Retraits chez HSBC: une limite qui inquiète

Symptôme d'une crise de liquidités ou simple protection des clients? En tout cas, HSBC impose de nouvelles restrictions lors des retraits de grandes sommes en cash. Les débiteurs doivent justifier l'usage qu'ils feront de ces montants, limités selon les cas rapportés à 5.000 ou 10.000 livres sterling.

Cela ressemble à une mesure discrète pour freiner les tentatives de bank-run, ce mouvement de foule où tous les clients d'une banque se pressent aux guichets et distributeurs pour vider leurs comptes. Ou, plus modérément, à un signal d'avertissement sur la vigueur des liquidités chez HSBC.

La première banque du Royaume-Uni a en effet durci les conditions de retrait dans le cas de montants importants. Le client doit justifier l'utilisation qui sera faite de l'argent débité. HSBC en juge alors le bien-fondé.

C'est la BBC qui a levé le lièvre. Faute de pouvoir prouver qu'il avait besoin de cet argent, un client venu retirer 7.000 livres se serait vu refuser l'opération.

L'enseigne invoque comme arguments la "lutte contre le crime financier" et la protection de ses clients. "Le cash présente plus de risques que toutes les autres méthodes de paiement. Si les choses tournent mal, les clients ont très peu de recours", estime HSBC dans un communiqué envoyé dimanche.

Et la banque de préciser que l'absence de pièce justificative n'empêche pas forcément l'accord du retrait. Le mouvement d'argent doit respecter la dynamique habituelle du compte client. "L'idée est vraiment de vérifier si les retraits ne sont pas anormaux et ne posent pas de problème avec les sommes détenues", nous précise Mylène Ribouleau, Communications manager pour HSBC Belgique.

Il convient d'indiquer que ces conditions sont appliquées depuis le mois de novembre dernier. Et que toutes les autres banques se réservent elles aussi le droit d'interroger leurs clients sur l'utilisation de leur argent lorsque de grosses sommes sont retirées.

Mais les observateurs du monde financier s'inquiètent de ces mesures visiblement anodines parce qu'il ne s'agit pas ici de n'importe quelle banque. Les réserves de prêts, les impôts différés actifs et autres zones d'ombre dans le bilan de HSBC alimentent fréquemment les scénarios de faillite, offrant de la matière au spectre du too big to fail.

En Belgique, la loi permet aux banques, pour autant que ce soit prévu dans les conditions de retrait, de limiter dans des circonstances exceptionnelles, comme une guerre, le montant que les clients peuvent retirer à 2.500 euros par demi-mois. "Selon nos informations, un tel cas ne s'est toutefois jamais manifesté", remarque Febelfin, la fédération du secteur bancaire belge.

Pour des raisons pratiques, les banques peuvent également demander qu'un retrait significatif soit annoncé quelques jours à l'avance.

 

 

Des suggestions, questions ou remarques?
N'hésitez pas à contacter l'auteur par mail francois.remy@lecho.be 
et suivez-le sur les réseaux sociaux via @francois_remy

 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés