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On peut construire sur des cendres

Rédacteur en chef

Les années Bart De Smet chez Ageas

Nous n’avons pas de leaders. À force de tenter de concilier les sensibilités des uns et des autres, nous ne tranchons pas. Nous subissons. Et quand bien même un compromis se dégage, il se fait au rabais. Sans ambition. Comme si détenir un compromis était déjà un aboutissement en soi. Alors qu’il ne s’agit finalement que d’un début.

Il résonne dans vos têtes, ce refrain bien belge, à la loupe des crises sanitaire et politique actuelles? Parfois, l’histoire se rappelle à nous. Et c’est le bienfait de l’histoire.

Il y a bientôt douze ans, le 28 septembre 2008, des femmes et des hommes ont dû trancher. C’était recapitaliser une banque, en sauver vaille que vaille les morceaux, ou risquer de connaître avec Fortis un cataclysme de l’ampleur de celui de Lehman Brothers à l’ouverture des marchés. Ce scénario aurait été intenable pour la Belgique, l’Europe et même pour l’ensemble du monde bancaire. Alors ils n'ont pas eu d'autre choix.

Action, pragmatisme et vision ont permis d'inverser le cours de l'histoire et de faire d'Ageas une entreprise qui gagne. À méditer.

Personne, et encore moins au sein d'un gouvernement Leterme hésitant à l’époque, n’aurait pu imaginer ce 28 septembre 2008 que sur les cendres de Fortis naîtrait l’Ageas de 2020. Une entreprise florissante qui, douze ans plus tard, est parvenue à s’affranchir de son passé et qui emploie 45.000 personnes de par le monde. Un "petit Belge" qui participe à la consolidation de son secteur – l’assurance – non comme une proie mais comme un prédateur. Un champion dont les dirigeants sont aujourd’hui tellement confiants à la lecture des performances qu’ils verseront dans les prochains mois un dividende. Malgré les turbulences liées au contexte du Covid.

Vous me direz: personne ne peut prédire ce que Fortis et Ageas auraient pu devenir, peser ensemble aujourd'hui, si nos politiques avaient, alors, osé voir grand. S'ils n'avaient pas laissé la banque filer si facilement. Vous aurez raison. Le but n'est pas de réécrire l'histoire mais d'en tirer les leçons.

C’est comme si, ici, ceux à qui ont été confiées les commandes d’une compagnie en lambeaux étaient finalement parvenus à inverser le cours du destin. À force d’action, de pragmatisme et de vision.

Action. Pragmatisme. Vision. Trois mots qui devraient résonner beaucoup plus fort dans les moments que nous connaissons. Ils sont "la base". La Belgique, elle, mériterait plus de Bart De Smet. Pas de strass, pas de paillettes. De l’efficacité.

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