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Une banque de données pour lutter contre la fraude aux assurances

Grâce à la banque de données d'Alfa Belgium, les services antifraude des compagnies d'assurance pourront croiser les données des sinistres afin de détecter les cas suspects. ©BELGA

Plusieurs assureurs vont lancer Alfa Belgium, une ASBL censée lutter contre la fraude aux assurances. Elle commencera par cibler les sinistres automobiles.

Chaque année, la fraude en assurance automobile coûte de 120 à 240 millions d'euros, ressort-il des estimations d'Assuralia, la fédération sectorielle des assureurs. De manière générale, la fraude représente 5 à 10% de la charge des sinistres.

240
millions d'euros
La fraude en assurance automobile coûte de 120 à 240 millions d'euros par an aux assurés belges.

"Et ce sont les assurés honnêtes qui en font les frais!", souligne Hein Lannoy, CEO d'Assuralia. "À cause de tricheurs, le consommateur paie pour son assurance automobile 3 à 6% de plus que nécessaire." En moyenne, cela représente 12 à 24 euros par an par assuré.

Résultats probants dans d'autres pays européens

Pour y remédier, plusieurs compagnies d'assurance se sont regroupées au sein d'une ASBL baptisée Alfa Belgium. Son principal outil de lutte contre la fraude à bien sera une base de données qui va regrouper toutes les informations pertinentes dans ce cadre.

Cette banque de données s'inspire d'exemples déjà opérationnels dans plusieurs pays européens comme en France, en Allemagne ou aux Pays-Bas. Avec "des résultats probants" qui ont permis de détecter des cas de fraude organisée, selon Hein Lannoy. Car si les fraudes occasionnelles sont plus faciles à débusquer, certains malfaiteurs ont mis au point des méthodes très élaborées pour passer sous les radars des différents assureurs.

En recoupant les données, les compagnies d'assurance seront en meilleure position pour retrouver les auteurs de fraude organisée.

Recoupement de données

Ce nouvel instrument, qui sera lancé le mois prochain, doit venir en appui des services antifraude des compagnies d'assurance. Ceux-ci y croiseront les données des sinistres sous forme cryptée afin de détecter les cas suspects. Le patron d'Assuralia cite l'exemple d'un couple impliqué dans une quarantaine d'accidents, toujours en droit, au cours d'une période de six ans. Au total, la fraude a atteint la somme de 180.000 euros.

95%
des sinistres
Selon Dirk Vandenschrick, président de la commission fraude d'Assuralia, l'objectif est que 95% des sinistres automobiles soient enregistrés au sein de la banque de données d'ici la fin de l'année.

En recoupant les données, les compagnies d'assurance seront en meilleure position pour retrouver les auteurs de fraude organisée. Assuralia veut rassurer les clients quant au caractère confidentiel de ces informations. Il n'y aura pas d'échanges directs entre les assureurs, tout sera concentré en un point central en respectant le règlement général sur la protection des données.

Extension progressive

"D'ici la fin de l'année, nous voulons enregistrer quelque 95% des sinistres au sein de la banque de données", explique Dirk Vandenschrick, président de la commission fraude d'Assuralia. "Pratiquement chaque accident de la circulation y sera recensé."

Si dans un premier temps, cet outil n'est destiné qu'aux accidents automobiles, il sera progressivement étendu à d'autres assurances dommages.

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