Sodexo prêt à créer des centaines d'emplois dans sa nouvelle activité de gardiennage

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Le groupe de restauration collective étend sa palette de services en investissant dans la sécurité. La nouvelle filiale est pilotée par un ancien de G4S. Actuellement, elle emploie 50 personnes.

Sodexo, le leader mondial de la restauration collective, fait ses premiers pas en Belgique dans le secteur de la sécurité. C’est en renégociant un contrat de "facility management" avec un client important, Janssen Pharma (groupe Johnson & Johnson), que la filiale belge du géant français a vu l’opportunité. Outre des services de catering, de nettoyage et d’entretien d’espaces verts, Janssen Pharma a émis le vœu que Sodexo preste aussi des missions de gardiennage.

"J’ai travaillé durant dix-sept ans chez G4S en Belgique, où j’ai assumé différentes fonctions, avant d’être transféré au Grand-Duché en 2012 pour y devenir directeur général de G4S Luxembourg."
Marc Willems

Interpellée, la direction de ce dernier a estimé le moment venu d’étendre son portefeuille de services à des activités de sécurité. Elle a créé une filiale spécifique, baptisée Sodexo Belgium Security Services, et a demandé les agréments au ministère de l’Intérieur pour exercer trois des treize métiers de sécurité listés dans la nouvelle loi Jambon, qui a succédé l’an dernier à la loi Tobback.

Elle a recruté dans le marché un manager doté de l’expérience nécessaire. L’heureux élu s’appelle Marc Willems, c’est un ancien de G4S, un des ténors du secteur.

"J’ai travaillé durant dix-sept ans chez G4S en Belgique, où j’ai assumé différentes fonctions, avant d’être transféré au Grand-Duché en 2012 pour y devenir directeur général de G4S Luxembourg, relate-t-il. J’ai dirigé cette unité pendant cinq ans, jusqu’à ce que le groupe transforme l’entité grand-ducale en filiale de la Belgique." Marc Willems a alors quitté G4S et contacté Sodexo pour discuter avec ses responsables du projet de se lancer dans la sécurité. La sauce a bien pris entre les deux parties, puisqu’à l’issue de ces travaux préparatoires, Marc Willems a été nommé directeur général de la nouvelle activité.

Trois métiers, trois agréments

La nouvelle filiale de Sodexo Belgium opère depuis la fin de l’an dernier dans le gardiennage statique (agents sur site) et mobile (patrouilles). Elle est également agréée pour assurer la protection des personnes, alias le bodyguarding, mais pour l’instant, elle se contente de sous-traiter cette activité particulière. Une question de masse critique, explique Marc Willems. Aujourd’hui, la société qu’il pilote emploie quelque 50 personnes. C’est à la fois beaucoup et peu: beaucoup pour un déploiement d’à peine six mois, peu pour couvrir l’ensemble du territoire et les trois spécialités.

"Notre effectif comptera 300 à 400 personnes d’ici quelques années."
Marc Willems

Le projet n’en est pas moins ambitieux. "Notre approche est différente de celle des sociétés de sécurité classiques. Sodexo offre toute une gamme de services en tant que facility provider et y ajoute la possibilité d’effectuer du gardiennage. On peut donc le proposer à nos clients existants. Notre but n’est pas de brader les prix du marché, mais de créer de nouvelles synergies pour nos clients. Avec pour conséquence positive pour eux qu’au final, ils ne doivent traiter qu’avec un seul partenaire."

Autre avantage, l’entité discute d’emblée avec des entreprises de taille importante, ce qui permet de croître à vitesse grand V. "Je pense que notre effectif comptera 300 à 400 personnes d’ici quelques années", poursuit Willems. De quoi hisser la société dans le Top 5 du secteur en Belgique.

Si le métier est nouveau pour Sodexo sous nos latitudes, il ne l’est pas à l’échelle du groupe entier. Celui-ci exerce déjà des fonctions de sécurité dans une quarantaine de pays, le plus souvent, il est vrai, en sous-traitance. Il opère toutefois en direct, avec son personnel, dans une quinzaine de pays, dont le Royaume-Uni et l’Allemagne.

Les Belges ont emprunté aux Anglais un logiciel de communication et de gestion des missions de gardiennage, tout en l’adaptant aux spécificités locales.
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Une aubaine pour Marc Willems et son équipe, qui ont pu aller pêcher les meilleures pratiques outre-Manche. Ils sont allés jusqu’à s’inspirer des uniformes dessinés par leurs collègues britanniques pour équiper leurs gardes. Sans aller cependant jusqu’au simple copié-collé: "En Angleterre, leurs uniformes sont bleus, mais en Belgique, cette couleur est réservée aux forces de l’ordre." Du coup, les gardes de Sodexo Belgium Security Services arborent un uniforme gris anthracite…

Plus sérieusement, les Belges ont emprunté aux Anglais un logiciel de communication et de gestion des missions de gardiennage, tout en l’adaptant aux spécificités locales. Baptisé i-360, cet outil fonctionne sur le protocole NFC (Near Field Communication) et enregistre automatiquement toutes les rondes effectuées par les gardes. Il permet aussi de communiquer directement avec eux, en fonction des endroits où ils se trouvent, afin par exemple de leur rappeler d’effectuer telle ou telle tâche particulière. Le système autorise aussi une consultation a posteriori des rondes assurées.

Pas pionniers, mais très tendance

Les Belges du groupe ne font donc pas œuvre de pionniers en son sein, mais s’inscrivent néanmoins dans le petit peloton des pays les plus avancés. "C’est une tendance qu’on voit émerger dans différents pays, conclut Marc Willems. L’objectif est d’étendre notre portefeuille de services pour mieux répondre aux souhaits de nos clients qui veulent un même partenaire pour un maximum de missions. Sachant que quand c’est sous-traité, on offre un moindre contrôle."

Quand elle aura atteint la taille nécessaire, la nouvelle filiale ne sous-traitera donc plus la protection des personnes, mais prendra tout en charge. Précision utile, relevée par Hilde Eygemans, la directrice communication de Sodexo Belgium: "Nous n’offrons jamais de services de sécurité armés. Et nous ne travaillons pas, dans ce créneau, dans les pays où le port d’arme est obligatoire."

Le groupe s’est fixé des limites d’ordre éthique, qu’il n’entend pas franchir malgré son souci de diversification.

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