Le marché de l'art se contracte, mais les prix continuent d'augmenter

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Les prix des oeuvres d'art vendues aux enchères ont continué de croître au premier semestre 2019 dans le monde. Dans le même temps, le volume des ventes s'est contracté de 17,4%, les places principales étant fragilisées, à l'exception de Hong Kong, la Mecque de l'art asiatique.

Selon le rapport semestriel d'Artprice, spécialiste des cotations sur le marché de l'art, les collectionneurs d'oeuvres remarquables semblent attendre des moments plus favorables pour vendre, le montant des transactions s'étant contracté de 17,4% au premier semestre 2019 par rapport à la même période l'an passé. L'indice global des prix a cru, par contre, de 5%, les prix de l'art contemporain augmentant de 40%.

Le marché de l'art tel qu'il s'est développé depuis 1975 a atteint ses limites structurelles.
Thierry Ehrmann
Président d'Artprice

Les taux d'intérêt négatifs ou voisins de zéro découragent les vendeurs éventuels d'un Warhol ou d'un Basquiat, alors que "l'attente du bon acheteur s'avère rémunératrice de plus-values", a expliqué à l'AFP le président d'Artprice Thierry Ehrmann.

L'étude d'Artprice prend en compte les enchères publiques (frais acheteurs inclus) de "Fine Art" (peintures, sculptures, dessins, photographies, estampes, vidéos, installations et tapisseries), recensant 262.300 lots vendus aux enchères dans le monde, pour un chiffre d'affaires cumulé de 6,98 milliards de dollars (-17,4%).

Hong Kong à contre-courant 

Si 262.300 lots ont été vendus - une légère hausse de 0,1% -, la contraction du chiffre d'affaires est remarquable et affecte tous les plus grands marchés: Etats-Unis (3,3 milliards USD, -20%), Chine (1,7 milliard USD, -12%), Royaume-Uni (1,4 milliard USD, -25%). Les marchés plus secondaires sont également touchés, comme la France (329 millions USD, -12%).

Hong Kong tire son épingle du jeu, selon ce rapport, concurrençant New York et Londres. Il faut dire que la place s'adjuge jusqu'à 40% du marché de l'art chinois. C'est notamment dans l'art contemporain (+56%) que Hong Kong attire les stars occidentales, comme le street artist américain Kaws ou le sculpteur anglais Tony Cragg, mais aussi les meilleurs artistes de toute l'Asie.

©Mediafin

L'offre ne suit plus

L'art moderne (1860-1919) n'a pas proposé de chefs d'oeuvres, comme l'art ancien d'ailleurs. Même le "Judith et Holopherne" de Caravage retrouvé à Toulouse a été retiré au dernier moment des enchères pour être vendu de gré à gré à un acquéreur américain.

"La demande ne désemplit pas, mais l'offre ne parvient plus à suivre le rythme en salles de ventes. Le marché de l'art tel qu'il s'est développé depuis 1975 a atteint ses limites structurelles", explique Thierry Ehrmann. Les maisons de ventes peinent "à convaincre les collectionneurs de vendre leurs meilleures pièces", aussi parce que leurs frais de transactions restent élevés.

"Il est temps que le marché entre dans une nouvelle ère numérique", estime l'expert qui plaide pour qu'il rattrape "ses dizaines d'années de retard" en renonçant aux "salles de ventes désertiques" et au personnel pléthorique.

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