L'application d'entraide Helpper lève 1,1 million d'euros

Spécialisée dans l’entraide locale pour les personnes âgées ou handicapées, Helpper a conclu une nouvelle levée de fonds de 1,1 million d'euros avec l’ambition d’étendre son activité en Belgique.

Le secteur de l'aide à domicile est en plein boom. Le vieillissement de la population aidant, les entreprises liées au secteur fleurissent. Dans le même temps, l’économie collaborative et locale a clairement le vent en poupe. La start-up Helpper se trouve à la croisée des chemins. Elle a été fondée en 2017 sur base d’un constat: les personnes âgées, les malades chroniques ou les personnes handicapées ont souvent besoin de soutien pour leurs tâches quotidiennes.

Helpper met en relation les personnes ayant besoin d’aides au quotidien et d’autres qui ont du temps pour réaliser ces tâches.

Il est question ici des tâches qui ne relèvent pas du domaine des soins, comme faire les courses, être conduit ou ramené chez le médecin, l’administratif, ou simplement l’écoute et la compagnie. Des tâches qui échappent souvent aux mailles du réseau du secteur de santé traditionnel et pourraient, selon les fondateurs de la startup, être réalisées par des habitants du quartier.

Helpper met en relation les personnes ayant besoin d’aide au quotidien et d’autres qui ont du temps pour réaliser ces tâches. Le tout contre rémunération (9€/heure) via la plate-forme développée par François Gerard et son équipe.

La start-up peut compter sur le soutien du gouvernement fédéral. Ce dernier y voit une solution idéale à un problème récurrent lié au service d’aides à domicile en permanence saturé et très gourmand financièrement parlant. En travaillant aux côtés de plus de 100 organisations du secteur, la start-up enregistre depuis 2018 une croissance mensuelle moyenne de 45%.

Expansion géographique

"Uber, Deliveroo et d’autres ont terni la réputation de l’économie collaborative, mais la véritable économie collaborative peut contribuer à faire une différence dans le secteur de la santé."
François Gerard
CEO et fondateur de Helpper

Déjà présente à Anvers, Gand et dans les 19 communes de Bruxelles, Helpper a bouclé aujourd’hui un deuxième tour de table avec à la clé 1,1 million d’euros. Derrière ce montant, on retrouve le fonds d’investissement CAREvolution, déjà présent lors de la levée de fonds initiale. Nouveau venu, SI² Fund, un fonds à vocation sociale actif en Belgique, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. "Des fonds supplémentaires étaient nécessaires pour soutenir le développement technologique de la plateforme et élargir encore la zone desservie par Helpper en Belgique.", confirme François Gerard, CEO et fondateur de Helpper.

Plus de 1.250 "helppies" (personnes nécessitant de l’aide) et plus de 3.200 "helppers" (prestataires d’aide) se sont inscrits sur la plateforme Helpper depuis 2018 et 150.000 heures d’assistance non médicale ont été livrées à leur domicile.

Économie de plateforme ou collaborative?

Beaucoup de start-ups se réclament de l’économie collaborative. Un concept qui a été utilisé à toutes les sauces, notamment marketing, ces dernières années. Difficile pourtant de mettre dans le même panier Uber, Deliveroo… et Helpper. "Uber, Deliveroo et d’autres ont terni la réputation de l’économie collaborative, mais la véritable économie collaborative peut contribuer à faire une différence dans le secteur de la santé", explique François Gerard. Il faut donc bien distinguer l’économie de plateforme, qui par définition concerne les entreprises actives sur une plateforme et l’économie collaborative qui est d’application lors de rémunération entre particuliers via une plateforme. Les deux termes sont régulièrement amalgamés, au grand dam des acteurs de l’économie collaborative comme ListMinut ou Helpper.

L’application d’entraide développée par Helpper fonctionne donc selon les principes de l’économie collaborative. Ses utilisateurs profitent du régime fiscal spécifique défini par le législateur pour ce type d'activité. Le plafond de rémunération a été fixé à 6.250 euros maximum par an pour bénéficier de l'exonération fiscale. Un statut qui selon les statistiques de la plateforme attire une majorité de nouveaux retraités en recherche d’une activité qui a du sens et proche de chez eux.

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