé un porte-parole de l'assureur, rappelant au passage les règles en vigueur en la matière. Et Ageas précise avoir communiqué à la suite de l'article publié par Bloomberg. De leur côté, les offrants n'excluent pas de revenir avec une nouvelle offre. Affaire à suivre, donc.

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