interview

"Une offre inamicale sur Ageas est peu évidente"

"Quelle entreprise du BEL20 n’a pas d’actionnaire chinois?" se demande Bart De Smet, le CEO d'Ageas. ©BELGA

"Nous n’avons aucune indication confirmant une approche de Fosun", lance Bart De Smet, le CEO d'Ageas que nous avons rencontré en marge de la publication des résultats.

· Pour les résultats trimestriels d'Ageas et les détails du nouveau programme de rachat d'actions, cliquez ici

Une étape importante a été franchie début juillet avec le feu vert donné par la justice néerlandaise à l’accord d’indemnisation négocié entre Ageas et les organisations représentant les actionnaires de Fortis. Tenez-vous l’affaire pour réglée?

Les actionnaires actifs dans des procédures représentent, selon nous, 25% des actions du capital d’Ageas. Or, 97% d’entre eux sont représentés par les organisations qui sont derrière l’accord.

On part du principe que l’opt-out sera inférieur à 5%.

Bien sûr, il faut rester prudent, il peut toujours y avoir des clients qui décident de ne pas suivre la recommandation de leur organisation mais on part du principe que l’opt-out sera inférieur à 5%. On ne le saura précisément qu’à la fin de l’année. Pour le reste, il serait tout de même bizarre que les actionnaires qui jusqu’ici ne se sont pas engagés dans une procédure décident tout à coup, après dix ans, d’entamer une action. Donc oui, nous sommes confiants sur l’issue de cet accord et nous considérons la page comme tournée.

Nous sommes confiants sur l’issue de cet accord et nous considérons la page comme tournée.

Ce risque étant (presque) évacué, voilà Ageas plus opéable que jamais, n’ayant pas d’actionnaire de contrôle…

OK, avec cet accord transactionnel, une "poison pill" (comme on aime dire dans la presse) va disparaître. Mais nous ne sommes pas tout d’un coup devenu un groupe facilement opéable. Je pense en particulier aux clauses qui s’appliquent à nos joint-ventures en cas de changement de contrôle (ndlr, en Asie Ageas travaille partout en partenariat avec des acteurs locaux, et même en Belgique AG Insurance est détenue à 25% part BNP Paribas Fortis).

Nous ne sommes pas tout d’un coup devenu un groupe facilement opéable.

Cela signifie que nos partenaires ont le droit de réagir en cas de changement de partenaire. Selon nous, cela rend une offre inamicale peu évidente. Mais c’est vrai, la réalité c’est qu’il y a énormément d’argent disponible sur la marché, et chaque jour un groupe peut être approché. Ageas comme d’autres.

Et cette ambition prêtée au chinois Fosun de monter au capital d’Ageas, qu’en dites-vous?

D’abord, il s’agit de rumeurs. Nous n’avons aucune indication confirmant une approche de Fosun. C’est un de nos actionnaires (ndlr, pour 3%) et, lors de nos roadshows trimestriels, nous les rencontrons comme beaucoup d’autres investisseurs, mais cela s’arrête là. Ceci dit, s’il y a de l’intérêt, cela indique que nous sommes un groupe intéressant. Cela indique que le travail qui a été fait ces dernières années est appréciable. J

S’il y a de l’intérêt, cela indique que nous sommes un groupe intéressant.

e rappelle qu’en 2009 (ndlr, lorsque le groupe Fortis a été démantelé et que la branche assurance est devenue Ageas), la valeur d’Ageas était de 1,2 milliard d’euros alors qu’elle aujourd’hui de 9,5 milliards d’euros. Depuis le début en 2009, on n’a jamais dévié de la route qu’on s’est fixée, on a toujours concrétisé ce qu’on avait annoncé: croissance du chiffre d’affaires, du bénéfice, retour vers l’actionnaire - 4,7 milliards d’euros en tout, avec les dividendes et les rachats d’actions -, et caetera. On ne va pas subitement devenir parano parce qu’il y aurait tel ou tel groupe caché derrière le coin de la rue.

Faut-il protéger les entreprises belges contre les appétits chinois?

Vous savez, notre capital est étranger à 85%: 30 à 35% sont américains, 30 à 35% sont britanniques, près de 10% sont chinois (avec Fosun et Ping An). J’ajoute qu’en Chine, nous sommes partenaires depuis 2001 avec Taiping et nous sommes très satisfaits de ce partenariat. Plus généralement, quelle entreprise du Bel 20 n’a pas d’actionnaire chinois? Elles en ont toutes, sans exception. Donc l’attention ne doit pas être dirigée contre la Chine, c’est un faux débat. Ce qui est important, c’est de savoir où est le centre de décision. Or, chez Ageas, le centre de décision est en Belgique alors que 85% du capital ne sont pas belges.

Ce qui est important, c’est de savoir où est le centre de décision. Or, chez Ageas, le centre de décision est en Belgique alors que 85% du capital ne sont pas belges.

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