Résultats de bpost: le tri des analystes entre le bon et le moins bon

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Les résultats trimestriels de bpost ont été salués en Bourse avec un bond de plus de 10% en matinée. Le gros point noir reste le déclin du volume du courrier domestique. Mais aux Etats-Unis, chez Radial, la situation semble s'améliorer.

Ce n’est pas tous les jours qu’une entreprise de services classique comme un opérateur postal se paie le luxe de s’offrir un bond de plus 10% en Bourse, un écart généralement réservé aux biotechs.

Mais bpost revient de loin, de très loin. L’année 2018 fut rien moins que cauchemardesque avec une déroute complète de l’action qui s’est effondrée de 70% passant de 25 euros à 8 euros!

Alors, lorsque le groupe publie ses résultats, les investisseurs serrent les fesses et prient pour qu’une nouvelle tuile genre cadavres dans le placard chez Radial, la société américaine, acquise par bpost ne vienne pas, une nouvelle fois, gâcher leur journée.

Résultat supérieur aux attentes

Et quand ce n’est pas le cas, on frise l’euphorie ou du moins le soulagement.  Avec, toutefois, du bon et du moins bon dans les chiffres livrés mercredi soir. Le tri avec les analystes. 

Le positif, on le trouve du côté du résultat d’exploitation (Ebit) normalisé qui a atteint 107,5 millions d’euros (-0,7%) alors que le consensus des analystes financiers anticipait plutôt un chiffre de 85 millions. Mais Ruben Devos de KBC Securities ("conserver"; 9,5 euros) temporise: cette performance peut être expliquée par des interprétations différentes de changements non-récurrents dans l’Ebit.

"Radial reste un point d'interrogation"

Du côté de Radial, les revenus restent en baisse en raison de l’attrition de la clientèle et d’une révision des prix. "Radial montre des signes d’amélioration", souligne-t-on chez Kepler Cheuvreux ("conserver"; 14,5 euros). "Le total de la valeur actuelle des contrats est supérieur à l’objectif pour 2019 avec un solide pipeline pour la suite, ce qui lui permet de réitérer son ambition d’atteindre l’équilibre fin de l’année."

Frank Claassen de Degroof Petercam ("conserver"; 10 euros) ne partage pas cet optimisme. Radial n’a pas encore tourné la page et reste un "gros point d’interrogation", affirme-t-il.

Le déclin du courrier inquiète 

Par contre, ce qui suscite l’inquiétude chez la plupart des analystes, c’est la poursuite du déclin du volume du courrier domestique qui s’est traduite par une baisse de 9,4% au deuxième trimestre. A tel enseigne que, pour l’ensemble de l’année, le recul est désormais anticipé jusqu’à 9% contre 7% avant.

"La règle veut que chaque déclin d’un point de pourcentage dans le volume du courrier provoque un effet négatif de 10 à 14 millions d’euros sur l’Ebit", a calculé Frank Claassen. "Et donc cela risque de faire plus mal au second semestre." Il note encore que si le rendement du dividende proche de 10% cette année semble attractif, il n’est pas sûr que la politique de distribution des bénéfices (minimum 85% des résultats) soit soutenable en raison de la pression sur les résultats induite par le courrier.

Marge pour les prévisions

Ruben Devos, au contraire, s’attend à ce que le "payout ratio" soit supérieur à 85% en raison d’un impact négatif exceptionnel sur les résultats au 2e trimestre. 

Enfin, Marc Zwartsenburg d’ING ("conserver”; 8 euros) estime, pour sa part, que les prévisions pour 2019 semblent ‘safe’ avec, à ses yeux, une certaine marge à la hausse pour la guidance de l’Ebit sous-jacent fixée au-dessus de 300 millions d’euros.

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