Un nouveau fonds belge à 200 millions pour les midcaps à digitaliser

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M80, le fonds de private equity créé par Peter Maenhout (ex-Gimv) et animé entre autres par José Zurstrassen, va injecter de 10 à 40 millions dans des PME prometteuses de France et du Benelux.

Le petit monde des fonds de private equity belge accueille dès ce mardi un nouveau membre de poids. Il s’appelle M80 et pèse déjà 100 millions d’euros. À terme, il aura pour 200 millions de moyens. Il est né à l’initiative de Peter Maenhout, un ancien dirigeant du fonds d’investissement flamand Gimv.

Il y a un peu plus d’un an, Peter Maenhout avait quitté le comité exécutif de Gimv, sans qu’on sache exactement dans quel but. Il était alors responsable de la division Connected consumer (consommateur connecté) du holding flamand, qu’il avait rejoint en 2009. Auparavant, il avait fait ses classes à la Générale de Banque, chez Petercam (fusions et acquisitions) et il avait aussi dirigé brièvement le bureau Benelux d’Amber Capital.

On comprend aujourd’hui qu’il était parti en 2017 pour créer son propre véhicule d’investissement. Chez Gimv, il avait lancé en 2009 le fonds Gimv XL, dédié aux moyennes capitalisations en Flandre; il y a deux ans, la direction du holding avait décidé de ne pas reconduire un deuxième fonds XL. Raison pour laquelle Peter Maenhout a eu envie d’aller voir ailleurs.

Une équipe aux talents variés

L’homme a mis à profit les douze mois écoulés pour fédérer autour de son projet des investisseurs institutionnels belges et internationaux: des banques, des compagnies d’assurance et des fonds de pension, autrement dit les usual suspects. Un invest public s’est aussi glissé parmi eux: Finance Brussels (ex-SRIB), qui a versé 5 millions.

Peter Maenhout a par ailleurs monté une jolie équipe de gestionnaires. Celle-ci est composée de professionnels pouvant exciper de qualifications et d’expériences variées: on y trouve à la fois des gérants de fonds, des entrepreneurs et d’anciens CEO. Le plus connu, côté francophone, est sans doute José Zurstrassen, le fondateur de Skynet et Keytrade, qui fait aussi partie des dirigeants du fonds de venture capital LeanSquare.

"Les écosystèmes ne s’arrêtent plus aux frontières nationales."
Peter Maenhout
Fondateur de M80

On compte pour l’heure cinq Belges, dont Pieter Vermeersch (ex-FNG, ex-CEO du Pain Quotidien Belgium), et trois Français, dont Xavier Dura (ancien CEO de Wolf Lingerie). Peter Maenhout compte encore recruter quatre profils, dont un ou deux Néerlandais, car le terrain de jeu du fonds sera la Belgique, les Pays-Bas, le Grand-duché et la France. "Un choix géographique logique, dit-il, car ce sont des économies très interconnectées. Mon expérience m’a appris que les écosystèmes ne s’arrêtent plus aux frontières."

Le fonds aura pour stratégie d’investir dans des entreprises à grand potentiel de croissance, et en particulier dans celles qui doivent relever le défi de la digitalisation. Il injectera entre 10 et 40 millions d’euros par prise de participation, minoritaire ou majoritaire, son champ d’action étant dédié aux midcaps, soit des entreprises réalisant de 25 à 300 millions d’euros de chiffre d’affaires et valant entre 25 et 250 millions. C’est précisément dans ce segment de montants que le marché belge manque d’investisseurs privés.

"La digitalisation est une thématique quasi omniprésente actuellement, commente le fondateur. Ceci dit, nous n’investirons pas nécessairement dans les sociétés de technologie, mais dans la digitalisation appliquée: ce seront par exemple des entreprises développant leurs logiciels de relations clients (CRM) ou leurs progiciels de gestion (ERP), de manière à améliorer leurs taux de rétention de clientèle ou leur efficacité à la production."

Les responsables du fonds ont déjà constitué un pipeline d’entreprises à analyser, en vue d’un premier investissement qui pourra avoir lieu "dans les prochains mois". M80 se définit comme "slow money", car il aura pour vocation de rester six à huit ans dans chaque société participée, ce qui est plus long que la moyenne dans l’industrie des fonds.

Finance Brussels à bord

"Si l’on vise des entreprises en croissance dont la stratégie comprend un élément digital, cela impliquera dans la plupart des cas du changement. Quand on s’embarque dans un tel programme, il faut se donner du temps pour réaliser cette croissance, ce qui se fait rarement en trois ou quatre ans", souligne encore Maenhout.

Quant à Finance Brussels, s’il participe à l’aventure, c’est à la fois pour "partager l’expertise pointue des gestionnaires de M80, pour générer un flux de deals et savoir quels dossiers existent sur Bruxelles, pour contribuer à la transformation digitale des entreprises et développer l’investissement dans la Région", souligne son CEO Pierre Hermant. C’est le premier fonds privé dans lequel Finance Brussels investit 5 millions. Cela fait suite à une décision prise en septembre par le holding bruxellois: "nous avons décidé d’investir cinq tickets de 5 millions, maximum, dans des fonds à risque spécialisés, dit Hermant. M80 sera basé à Bruxelles et investira au moins 5 millions dans la Région.

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