Le secteur du gardiennage passe à l'action

Les quelque 9.000 salariés du secteur du gardiennage veulent une revalorisation salariale et une amélioration des conditions de travail. ©Frédéric Pauwels / HUMA

Le front commun syndical du secteur du gardiennage annonce une première action de sensibilisation mardi. Sans avancée des patrons sur le pouvoir d'achat et les conditions de travail, d'autres actions pourraient suivre.

La colère gronde parmi les quelque 9.000 travailleurs du secteur du gardiennage. En discussion depuis le mois de juin, les syndicats dénoncent l'immobilisme des employeurs. "Ce qui est sur la table est inacceptable", indique Aurélie Carette de la CGSLB.

Les partenaires sociaux réclament une augmentation du pouvoir d'achat et une amélioration des conditions de travail. "Nous voulons un respect des horaires et des sanctions en cas de non-respect."

Que proposent les employeurs?

En réponse à ces revendications, l'association professionnelle des entreprises de gardiennage énonce ses engagements:

→ Sur le pouvoir d'achat, conformément à l'accord interprofessionnel, une augmentation de 1,1% est accordée dès le 1er janvier 2020. Un écochèque de 150 euros sera aussi dû en janvier.

Le secteur du gardiennage se porte particulièrement bien. Nous estimons donc que nous devons trouver des solutions pour répondre aux exigences et aux difficultés des travailleurs.
Les syndicats

Les syndicats rappellent toutefois que l'accroissement du pouvoir d'achat était prévu pour le 1er janvier 2019. Les écochèques sont donc une compensation, mais insuffisante. "Nos calculs montrent qu’avec ces 150 euros nous sommes bien en deçà de ce que représentent les 1,1% pour l’année 2019", indique le front commun. Et d'ajouter voir avec plaisir que le montant de 100 euros énoncé par les patrons lors de la dernière réunion avait été revu à la hausse à 150 euros. 

→ Un plan cafeteria est aussi sur la table. Il pourrait permettre aux ouvriers et employés du secteur de transformer leur prime de fin d'année en d'autres avantages (leasing de vélo électrique....). 

→ Les employeurs sont prêts à mettre en place un système de tiers payant en cas de visite médicale.

→ Pour les salariés plus âgés, des jours de congé supplémentaire seront accordés: 2 pour les plus de 60 ans avec plus de 10 ans de carrière; 1 pour les plus de 55 ans avec plus de 10 ans de carrière. Des week-ends libres sont aussi proposés pour les travailleurs plus âgés. 

Les syndicats souhaitent que ces mesures interviennent dès 50 ans.

À l'agenda des syndicats se trouve aussi la mise en place de sanctions en cas de non-respect des horaires. Les patrons affirment vouloir créer un groupe de travail pour répondre à la problématique du biorythme et l'incidence sur la gestion des plannings.

Un jeu de Calimero

"L’APEG entend, par ailleurs, rappeler et souligner les engagements et efforts financiers déjà contractés dans les segments du transport de fonds (travail du samedi, écochèques) et l'aéroportuaire (prime de 600 euros via la CCT 90)", ajoute l'association dans un communiqué.

Les syndicats sont prêts à étoffer leur calendrier d'actions.

Pour les représentations syndicales, l'APEG joue les Calimero. "Les travailleurs de nombreux secteurs voient leur salaire pour les samedis et dimanches payés à 150 et 200%; et même parfois plus. De plus, le secteur du gardiennage se porte particulièrement bien. Nous estimons donc que nous devons trouver des solutions pour répondre aux exigences et aux difficultés des travailleurs."

Une action de sensibilisation est prévue mardi devant le siège de l'Otan à Bruxelles. Sans réponse positive des patrons, les syndicats sont prêts à étoffer leur calendrier d'actions. 


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