interview

Joachim Goyvaerts (PayPal): "Nos activités vont désormais bien au-delà du commerce en ligne"

©Tim Dirven

Du marketing à la gestion des paiements, PayPal s’arme pour la révolution des achats directs via les réseaux sociaux. Entretien avec le directeur régional pour la Belgique Joachim Goyvaerts.

Avec une croissance annuelle à deux chiffres en Belgique, PayPal se porte bien. Son directeur régional, Joachim Goyvaerts confirme les ambitions de l’entreprise qui pense aussi à se diversifier en se positionnant comme un maillon essentiel du processus d’achat. Du marketing à la gestion des paiements, PayPal s’arme pour la révolution des achats directs via les réseaux sociaux.

La Belgique est-elle un territoire fertile pour une entreprise de paiement en ligne comme PayPal?
La Belgique est toujours un peu à la traîne en matière d’adoption de la technologie. Mais on constate des progressions intéressantes de l’e-commerce. Le marché va passer les 11 milliards d’euros cette année-ci. C’est évidemment des belles perspectives pour nous.

"Un tiers des Belges qui achètent en ligne le font via PayPal."
Joachim Goyvaerts
PayPal Lead Benelux and Ireland

Quelle est l’importance de PayPal dans les transactions effectuées en ligne en Belgique?
Nous avons plus d’un million d’utilisateurs actifs en Belgique. En 5 ans, nous avons eu une progression de plus de 50%. Nous avons augmenté le nombre d’utilisateurs mais surtout la fréquence d’utilisation de nos services. On estime qu’un tiers des Belges qui achètent en ligne le font via PayPal. Au niveau des transactions, nous représentons 15% du volume total en Belgique.

La Belgique est-elle un marché différent des autres pour PayPal?
On a su étendre notre activité ici mais il y a encore un gros potentiel. Notamment au niveau logistique quand on compare avec les grandes métropoles en Europe. L’autre axe de développement, c’est les achats via smartphones qui sont fortement liés aux achats effectués directement sur les réseaux sociaux. Sur les marchés asiatiques et américains, c’est une réelle tendance qui n’est pas encore arrivée en Europe mais qui est le prochain grand changement pour notre secteur.

"Nous avons plus d'un million d'utilisateurs actifs en Belgique."

Les réseaux sociaux proposent de plus en plus d’achats directs via leur plateforme, comment vous comportez-vous face à cette tendance?
Un réseau social n’est pas réellement conçu pour gérer des discussions, des litiges entre vendeur et acheteur, ni supporter des paiements. C’est là où nous avons un rôle à jouer sur les réseaux sociaux. Il y a aussi en Europe une sensibilité sur les questions de vies privées plus importante qu’ailleurs sur laquelle nous voulons amener une plus-value.

Vous assurez la sécurité des transactions et des achats faits via PayPal. Quid de la fiabilité des marchands qui utilisent votre service comme moyen de paiement?
Nous effectuons un contrôle des marchands qui utilisent notre service. Nous avons une licence bancaire européenne donc nous vérifions la légalité de l’activité. Avec notre historique, nous avons analysé les comportements des vendeurs et des marchands et nous savons prédire aussi les risques éventuels émanant de certaines transactions ou certains business.

Au-delà du paiement, PayPal semble se diriger vers une offre plus large à destinations des commerçants. Êtes-vous dans une stratégie de diversification?
Effectivement, nous développons différents services à destinations des commerçants. Nous les conseillons sur plusieurs aspects à la fois techniques mais aussi sur le marketing et la conversion. Nous avons d’ailleurs réalisé deux acquisitions dans ce sens récemment. Nous travaillons aussi directement avec les grandes plateformes comme PrestaShop qui sont utilisées par les petits commerçants. Notre objectif est d’étendre notre champ d’activité pour travailler avec les plateformes sur tout le processus lié à un achat: de la commande au paiement final vers le marchand.

"Le Libra pourrait devenir une devise acceptée par PayPal."

PayPal était au départ du projet Libra, la devise numérique de Facebook, avant de se retirer du projet en octobre dernier. Pourriez-vous accepter le Libra comme devise de paiement?
Nous sommes très attentifs à l’émergence des crypto-monnaies. Nous acceptons déjà 26 devises différentes et le Libra pourrait en faire partie un jour. Le monde des devises n’est pas une science exacte et ne sera jamais figé.

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Quels sont les prochains défis locaux pour PayPal?
Pour le Benelux, nous allons nous focaliser sur les plateformes en proposant plus qu’une option de paiement. En Allemagne par exemple, nous proposons déjà une possibilité de crédit à la fois pour les marchands et les consommateurs. C’est clairement quelque chose qui devrait arriver prochainement ici, même si rien n’est encore acté.

"Oui, le monde physique nous intéresse."

PayPal a-t-il envie de tenter l’aventure du monde physique?
Oui, c’est quelque chose qui nous intéresse, mais nous n’avons pas encore de solution pour payer dans le monde physique ici en Belgique. Nous y sommes déjà dans certaines zones du monde où nous émettons même des cartes bancaires. Nous avons par le passé travaillé par zone, nous nous dirigeons maintenant vers une stratégie globale avec une plateforme unique disponible partout. Pour avoir une solution en magasin, il nous faut une solution globale et surtout qui ajoute quelque chose à l’expérience du consommateur.

Dans ce contexte, qui est votre véritable concurrent aujourd’hui?
Tout dépend sous quel angle nous regardons. Depuis que nous avons pris notre indépendance par rapport à Ebay, nous avons noué de nombreux partenariats avec de potentiels concurrents dans le secteur financier comme VISA, MasterCard et de grandes banques comme KBC ici en Belgique, sans oublier les géants de la Tech avec qui nous travaillons tous les jours. Par exemple, nous nous occupons de l’ensemble des paiements pour Uber qui possède aussi une licence bancaire européenne et qui est donc potentiellement un concurrent. Le secteur des paiements est un secteur de réseau qui de facto induit des partenariats entre des potentiels concurrents, c’est inévitable.

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