Un homme qui cultivait la discrétion

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Il faisait partie des hommes les plus riches du Canada. En Belgique, on le connaissait surtout pour son amitié de longue date avec Albert Frère.

En Belgique, si on connait le nom de Paul Desmarais, c'est essentiellement pour  son amitié de longue date avec Albert Frère. Une amitié qui remonte à 1979, lorsque les deux hommes entrent ensemble au capital de Paribas. Entre le Canadien et le Belge, une relation d'amitié naît. Peut-être favorisée par le fait d'avoir quasiment le même âge. Mais c'est surtout leur volonté de réaliser des affaires qui unit leurs destinées.

Paul Desmarais, déjà à la tête de la société d'investissement Power Corporation du Canada (PCC), souhaite à l'époque investir en Europe. L'"Arche de Noé" lui en donnera l'occasion. "L'Arche de Noé", c'est ce projet destiné à sortir la société Paribas Suisse et le groupe financier belge Cobepa, coté à la Bourse de Bruxelles, du périmètre d'activités de leur maison mère française. Paul Desmarais prépare cette opération avec Albert Frère et une poignée d'autres hommes d'affaires, qui doit aboutir au lancement d'une offre publique d'échange (OPE) sur les actions de Paribas Suisse contre des actions Pargesa.

L'opération se solde par un échec. Paul Desmarais et Albert Frère ne se séparent pas pour autant. Ils poursuivent leur collaboration, via le holding suisse Pargesa et auquel l'opération "Arche de Noé" a redonné vie.

En 1982, le rachat du holding belge Groupe Bruxelles Lambert, mieux connu sous les initiales de GBL et acquis des mains du Baron Léon Lambert, constituera leur première opération d'envergure.

A savoir

L'homme - qui faisait partie des dix hommes les plus riches du Canada- cultivait la discrétion.

Il a épousé en 1953  Jacqueline Maranger.

Ils ont eu ensemble quatre enfants:

Paul Jr (né en 1954),

André (né en 1956),

Louise (née en 1959) et

Sophie (née en 1962).

Il était propriétaire d'un domaine de 75 km² à Sagard, Québec.

Son parcours

Paul Desmarais, né  à Sudbury en janvier 1927, est le fils de Jean-Noël Desmarais, avocat  et de Lébéa Laforest.

La famille hérite de 25% des parts d'une ligne de chemin de fer conçue pour  transporter des mineurs à Sudbury. Le père de Paul Desmarais tente de la faire évoluer en créant une compagnie de bus. Mais l'affaire péréclite.

En 1950, Paul Desmarais est en première année de droit. Son père s'apprête à lâcher l'affaire familiale pour 18.000 dollars. Le jeune homme la rachète pour un dollar symbolique. Sous sa houlette,  la Sudbury Bus Lines devient  une société florissante.

A la fin des années 50, il dirige et possède la Gatineau Bus Lines avant d'exploiter la compagnie Québec Autobus début des années 1960. Ensuite les acquisitions s'enchaînent:

- en 1961, il achète Provincial Transport,

- en 1964, il acquiert Gelco Enterprise,

- en 1965, il achète Trans-Canada Corp. Fund son premier conglomérat, par lequel il prend le contrôle de La Presse, un journal de Montreal de langue française, d'une station de radio francophone, d'Imperial Life Toronto, une importante compagnie d'assurances et de plusieurs autres journaux quotidiens et hebdomadaires.

- en 1968, il prend le contrôle de Power Corporation, une ancienne compagnie d'électricité transformée depuis en holding. Il en restera le  président et le PDG jusqu'en 1996, lorsque ses fils Paul Jr et André le remplacent et deviennent co-PDG.

 

 

 

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