Pékin demande la vente de Nagelmackers et Fidea (entre autres)

L'homme fort d'Anbang, Wu Xiaohui, dont le groupe annonçait mi-juin "l'incapacité temporaire" à exercer ses fonctions. ©BELGA

Selon Bloomberg, l'assureur chinois Anbang a été sommé par Pékin de céder ses actifs à l'étranger. En Belgique, Anbang détient la banque Nagelmackers et l'assureur Fidea.

L'assureur chinois Anbang s'est vu ordonner par Pékin de vendre ses actifs à l'étranger, peu après la démission de son patron, rapporte Bloomberg.

"Les autorités chinoises ont demandé à Anbang (...) de vendre ses actifs à l'étranger. Le gouvernement a également demandé à Anbang de rapatrier le fruit de ces cessions", indique l'agence financière, citant des "proches du dossier". Anbang "n'a pas encore clairement déterminé" comment répondre à cette injonction, selon ces mêmes sources.

Dans une déclaration à Bloomberg, l'assureur a cependant démenti "avoir des plans quelconques de céder des actifs à l'étranger". L'AFP pour sa part n'a pas été en mesure de joindre Anbang, qui ne communique que très rarement auprès des médias.

L'homme fort d'Anbang, Wu Xiaohui, dont le groupe annonçait mi-juin "l'incapacité temporaire" à exercer ses fonctions. ©BELGA

Le groupe avait annoncé mi-juin le départ de son président Wu Xiaohui, sur fond d'informations faisant état de l'interpellation du milliardaire. Ce dernier, qu'on supposait très bien connecté politiquement -il aurait épousé une petite-fille de l'ex-dirigeant Deng Xiaoping-, s'était distingué par sa stratégie d'opérations tous azimuts à l'étranger.

Or, les régulateurs chinois enquêtent désormais sur les prêts potentiellement risqués accordés aux grands groupes (dont les conglomérats Wanda, HNA et Fosun) ayant massivement investi à l'étranger. Pékin dénonce volontiers les emplettes "irrationnelles" de ses firmes.

"Les autorités chinoises ont demandé à Anbang (...) de vendre ses actifs à l'étranger. Le gouvernement a également demandé à Anbang de rapatrier le fruit de ces cessions."
L'agence Bloomberg

Sentant le vent tourner, le milliardaire Guo Guangchang, patron de Fosun (un conglomérat tentaculaire propriétaire, notamment, du spécialiste français des vacances Club Med) a fait ce week-end un éloge appuyé de ce serrage de vis des autorités. "C'est nécessaire et opportun, cela pourra certainement éradiquer les nombreux investissements irrationnels et les risques financiers potentiels", a-t-il indiqué dans une note postée sur le réseau social WeChat. "Si l'on n'agit pas, les étrangers nous prendront simplement comme des 'idiots aux poches pleines d'argent'", a-t-il raillé.

Les rhinocéros gris

A l'image de Fosun, Anbang fait partie des "rhinocéros gris", ces mastodontes chinois s'étant bâti de façon fulgurante un empire international à coup d'acquisitions retentissantes.

©BELGA

Fondé en 2004 comme une modeste firme régionale spécialisée dans l'assurance automobile, Anbang s'est hissé au rang de troisième assureur du pays en termes de chiffre d'affaires. Il a multiplié depuis deux ans les annonces d'acquisitions d'assureurs étrangers: le sud-coréen Tong Yang Life, le néerlandais Vivat ou bien sûr, en Belgique, l'assureur Fidea et Delta Lloyd Bank Belgique, rebaptisée Nagelmackers

Le colosse chinois a par ailleurs réalisé une percée fracassante dans l'hôtellerie de luxe, avec le rachat en 2014 du célèbre palace new-yorkais Waldorf Astoria pour près de 2 milliards de dollars. En revanche, il avait abandonné en avril ses visées sur le groupe hôtelier américain Starwood Hotels and Resorts, qu'il proposait de racheter pour 14 milliard de dollars.

Et l'entreprise de Jared Kushner, gendre et conseiller de Donald Trump, avait mis fin en mars à des discussions controversées avec Anbang pour moderniser une tour emblématique à Manhattan.

L'actionnariat d'Anbang, qui ne possède aucune entité cotée, est partagé selon la presse chinoise entre plusieurs firmes privées et publiques, mais reste extrêmement opaque.

Egalement sous pression, Wanda, l'énorme groupe du milliardaire Wang Jianlin, l'un des deux hommes les plus riches de Chine, a quant à lui annoncé courant juillet la cession pour 9,3 milliards de dollars d'actifs afin de réduire son endettement.

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