Orcadia grandit mais n'en fait pas une obsession

Étienne de Callataÿ (à gauche) et Geert De Bruyne, président et CEO d’Orcadia Asset Management. ©Tim Dirven

Trois ans après son lancement, Orcadia Asset Management approche les 600 millions d’euros de capitaux confiés. La moitié des clients est belge, 30% luxembourgeois et 20% français. La société de gestion lancée par Étienne de Callataÿ et quelques anciens de Degroof ne veut pas griller les étapes et fait l’éloge du "small is beautiful".

Pour un gestionnaire de fonds, trois ans d’existence, c’est un cap. On commence alors à avoir un début d’historique sur les performances de gestion de la maison et les premiers ratings arrivent. C’est ce qui vient de se produire pour Orcadia Asset Management, la société de gestion lancée mi-2016 par quelques anciens de Banque Degroof, partis peu après la fusion de cette dernière avec Petercam.

Les quatre fondateurs sont Étienne de Callataÿ (ex-chief economist de Degroof), Geert De Bruyne (ex-patron de Degroof Luxembourg), Jacky Goossens et Patrick Keusters. La maison a choisi l’investissement socialement responsable (ISR), qu’elle propose via sa sicav patrimoniale et en gestion discrétionnaire.

"Le discours dominant veut que la taille soit importante dans la gestion d’actifs, mais c’est faux."
Étienne de Callataÿ Orcadia Asset management

C’est cette sicav maison qui vient de recevoir ses premières notations, à savoir quatre étoiles (sur un maximum de cinq) chez Morningstar et cinq étoiles (sur cinq) chez Quantalys. Des notes qui renvoient notamment aux performances réalisées, soit 16 à 17% de rendement sur trois ans selon la tranche considérée. "Nous avons bien tiré notre épingle du jeu", estime Geert De Bruyne, le CEO d’Orcadia.

"Comme quoi, embraie Étienne de Callataÿ, le discours dominant veut que la taille soit importante dans la gestion d’actifs mais c’est faux. Il y a une illusion sur les économies d’échelle."

Pas de pub

La trajectoire est bonne aussi du côté de la commercialisation. "Nous en sommes à 570 millions d’euros de capitaux confiés, le premier semestre 2019 fut le meilleur de tous avec 120 millions d’apports nets et nous avons encore un joli pipeline devant nous. Nous allons vraisemblablement encore bien avancer cette année", situe Geert De Bruyne, qui précise que la société est rentable depuis 2017. "Pas mal pour une société qui ne fait pas de pub, non?"

Jusqu’ici en effet, Orcadia compte essentiellement sur la visibilité d’Étienne de Callataÿ et ne prospecte pas activement. La maison vient toutefois de recruter son premier commercial, portant les effectifs à onze personnes. Il démarchera proactivement, notamment du côté des institutions caritatives, fondations et autres congrégations.

D’abord les particuliers

Contrairement aux attentes, les particuliers ont été plus nombreux que les investisseurs institutionnels à confier leurs billes. "Nous avons été un peu surpris par l’inertie de certains, je pense par exemple aux syndicats ou aux mutuelles, dont on pourrait penser qu’ils cherchent à placer leurs moyens en cohérence avec leurs valeurs. Mais c’est sans doute une affaire de temps", estime Étienne de Callataÿ.

Pour composer son univers d’investissement, Orcadia se base sur les indices MSCI ESG (qui retiennent les 50% les meilleurs dans chaque secteur) et SRI (qui place la barre à 25%), dont elle exclut les titres repris dans les listes noires du Fonds souverain norvégien et de Financité. Pour les obligations souveraines, elle a développé son propre modèle.

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