Domobios passe de la recherche à la production et s'attaque aux punaises

Anne-Catherine Mailleux, la CEO de Domobios, a commencé par développer elle-même ses pièges en labo. ©Colin Delfosse

La spin-off spécialisée à l'origine dans la lutte contre les acariens multiplie les nouveaux produits. A en juger par les premières commandes, son piège à punaises de lit semble promis à un bel avenir commercial.

La jeune pousse Domobios a augmenté son capital d'un demi million d'euros, pour le porter à 1,1 million. L'occasion pour cette spin-off des universités de Bruxelles et de Louvain-la-Neuve d'accueillir un nouvel actionnaire et d'accorder plus de place à un autre arrivé récemment. Le premier est un investisseur à titre privé, il s'agit de Jorsi Esclusa, qui est un des fondateurs de la société française AEC Partners, spécialisée dans le conseil stratégique à l'industrie des sciences de la vie. Le second est Luxembourg Développement, société semi-publique de la province du sud du pays qui accompagne les PME établies dans la région. La part de Luxembourg Développement dans Domobios atteint désormais 30%. D'autres actionnaires existants ont également participé à la levée de fonds.

"Nous sommes ravis de cette augmentation de capital qui nous permet d'accueillir des actionnaires de long terme qui croient en nos produits."
Anne-Catherine Mailleux
Fondatrice et CEO de Domobios

"Nous sommes ravis de cette augmentation de capital qui nous permet d'accueillir des actionnaires de long terme qui croient en nos produits", souligne Anne-Catherine Mailleux, la CEO de Domobios. Cette entreprise est née, pour rappel, au départ d'une recherche menée par la CEO et qui a abouti à la création d'un produit anti-acarien, destiné au marché des particuliers. 

Entre-temps, cette ligne de produits a été filialisée dans la société Acar-Up, qui a, depuis, été revendue à Aller Invest. De son côté, Domobios a continué de développer des produits de lutte contre les nuisibles. Elle a notamment développé un produit destiné à piéger les acariens dans les paniers pour chien, puis un piège à cafards. "On a lancé la production de ce dernier au début de cette année", précise Anne-Catherine Mailleux. En même temps, elle prépare le lancement d'un troisième produit dont elle vient de terminer la mise au point: un piège pour punaises de lit.

102.000
pièces
Le groupe français Brunel a déjà commandé 102.000 des nouveaux pièges à punaises de lit qu'il entend distribuer en Belgique et en France dans des enseignes telles que Brico, Bricorama et Castorama.

Ce dernier démarre très fort car avant même qu'il soit mis sur le marché, Domobios a déjà décroché deux grosses commandes. Le groupe français Brunel a demandé 102.000 pièces qu'il entend distribuer en Belgique et en France dans des enseignes telles que Brico, Bricorama et Castorama. Et pour le marché italien, GEA en a commandé 50.000, à destination des professionnels de la lutte contre les nuisibles.

Le chercheur devenu producteur

"On a aussi changé de modèle, détaille la CEO. Auparavant, nous étions une société de recherche et on prenait des royalties sur les produits qu'on développait. Aujourd'hui, on produit et on les distribue nous-mêmes en business-to-business." Cela explique notamment que Domobios a déménagé. Elle a installé ses laboratoires sur le parc scientifique de Novalis, à Marche-en-Famenne.

"Les années 2020 et surtout 2021 seront plus amusantes au plan financier. "
Anne-Catherine Mailleux

L'adoption du nouveau business model a également eu des répercussions sur son organisation interne. Désormais, la direction de Domobios s'appuie sur l'expérience d'AEC Partners pour son "business development". Le cabinet de conseil l'aide dans la stratégie commerciale, la recherche de partenaires commerciaux et la vente en ligne. Elle peut en outre s'appuyer sur les conseils de Luxembourg Développement en ce qui concerne les finances, l'analyse et le réseautage.

Cette année, l'entreprise se concentrera sur la mise en place des chaînes de production et les ventes à l'international. Outre la Belgique, elle cible en priorité la France, l'Italie et le Royaume-Uni. Quant à la rentabilité, Anne-Catherine Mailleux table sur le "break even" cette année, puis un franc profit en 2021. "Ces deux ou trois dernières années, nous avons beaucoup investi en recherche, et pas assez en développement d'affaires, dit-elle. 2020 et surtout 2021 seront plus amusants au plan financier." 

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