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Mozzeno se lancera dans le "buy now, pay later" en 2022

©Studio Dann

La fintech belge a profité de la pandémie pour poursuivre son développement. L'an prochain, elle s'attaquera au "buy now, pay later", un segment en pleine croissance, encore largement délaissé en Belgique.

Comme pour bon nombre d'entreprises, la pandémie aura marqué un tournant pour Mozzeno. La plateforme belge pionnière en matière de financement collaboratif pour les particuliers a d'abord enregistré en mars 2020 un gros ralentissement de ses crédits à la consommation.

"Nous étions en plein milieu d'une levée de capitaux, nous avons dû faire le gros dos, notamment en supprimant la quasi-intégralité de nos budgets marketing", explique Xavier Laoureux, CEO de Mozzeno. "Cela dit, nous avons été moins impactés que le secteur."

14
millions d'euros
Sur les sept premiers mois de l'année, Mozzeno a octroyé 14 millions d'euros de crédit, soit trois fois plus que sur la même période en 2020.

La fintech en a ainsi profité pour nouer un partenariat avec Vroom.be afin de permettre aux particuliers de financer l'achat de leur véhicule d'occasion. Elle a aussi développé une solution qui laisse la possibilité aux investisseurs de se retirer avant terme sous certaines conditions, une première en Belgique.

2021 s'annonce comme un grand cru pour la start-up. Sur les sept premiers mois de l'année, elle a ainsi octroyé 14 millions d'euros de crédit, soit trois fois plus que sur la même période en 2020. "Les prêts à la consommation fonctionnent bien! Notre procédure en ligne est efficace, mais la réglementation étant très stricte, nous avons un taux de refus de 85% sur les demandes en ligne", détaille Xavier Laoureux. "Vu qu'il n'y a pas de rencontre physique, les clients viennent plus facilement chez nous."

Des demandes que la fintech passe donc au peigne fin, avec un certain succès selon elle. Non seulement elle ne fait face qu'à très peu de défauts de paiement, mais de plus, elle n'a dû accorder que très peu de reports de paiement pendant la pandémie. "Pour les quelque 3.000 prêts que nous avons en portefeuille, nous n'avons reçu que cinq ou six demandes de report de paiement!", s'étonne presque le CEO. "On suppose que c'est aussi grâce aux mesures prises par les autorités. Un client qui a pu ajourner le remboursement de son crédit hypothécaire réglera son crédit à la consommation qui est moins lourd sur son budget, même amputé."

"Credit as a payment"

L'an prochain, Mozzeno ajoutera une corde à son arc. La fintech se lancera dans les paiements différés, soit le "buy now, pay later" (BNPL) ou encore "credit as a payment" dans le jargon. Vous aurez compris le principe: vous achetez maintenant, mais vous ne paierez que plus tard. Une solution qui vient s'ajouter à un éventail de possibilités de paiement, comme la carte de crédit.

46
milliards de dollars
Klarna, la fintech suédoise pionnière du "buy now, pay later", est valorisée à 46 milliards de dollars.

"On veut être un 'pay button' supplémentaire sur les sites de commerce", étaye Xavier Laoureux. "Nous visons plutôt les achats dont le montant est supérieur à la limite des cartes de paiement différé classiques, soit 1.500 euros." Mozzeno a déjà signé des contrats avec quelques sites de commerce spécifiques. "Notre gros challenge aujourd'hui est de convaincre de grosses plateformes de vente et des intégrateurs."

Le segment est en plein boom actuellement. Cette semaine, le géant du paiement PayPal annonçait son intention de racheter le spécialiste japonais Paidy pour 2,9 milliards de dollars. En août, Square mettait la main sur AfterPay pour la bagatelle de 29 milliards de dollars, tandis que Klarna, la fintech suédoise précurseure du procédé, vaut actuellement quelque 46 milliards de dollars.

Ce type de paiement différé n'a pas encore le vent en poupe chez nous. PayPal ou Klarna ne sont pas reconnus comme organismes de crédit en Belgique. Mais le potentiel est bel et bien là, d'autant que ce type de règlement attire particulièrement les jeunes. Ainsi, les clients de Klarna ont 33 ans en moyenne.

Risque de surendettement

Sur les réseaux sociaux, il n'est d'ailleurs pas difficile de trouver des acheteurs bien plus jeunes encore fanfaronner quant aux acquisitions qu'ils ont pu réaliser par ce biais. Un phénomène qui n'est pas sans danger toutefois. Selon une étude menée par la société de logiciels Qualtrics aux États-Unis, un tiers des consommateurs qui utilisent ce système ont au moins un paiement en retard. Pire, 72% des répondants ont vu leur score de crédit baisser.

Pour ces acteurs financiers, il y a donc un exercice d'équilibriste à effectuer entre la croissance du volume de crédits à produire pour doper les revenus d'une part, et le risque de voir leurs clients tomber dans la surconsommation, le surendettement et le défaut de paiement d'autre part.

En Belgique, la législation en la matière est plus stricte et devrait contribuer à limiter ce danger. "On tombe dans la catégorie 'crédit' une fois que l'on propose plus de deux mois de délais de paiement", explique Xavier Laoureux.

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