Les Canadiens monnaient leur sortie d'Interparking

©Wouter Van Vooren

Le fonds de pension canadien CPPIB met en vente, selon nos informations, sa participation dans Interparking, le leader du marché belge des parkings et un des principaux acteurs du secteur en Europe. Cette sortie s’annonce comme l’une des principales opérations financières belges de l’année.

Le groupe canadien CPPIB vient à peine de lancer l’opération de cession de ses parts dans Interparking. Mais une banque d’affaires mandatée par CPPIB – ce serait Citigroup – a déjà contacté des candidats potentiels. Les actions détenues par AG Real Estate et la famille des fondateurs ne sont pas à vendre. La branche immobilière du groupe d’assurances AG possède 51% d’Interparking et la famille De Clercq encore 10%.

Le dossier de rachat semble taillé pour des investisseurs à long terme comme des fonds de pension, des assureurs, etc. CPPIB (Canada Pension Plan Investment Board) était entré dans le capital d’Interparking il y a cinq ans, en payant 376 millions d’euros pour une participation de 39% qui lui avait été vendue par AG Real Estate. Ce montant correspondait à l’époque à 13 fois l’excédent brut d’exploitation (ebitda), ce qui valorisait Interparking (471 millions d’euros de dettes comprises) à plus de 1,4 milliard d’euros.

Valorisation en hausse

En appliquant ce même multiple à l’ebitda de 2018 (143 millions d’euros), la participation détenue par CPPIB vaudrait quelque 725 millions d’euros. Dettes comprises (soit 604 millions, à la fin de l’an dernier), la valeur d’Interparking grimperait à 2,46 milliards d’euros. Il s’agit bien sûr d’un calcul purement théorique. Certains spécialistes des rachats d’entreprise estiment d’ailleurs que le paquet d’actions des Canadiens changera de propriétaire à un prix supérieur, même s’il ne s’agit "que" d’une participation minoritaire.

2,46
milliards
La valeur d’Interparking pourrait théoriquement avoir grimpé aujourd’hui à 2,46 milliards d’euros.

Chez Interparking, l’administrateur délégué Roland Cracco se refuse à commenter des "rumeurs de marché".

Interparking est une marque bien connue du grand public. Non seulement en Belgique – où elle est la principale enseigne du secteur – mais également dans huit autres pays européens. Le groupe est devenu au fil des ans un des acteurs majeurs en Europe, à côté d’opérateurs tels que Q-Park et Indigo (ex-Vinci Park). Il est présent en Belgique, aux Pays-Bas, en Espagne, en France, en Italie, en Pologne et en Roumanie. En Allemagne et en Autriche, l’exploitant de parkings est actif sous le nom de Contipark.

L’an dernier, la multinationale a poursuivi sa croissance au niveau opérationnel comme sur le plan financier. Interparking a même accéléré son développement, notamment en Italie, et a augmenté sa part de marché en Pologne, en France, en Allemagne et en Espagne.

383.000
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À la fin de 2018, le groupe belge exploitait tant "on-street" (en rue) qu’"off-street" (garages) 933 parkings qui représentaient au total 383.000 places de stationnement.

À la fin de 2018, le groupe belge exploitait tant "on-street" (en rue) qu’"off-street" (garages) 933 parkings qui représentaient au total 383.000 places de stationnement. D’ici à la fin décembre, ou au plus tard au début de 2020, Interparking devrait franchir le cap de 1. 000 parkings. Sur le plan financier, la multinationale a enregistré en 2018 un chiffre d’affaires de 448 millions d’euros (+6%) et un excédent brut d’exploitation (ebitda) de 143 millions (+8%).

Infrastructure

L’opération visant les parts Interparking s’annonce comme le deuxième grand deal cette année dans le secteur des infrastructures en Belgique. En mars, l’investisseur australien Macquarie avait vendu sa participation de 36% dans Brussels Airport à un consortium constitué du fonds de pension néerlandais APG, de l’investisseur australien QIC et de l’assureur Swiss Life. Ils avaient mis 2,2 milliards d’euros sur la table pour racheter ces actions. Pour l’heure, c’est la principale transaction de l’année en Belgique.

Les deux autres actionnaires de l’aéroport – le fonds de pension du personnel enseignant de la province canadienne de l’Ontario (OTPP, 39%) et le gouvernement fédéral (25% + 1 action) – n’avaient pas vendu leurs parts.

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