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"La performance de bpost en 2020 va dépendre de deux facteurs-clés"

©Bloomberg

La nomination d’un nouveau CEO pour bpost et des résultats trimestriels supérieurs aux attentes ont été salués en bourse. Les regards sont désormais tournés vers 2020.

On s’est mis en mode "prior" chez bpost pour trouver un remplaçant à Koen Van Gerven, le CEO du groupe qui est sur le départ.

L’heureux élu s’appelle Jean-Paul Van Avermaet, l’actuel patron pour la Belgique et la France du groupe mondial G4S spécialisé dans le gardiennage et la sécurité. La société est cotée en bourse ce qui est, sans doute, le seul point commun avec bpost. Dans la foulée, l’opérateur a également remanié son comité exécutif.

Le titre grimpe

Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, le groupe a, dans le même temps, publié des chiffres trimestriels supérieurs aux attentes grâce au courrier transactionnel et une très forte croissance des colis au Benelux. Radial, la filiale américaine à l’origine de bien des soucis, semble, pour sa part, être sur la bonne voie, souligne un analyste d’ING.

Résultat de cette conjonction positive: le titre retrouvait du cachet ce jeudi matin avec un gain de 7% à 11,2 euros, ce qui porte à 40% sa progression depuis le début de l’année. C’est bien, mais on est encore loin, très loin, des sommets atteints en mars 2018 (28 euros), juste avant que l’action ne parte en vrille.

4e trimestre plus faible

Les regards des analystes se tournent maintenant vers l’avenir immédiat et plus lointain de l’opérateur postal.

Sur le court terme, Ruben Devos de KBC Securities ("conserver"; 9,5 euros) souligne que, pour le 4e trimestre, bpost attend, pour plusieurs raisons, une performance nettement plus faible que fin de l’année dernière.

"La performance en 2020 dépendra, à nos yeux, de deux facteurs", souligne l’analyste qui cite "les premiers avantages de la mise en place du modèle de distribution alternatif du courrier et les premiers bénéfices de Radial." À partir du mois de mars, en effet, le facteur ne distribuera plus que deux fois par semaine les lettres non-urgentes alors qu’il le fait encore quotidiennement aujourd’hui.

Doutes sur le dividende

Frank Claassen de Degroof Petercam ("conserver"; 10 euros), pour sa part, marche sur des œufs.

Nous sommes dans le noir en ce qui concerne les nouveaux objectifs à moyen terme, car bpost travaille toujours sur de nouveaux plans détaillés.
Frank Claassen
Analyste chez Degroof Petercam

Il constate que le volume du courrier accélère son déclin et que Radial reste un grand point d’interrogation. "Nous sommes dans le noir en ce qui concerne les nouveaux objectifs à moyen terme, car bpost travaille toujours sur de nouveaux plans détaillés", écrit-il. "Le rendement du dividende de près de 7% semble attrayant (nous tablons sur un dividende de 0,70 euro contre 0,80 euro pour le consensus), mais nous doutons que la politique de distribution actuelle soit soutenable étant donné la pression continue sur les bénéfices et le cash flow."

Enfin, chez ING ("conserver"; 8,25 euros), on évoque une potentielle mise à jour de la stratégie à la fin du premier trimestre 2020.

Prochain rendez-vous officiel avec bpost, le 2 décembre, après bourse, pour l’annonce de l’acompte sur le dividende 2019.

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