Publicité
Publicité

"Nous devons répondre à toutes les attaques"

Bart De Smet, CEO d'Ageas, est décidé à défendre son entreprise contre toutes les attaques. Mais surtout, il veut regarder vers le futur, et insiste sur les résultats commerciaux.

Vous enregistrez des résultats meilleurs qu’attendus, mais grâce à des éléments exceptionnels. Êtes-vous satisfait?

Bart De Smet. Nous sommes satisfaits parce que dans une période encore très nerveuse, nos revenus augmentent dans quasi toutes les régions et le bénéfice de nos activités d’assurances atteint 180 millions d’euros, un résultat plus que convenable. Un point d’attention reste les assurances dommages, même si nous voyons une amélioration au deuxième trimestre. Les premiers effets des augmentations de primes se font sentir, mais nous devons aller plus loin dans l’amélioration de nos marges.

Cela signifie-t-il de nouvelles augmentations de tarifs?
Il faut 12 à 24 mois pour que l’effet d’augmentation des primes soit pleinement acquis. Et nous combinons cette augmentation avec d’autres actions. Mais bien sûr, si certains phénomènes, notamment climatiques, continuent à se renforcer, nous ne pouvons exclure d’autres augmentations.

Quelles sont vos prévisions pour l’ensemble de 2010?
Nous ne donnons pas d’estimations de prévisions, parce que nos résultats sont très volatils. Nous ne sommes certainement pas super-optimistes concernant le contexte économique. Mais nous pensons que nos encaissements de primes vont être au moins aussi élevés que l’an dernier.

Pensez-vous pouvoir verser un dividende?

Notre politique de dividende consiste à proposer à nos actionnaires de reverser 40 à 50 % du bénéfice basé sur les activités d’assurance. Sur le premier semestre 2010, ces activités d’assurances rapportent 180 millions d’euros. Nous avons l’intention de tenir nos promesses.

Ne pouvez-vous pas diminuer cette volatilité des résultats?
Elle disparaîtra seulement avec un certain nombre d’instruments, hérités du passé, responsables de cette volatilité. Nous suivons de très près ces instruments, mais nous ne voulons pas prendre de décisions trop hâtives.

L’action a perdu près du quart de sa valeur depuis le début de l’année, malgré un objectif de cours plus élevé des analystes et le changement de nom…
Le changement de nom n’a que peu d’influence sur le cours: l’investisseur aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni n’a d’émotion ni pour Fortis ni pour Ageas. Et sur une semaine ou un mois, nous prestons mieux que le secteur. Le problème est sur trois ou six mois… Nous ne pouvons que constater que la vingtaine d’analystes qui nous suivent accordent à Ageas une valeur plus élevée que le cours de Bourse. Mais les marchés sont très volatils: dernièrement, notre action a souffert de l’annonce d’un changement dans les relations commerciales de la Chine avec le reste du monde!

Ces derniers mois, vous avez à la fois investi au Royaume-Uni, dans Kwik-Fit, et vendu vos activités turques. Peut-on attendre d’autres désinvestissements et d’autres acquisitions?
Je n’ai pas l’intention de dire où on va acheter et vendre. Nous voulons que nos activités aient le potentiel pour atteindre une certaine taille critique, pour apporter une contribution suffisante au groupe et pour offrir un certain rendement sur le capital investi. Si ce n’est pas le cas, nous cherchons une solution. Et le travail n’est pas terminé. Quant aux investissements, nous avons encore 900 millions de capital "discrétionnaire" pour répondre aux opportunités.

Le rapport des experts néerlandais critique la communication de Fortis. Craignez-vous de nouvelles actions judiciaires suite à ce rapport?
D’abord, nous avons tout fait pour collaborer, en mettant à disposition documents, outils informatiques, personnes… Mais notre devoir est de tout faire pour le bien-être de nos actionnaires, ce qui veut dire répondre à n’importe quelle attaque vis-à-vis de l’entreprise. Nos conseils sont sur tous ces dossiers pour éviter que l’entreprise ne souffre des conséquences éventuelles de ces enquêtes et de ces investigations.


Envisagez-vous, comme cela a été réclamé à l’AG, de vous unir aux actions intentées par certains actionnaires minoritaires contre l’ancienne direction?

Dans l’attente de conclusions définitives de la justice, nous nous abstiendrons pour le moment d’entamer toute procédure contre des anciens administrateurs ou dirigeants. Si nous le faisions, nous admettrions avoir tort.

La nouvelle amende de deux fois 144.000 euros infligée par les autorités néerlandaises est-elle une conséquence de ce rapport des experts?
Non. En mars, l’AFM nous avait déjà infligé une amende liée à la communication sur notre augmentation de capital de 2008. Cette fois, cela concerne notre communication sur les subprimes en 2007. Mais nous contestons ces amendes et les conclusions du rapport des experts.

Les discussions entamées avec l’État néerlandais ont-elles débouché sur un résultat?
Si c’était le cas, vous le sauriez… Dans la bonne tradition belge, nous n’excluons de parler avec personne. Et mieux vaut arriver à des solutions acceptables pour les deux parties que de tout régler par voie judiciaire. Mais pour réussir, il ne faut pas tout mettre sur la place publique… Il n’y a pas de procédures de négociations structurées, mais dans un certain nombre de cas, le temps joue en notre faveur.

La rumeur veut qu’Ageas serait opéable. BNP Paribas vous a-t-il approché à ce sujet?

Nous avons de bons contacts avec BNP Paribas. Nous sommes partenaires en Belgique et en Italie et nous leur avons vendu nos activités en Turquie, dans l’intérêt des deux parties. Et nous sommes liés à eux par une série d’instruments. Mais nous ne sommes absolument pas dans la phase suggérée par ces rumeurs. Certains répandent certains bruits pour voir comment nous réagissons.

 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés