Pour renflouer Integrale, Nethys va céder ses parts dans Publi-T et Publigaz

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La Banque nationale exige de l’assureur Integrale qu’il renforce ses fonds propres. Actionnaire dominant, Nethys va apporter 166 millions d’euros, dont 122 millions en cash, issus de la vente à Socofe de ses parts dans Publi-T et Publigaz.

À la fin de ce mois, l’assureur Integrale tiendra une assemblée générale extraordinaire avec, au programme, une grosse augmentation de capital de 166 millions d’euros. Ce renforcement des fonds propres est une exigence de la Banque nationale (BNB) pour remettre l’assureur dans les clous des règles prudentielles.

Integrale est actif uniquement en assurance-vie, principalement en pensions complémentaires de groupe (2e pilier). La faiblesse persistante des taux d’intérêt pèse donc plus lourd chez elle que pour des assureurs diversifiés.

L’augmentation de capital doit permettre à l’assureur d’atteindre un ratio de solvabilité proche de 150%. De quoi lui éviter d’avoir à abonder les "réserves clignotants", ce complément de provision que la BNB impose depuis quelques années aux assureurs-vie dont les taux garantis dépassent les taux du marché. Ce n’est pas un détail car ces provisions supplémentaires ont atteint chez Integrale 95 millions d’euros en 2017, en hausse de 20 millions par rapport à l’année précédente.

C’est Nethys, le principal actionnaire d’Integrale (à 55%), qui va apporter les 166 millions et ce, de deux manières: 44 millions d’euros par apport des titres détenus dans Ecetia Finances (une intercommunale de financement) et dans TCL (versée dans le financement d’habitations sociales) et, surtout, 122 millions d’euros en cash, peut-on lire dans la convocation à l’assemblée générale.

Droit de préemption

D’où vient ce cash? Au départ, le plan était d’apporter à Integrale les parts détenues par Nethys dans Publi-T et Publigaz, respectivement actionnaire de référence d’Elia (le gestionnaire du réseau électrique belge à haute tension) et de Fluxys (gestionnaire du réseau belge de transport de gaz). Mais en vertu d’un droit de préemption, les parts de Nethys dans ces structures (3,5% dans Publi-T, 4,1% dans Publigaz) devraient être rachetées par Socofe, holding portant les intérêts publics wallons essentiellement dans le secteur de l’énergie. C’est le produit de ces ventes que Nethys devrait apporter à Integrale.

À noter, Nethys est le premier actionnaire de Socofe, avec 32% détenus directement et 13% indirectement, selon les comptes annuels 2016 du premier. Les entreprises sont donc liées.

Une fois cette opération bouclée, la solvabilité d’Integrale reprendra un peu de hauteur, ainsi que le souhaite le régulateur. D’autant que, selon nos informations, le français Apicil Prévoyance pourrait également bientôt convenir lui aussi d’une augmentation de capital en Integrale, où il détient 5%.

Reste à savoir si Nethys maintiendra ses positions dans le secteur assurances, lui qui s’active actuellement à redéfinir sa stratégie. Pour Integrale, ce n’est peut-être pas la fin de l’histoire.

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