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Uber, un gros moteur au rendement insuffisant, chute à Wall Street

©REUTERS

Le géant américain Uber a dévoilé dans ses résultats pour le deuxième trimestre une perte de plus de 5 milliards de dollars. Le net ralentissement de sa croissance relance les doutes sur le modèle économique de l'entreprise.

Symbole d'une nouvelle mobilité et des bouleversements économiques et sociaux induits par la technologie et les applications mobiles, la société américaine Uber illustre plus que jamais la difficulté des plateformes de mobilité à atteindre la rentabilité. 

Uber, qui a fait au printemps une entrée chahutée à Wall Street, a continué à perdre massivement de l'argent au deuxième trimestre - 5,24 milliards de dollars au total -, alors même que sa croissance ralentit. La réaction ne s'est pas faite attendre à la Bourse de New York: le titre du leader mondial de la réservation de voitures de tourisme avec chauffeur (VTC) a chuté de 6,80% à Wall Street ce vendredi.

14%
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Le groupe a fortement déçu en annonçant n'avoir fait grimper son chiffre d'affaires que de 14%, à 3,17 milliards de dollars, là où les spécialistes du titre s'attendaient à 3,36 milliards.

Les spécialistes du titre s'attendaient à une grosse perte en raison des coûts liés à l'arrivée d'Uber à Wall Street et aux rémunérations distribuées en actions. Mais pas de cette ampleur. Et même sans cet élément exceptionnel, le groupe a perdu 1,3 milliard de dollars d'avril à juin, soit 30% de plus qu'au trimestre précédent. Ajusté par action, cela revient à une perte de 4,72 dollars, soit bien plus qu'anticipé par les analystes.

OUTIL MULTIMEDIA | Uber et l'argent d'Uber

Ce qui n'arrange rien, c'est que le groupe a fortement déçu en annonçant une croissance de son chiffre d'affaires limitée à 14%, à 3,17 milliards de dollars, là où les spécialistes du titre s'attendaient à 3,36 milliards. Le coeur d'activité du groupe, les courses en voiture, a généré 12,19 milliards de dollars de réservations sur le trimestre, soit un peu plus que les prévisions.

"Même si nous continuons à investir massivement dans notre croissance, nous souhaitons aussi que ce soit une croissance de qualité et ce trimestre, nous avons fait des progrès en ce sens", affirme le directeur financier, Nelson Chai.

De grosses dépenses

Le montant brut des réservations, l'argent qu'Uber reçoit avant de payer les chauffeurs et d'autres dépenses comme les péages, a pourtant augmenté de 31%. Le nombre total de courses a bondi quant à lui de 35% à 1,68 milliard, et le nombre d'utilisateurs actifs par mois a grimpé de 30%, à 99 millions dans le monde.

Uber est aujourd'hui le leader mondial incontesté du secteur, avec ses 75 millions de passagers revendiqués et ses 3 millions de chauffeurs, ses 10 milliards de courses effectuées dans plus de 700 villes situées dans quelque 65 pays.

Mais l'entreprise continue à dépenser beaucoup d'argent, en promotions par exemple pour attirer de nouveaux clients ou conserver ses parts de marché. Ses dépenses ont plus que doublé sur un an à 8,65 milliards de dollars. La rémunération des chauffeurs et la nécessité de garder des tarifs attractifs pour les clients coûtent très cher, d'autant que le champ d'action de l'entreprise est constitué d'une addition de marchés locaux qu'il faut conquérir un par un. Ce qui ne contribue pas à un abaissement automatique des coûts de production.

Et le service de livraison de repas (UberEats), une des activités de diversification sur lesquelles mise le groupe mais qui fait face à la concurrence croissante de start-up comme DoorDash, un de ses principaux rivaux, déçoit. Il n'a engrangé que 3,39 milliards de dollars de commandes.

Le patron de la société, Dara Khosrowshahi, assure pourtant que "l'environnement concurrentiel sur la plateforme de réservation de voitures continue à se stabiliser, à s'améliorer". Les dirigeants de son concurrent numéro un aux Etats-Unis, Lyft, avaient fait des commentaires similaires la veille, suggérant que la guerre des prix entre les deux groupes s'apaise.

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