analyse

Une fois de plus, Nethys joue la montre dans le dossier Integrale

L'avenir d'Integrale demeure dans le brouillard à l'issue de cette nouvelle assemblée générale. ©Valentin Bianchi / Hans Lucas

Ce devait être le moment de vérité pour Integrale, mais l'assemblée générale reporte une nouvelle fois la décision sur l'avenir de la société. Elle dispose maintenant d'un délai courant jusqu'au 24 février pour trouver une solution.

Ce mercredi devait être une journée importante pour Integrale et ses 150 employés. Après plusieurs mois qui ont vu des plans de rétablissement retoqués par la Banque nationale (BNB), de multiples changements au sein du conseil d'administration et quatre candidats sortir du bois pour racheter la compagnie ou son portefeuille de polices, ce 23 décembre devait constituer le moment de vérité pour l'assureur vie.

100
Millions d'euros
La compagnie d'assurance vie a besoin d'être recapitalisée à hauteur de 100 à 400 millions d'euros, en fonction de la stratégie qu'adoptera son repreneur.

Nethys - qui détient 71% d'Integrale ainsi que 20% supplémentaires via son fonds de pension Ogeo Fund - avait mis l'entreprise en vente au printemps dernier. Confrontée à la chute de taux, Integrale ne répond plus aux exigences des régulateurs en matière de solvabilité et a besoin d'une injection de capitaux de l'ordre de 100 à 400 millions d'euros.

Quatre candidats ont déposé une offre pour l'assureur: Athora et Monument Re, deux réassureurs, le gestionnaire d'actifs britannique River Rock, et enfin l'homme d'affaires liégeois Bernard Delhez via sa société Lynx Capital.

AG en continuation jusqu'en février

C'est donc ce mercredi après-midi que le conseil d'administration se rencontrait pour arrêter sa position et la transmettre à l'assemblée générale, qui se réunissait dans la foulée. Après plusieurs semaines de discussions et de réflexions, le conseil a finalement décidé de suggérer la liquidation de la société.

Une proposition fondée sur "une incertitude quant à (la) réalisation (des offres) car elles dépendent notamment d'opérations ou d'organes extérieurs au CA", précise un communiqué de presse diffusé par l'entreprise en début de soirée. "En l’absence de mesures quasi-certaines qui assurent la continuité de la société dans ce délai, le conseil a estimé qu’il s’imposait de soumettre au vote de l’assemblée générale la dissolution de la société."

L'AG a cependant une nouvelle fois décidé de jouer la montre, "estimant qu’il y avait toujours des chances raisonnables de voir réaliser les offres". L'AG est dès lors mise en continuation "le temps que les négociations en cours aboutissent". Integrale a maintenant jusqu'au 24 février pour poursuivre ses tractations, sous réserve de l'approbation de la BNB. Ce dernier ne devrait pas poser de problème, un commissaire spécial de la banque centrale étant présent au sein de l'entreprise depuis le mois de novembre.

"Fortes tensions"

Ces sempiternels atermoiements posent cependant question, alors que Nethys détient plus de 90% de la compagnie et que huit des quinze membres du conseil d'administration sont issus de ses rangs.

"Les tensions sont énormes, la situation est dramatique."
Une source interne

Il semble que le CA soit déchiré entre, d'une part les administrateurs indépendants qui poussent pour une solution qui assure la continuité des activités de l'entreprise (River Rock proposant les meilleures garanties de ce point de vue), et de l'autre, ceux liés à Nethys qui ont décidé de proposer la liquidation. "Les tensions sont énormes, la situation est dramatique", commente une source interne.

On dénonce ainsi "l'incapacité de décider de Nethys" dont le seul objectif serait "de sauver la face" après avoir injecté des dizaines de millions d'euros dans la société, sans guère d'espoir de récupérer toute sa mise.

Contactés par nos soins, les représentants du personnel préfèrent botter en touche et ne pas jeter d'huile sur le feu, mais font part de leur inquiétude alors qu'aucune décision ne se dégage. C'est le sort des 150 employés de la société qui constitue leur unique priorité, même si certains prennent déjà la poudre d'escampette, peu confiants dans ces perspectives.

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